Déjà 14 morts cette année, et une impunité massive – seul un meurtre sur dix aboutit à une reddition des comptes. Selon le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, la liberté de la presse paie ainsi le prix fort.
Dans ce contexte de violences et d’impunité persistante, la couverture des conflits armés présente le risque le plus élevé. La guerre menée par Israël à Gaza est devenue un piège mortel pour les médias. « Mon bureau a vérifié le meurtre de près de 300 journalistes depuis octobre 2023, et de nombreux autres ont été blessés », a déploré Volker Türk.
Cette tendance se vérifie particulièrement dans les zones de conflit, comme au Liban, qui est devenu cette année « le pays le plus meurtrier pour les professionnels des médias ».
Des personnes en deuil récitent une prière pour des journalistes palestiniens tués lors d’une frappe aérienne israélienne le 10 août 2025.
Répression et surveillance transnationales croissantes
Dans ces environnements particulièrement hostiles, les reporters locaux sont souvent les seuls à rendre compte de la terrible réalité de la guerre. Eux-mêmes peuvent être affamés, effrayés et dépouillés de tout, sauf de leur voix.
« Au Soudan, j’ai rencontré des journalistes qui avaient été confrontés à une violence extrême, à la brutalité et même à la famine – tout en essayant de poursuivre leur travail essentiel », a ajouté M. Türk.
Même loin des lignes de front, pratiquement aucun pays n’est vraiment sûr pour ceux qui disent la vérité au pouvoir. Enquêter sur la corruption, les atteintes à l’environnement ou le crime organisé comporte de graves risques pour les journalistes, leurs sources et parfois leurs familles.
Dans ce climat d’insécurité généralisée, le Haut-Commissaire se dit profondément préoccupé par le fait que les professionnels des médias soient devenus des cibles privilégiées « d’une répression et d’une surveillance transnationales croissantes, comme l’illustrent les récentes attaques visant des journalistes iraniens à l’étranger ».
Les attaques contre les journalistes touchent les femmes de manière disproportionnée : les trois quarts d’entre elles ont subi des abus en ligne, entre campagnes de dénigrement et violences sexuelles.
330 journalistes et 500 blogueurs détenus
A l’échelle mondiale, les lois sur la diffamation, la désinformation, la cybercriminalité ou le terrorisme sont de plus en plus mobilisées pour protéger les puissants de toute remise en cause. Des procédures judiciaires dissuasives transforment les tribunaux en outils d’intimidation, imposant des coûts considérables aux médias.
Environ 330 journalistes sont actuellement détenus, auxquels s’ajoutent 500 journalistes citoyens et blogueurs défenseurs des droits humains. Dans ce climat, harcèlement et intimidations en ligne alimentent le risque d’une société de désinformation, où les médias se voient contraints de dissimuler les faits pour continuer à exercer.
A cet égard, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) rappelle que les attaques contre les journalistes touchent de manière disproportionnée les femmes : les trois quarts d’entre elles ont subi des abus en ligne, entre campagnes de dénigrement et violences sexuelles.
Les tentatives de museler le journalisme indépendant se diversifient, entre restrictions d’accès, coupures d’Internet et black-out médiatiques, parfois avec la complicité des pouvoirs politiques et économiques.
Voix critiques étouffées
Plus largement, les tentatives de museler le journalisme indépendant se diversifient, entre restrictions d’accès, coupures d’Internet et black-out médiatiques, parfois avec la complicité des pouvoirs politiques et économiques, au détriment de la démocratie.
A ces dérives s’ajoute une pression économique inédite : dans près d’un tiers des pays, fermetures de médias et licenciements servent aussi à étouffer les voix critiques.
Face à ces dérives, le chef des droits de l’homme de l’ONU exhorte les États à mettre fin à la persécution de la presse, lever les restrictions arbitraires et abroger les lois abusives, en alignant leurs cadres juridiques sur les normes internationales des droits de l’homme. De leur côté, les entreprises technologiques doivent agir contre les abus en ligne et la désinformation.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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