« Partout sur Terre, la flore supporte des économies, concourt à la santé humaine et rend possible l’existence de la quasi-totalité des autres formes de vie. C’est particulièrement le cas des plantes médicinales et aromatiques », déclare le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un message.

« Les espèces thérapeutiques jouent un rôle essentiel dans la médecine traditionnelle comme dans la médecine moderne. Elles contribuent aux moyens de subsistance de millions de personnes et au bien-être de populations bien plus nombreuses. Les plantes renforcent la biodiversité, stabilisent les sols et représentent des siècles de savoirs et de pratiques de gestion portés par les peuples autochtones et les communautés locales », ajoute-t-il.

Les plantes sont essentielles aux écosystèmes et aux économies, renchérit Danna J. Leaman, coprésidente sortante du Groupe de spécialistes des plantes médicinales de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

« Ces quinze dernières années, l’attention s’est portée sur un éventail beaucoup plus large d’organismes dont dépendent non seulement la santé et les moyens de subsistance humains, mais aussi l’ensemble du système de la biodiversité », explique-t-elle à ONU Info.

Qu’est-ce qu’une plante médicinale ?

Il n’existe pas de définition unique d’une plante médicinale, pourtant, les communautés du monde entier utilisent diverses espèces dans la médecine traditionnelle depuis la nuit des temps.

Cependant, leur utilisation ne se limite pas aux pratiques ancestrales ; elles sont également à l’origine de produits pharmaceutiques, alimentaires, de parfums, de cosmétiques et de produits d’entretien ménagers modernes.

Face à l’intérêt croissant pour les produits naturels dans de nombreux pays, les discussions sur leur utilisation appropriée et leur conservation sont devenues encore plus cruciales.

Efforts de conservation

Pendant des décennies, les efforts de conservation de la faune sauvage se sont concentrés principalement sur les animaux, mais cette perspective s’est progressivement élargie, explique Mme Leaman.

« Il est frappant de constater combien de communautés – et pas seulement les cueilleurs ruraux ou les utilisateurs traditionnels, mais aussi l’industrie pharmaceutique – dépendent de médicaments dérivés, d’une manière ou d’une autre, de plantes », souligne-t-elle.

Le thème de la Journée mondiale de la vie sauvage met également en lumière un changement important dans les priorités mondiales en matière de conservation, conformément à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), l’accord international qui réglemente le commerce des espèces sauvages.

« À bien des égards, c’est une affirmation : nous ne nous préoccupons pas uniquement des animaux », déclare Mme Leaman. « La CITES elle-même reconnaît que de nombreuses espèces impliquées dans le commerce international sont des plantes ».

Usages et risques

Des experts du Groupe de spécialistes des plantes médicinales et les Jardins botaniques royaux de Londres ont compilé des bases de données mondiales recensant les espèces et leurs usages.

Environ 30 000 espèces végétales sont largement reconnues comme plantes médicinales ou aromatiques, d’après les données publiées et les données commerciales.

À l’instar de la biodiversité en général, les plantes médicinales et aromatiques subissent une pression croissante, note Mme Leaman. Des évaluations récentes des plantes médicinales européennes révèlent des menaces liées à l’expansion agricole, aux changements d’affectation des sols et à la récolte non durable des populations de plantes sauvages.

Le changement climatique représente également un risque de plus en plus sérieux, notamment pour les espèces poussant dans des habitats vulnérables tels que les zones humides et les écosystèmes de montagne.

Les ingrédients d’un remède traditionnel de la médecine chinoise.

Plante ayurvédique menacée

Une plante illustre à la fois l’importance et la vulnérabilité des espèces médicinales : le nard de Jatamansi, parfois appelé nard des marais, une herbe himalayenne prisée depuis longtemps dans les systèmes de médecine traditionnelle, notamment l’Ayurveda.

Poussant dans les régions de haute altitude du Népal, de l’Inde et de la Chine, ses racines aromatiques sont récoltées pour la fabrication de préparations médicinales et d’huiles essentielles. La racine étant la partie la plus précieuse, sa récolte entraîne généralement la mort de la plante, rendant une gestion attentive indispensable pour prévenir le déclin de sa population.

Classé en danger critique d’extinction sur la « Liste rouge » des espèces menacées de l’UICN, le nard de Jatamansi fait l’objet d’efforts visant à garantir une récolte durable, en particulier au Népal, où des restrictions commerciales protègent désormais les plantes sauvages. Si ces mesures ont pour but de conserver l’espèce, elles peuvent également affecter les moyens de subsistance ruraux qui dépendent de la récolte de plantes médicinales.

Pour remédier à cela, Mme Leaman estime que la démonstration de pratiques de récolte durables pourrait contribuer à concilier conservation et impératifs économiques : « Si la récolte et le commerce des plantes médicinales et aromatiques s’avèrent durables, cela permettrait aux économies locales d’en bénéficier tout en renforçant les incitations à préserver les habitats de ces espèces ».

Que peuvent faire les consommateurs et les entreprises ?

L’intérêt et la demande mondiaux pour ces plantes connaissent une croissance rapide.

Si de nombreuses communautés ont longtemps eu recours aux produits naturels, la demande a explosé ces dernières années sur les marchés où les consommateurs recherchent de plus en plus de remèdes, de compléments alimentaires et de cosmétiques à base de plantes.

« Il est important de s’intéresser à la provenance de ces produits », déclare Mme Leaman, en proposant quelques conseils :

  • Les consommateurs sont encouragés à ne pas se fier aux arguments marketing et à rechercher des preuves que les produits sont issus d’une production durable et éthique.
  • Des outils indépendants sont désormais disponibles, notamment la plateforme en ligne WildCheck, développée par TRAFFIC, le réseau de surveillance du commerce des espèces sauvages, le groupe de spécialistes de l’UICN et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). WildCheck aide les entreprises et les consommateurs à évaluer si les ingrédients végétaux sont récoltés de manière durable, si les impacts environnementaux sont gérés de manière responsable et si les communautés impliquées dans la récolte sont traitées équitablement.
  • Les systèmes de certification tels que la norme FairWild, élaborée avec la contribution de spécialistes de la conservation, visent à garantir que les pratiques d’approvisionnement répondent à des critères de responsabilité environnementale, sociale et commerciale, de la récolte à la vente finale.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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