Pourtant, des inégalités flagrantes persistent : dans les pays les plus pauvres, 36 % des enfants et des jeunes ne sont pas scolarisés, contre seulement 3 % dans les pays les plus riches, ce qui souligne la nécessité urgente d’adopter des approches inclusives et axées sur les jeunes en matière de politique et de transformation de l’éducation.

Marco Pasqualini (2e à gauche) travaille pour l’UNESCO à Paris.

Avant la Journée internationale de l’éducation, dont le thème cette année est « Le pouvoir des jeunes dans la co-création de l’éducation », Charlotte Frantz, de l’équipe d’ONU Info, s’est entretenue avec Marco Pasqualini de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), et Jacques Kwibuka, jeune leader des Nations Unies originaire du Rwanda, au sujet de l’importance de la voix des jeunes dans l’élaboration des systèmes éducatifs à travers le monde.

Marco Pasqualini : En matière d’éducation, les jeunes sont particulièrement concernés, car ils sont les principaux bénéficiaires de l’éducation et les priorités et les réformes éducatives ont un impact direct sur eux.

Co-créer l’éducation, c’est leur donner la parole pour définir leurs priorités et reconnaître leur volonté d’apporter des changements significatifs.

Jacques Kwibuka : Par le passé, les responsables de l’élaboration des politiques dans le secteur de l’éducation réfléchissaient aux mesures à mettre en œuvre, partant du principe que, ayant eux-mêmes été jeunes, ils comprenaient déjà les défis auxquels les jeunes sont confrontés.

Mais avec la co-création, nous ne nous contentons pas de penser aux jeunes, nous les impliquons et leur donnons l’espace et la liberté de contribuer au programme ou à la politique en cours d’élaboration.

Il ne s’agit pas seulement de consulter les jeunes, mais de les impliquer véritablement dans le processus de prise de décision concernant la politique, le modèle ou le système en cours d’élaboration.

© Informed Future Generations

Jacques Kwibuka, volontaire de l’UNICEF.

Marco Pasqualini : Malgré les nombreux progrès accomplis, les inégalités d’accès à l’éducation restent très importantes. On compte encore 272 millions d’enfants et de jeunes non scolarisés, et les disparités régionales demeurent frappantes.

Dans les pays les plus pauvres, les enfants et les jeunes non scolarisés représentent 36 % de la population d’âge scolaire, contre seulement 3 % dans les pays les plus riches.

Ces inégalités sont encore plus marquées pour les jeunes handicapés, les minorités ethniques et linguistiques, les réfugiés et les migrants, ainsi que les jeunes LGBTQ+.

Jacques Kwibuka : Deux catégories de défis me semblent particulièrement importantes.

La première concerne les mentalités – celles des adultes ou des institutions, en particulier celles du secteur de l’éducation.

Ils sous-estiment souvent la voix des jeunes. Ils souhaitent connaître l’avis des jeunes, mais sans leur donner une réelle opportunité de contribuer de manière significative.

Un autre défi lié aux mentalités concerne les jeunes eux-mêmes. Beaucoup de jeunes, surtout en milieu rural, ont tendance à se dévaloriser en raison d’une faible estime de soi ou parce qu’ils pensent que ces opportunités sont réservées aux personnes très instruites. Même lorsqu’on leur offre la possibilité de contribuer à l’élaboration d’une politique, ils se retiennent et n’osent pas s’exprimer.

Un enfant à l’école dans le district de Burera, au Rwanda.

Pour des organisations comme l’UNESCO, il est essentiel de créer davantage d’espaces ouverts, notamment des plateformes en ligne, afin de démontrer que lorsque les jeunes – et en particulier les enfants – participent activement à la co-création des systèmes éducatifs, les résultats s’améliorent.

Lorsque les jeunes ne sont pas pleinement impliqués dans l’élaboration des systèmes éducatifs ou des environnements scolaires, cela entraîne souvent des lacunes d’apprentissage et de la désinformation.

Marco Pasqualini : En effet, le manque de plateformes est également l’un des principaux obstacles.

C’est pourquoi nous avons créé il y a quelques années un réseau de jeunes, que j’aime appeler des leaders et des experts, car les jeunes possèdent une véritable expertise en matière d’éducation. Il s’agit du Réseau des jeunes et des étudiants pour l’ODD 4. Aujourd’hui, nous comptons 110 membres issus de 80 pays, sélectionnés parmi 5 000 candidats.

L’opportunité qu’offre ce Réseau des jeunes et des étudiants pour l’ODD 4 de dialoguer avec des dirigeants suscite un vif intérêt et une grande visibilité.

L’ODD 4 est le quatrième objectif de développement durable du Programme de développement durable à l’horizon 2030, qui porte sur une éducation de qualité. Il s’agit d’un engagement mondial visant à atteindre un certain niveau d’éducation de qualité d’ici 2030.

Jacques Kwibuka : J’ai espoir en l’avenir. Grâce aux progrès technologiques, les jeunes sont de mieux en mieux informés et s’engagent de manière plus significative.

Au Rwanda, de nombreux jeunes mènent des initiatives en faveur de l’éducation. Grâce à des plateformes – comme celles soutenues par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) – nous nous soutenons mutuellement et renforçons notre voix collective.

Si cette dynamique se poursuit, je suis convaincu que l’avenir verra une participation significative des jeunes et des enfants à la co-création de modèles et de systèmes de santé et d’éducation, au Rwanda et ailleurs.

Marco Pasqualini : Malgré les turbulences mondiales et la remise en question du multilatéralisme, je constate un fort intérêt pour l’éducation et une volonté générale de participer au débat.

L’UNESCO est l’agence des Nations Unies chef de file en matière d’éducation. Notre engagement est très fort. Et pour ma part, je suis très heureux d’être ici. Je pense que c’est le bon endroit pour être au cœur de ce processus de transformation de l’éducation.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).

To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).

Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.