Selon une analyse publiée mardi par l’agence de l’ONU chargée de promouvoir le commerce (CNUCED), les premières secousses se font déjà sentir. Les marchés pétroliers ont réagi immédiatement : le baril de Brent a franchi la barre des 90 dollars. Dans le même temps, les taux de fret pour les pétroliers grimpent, les primes d’assurance pour risques de guerre s’envolent et le coût du carburant maritime augmente, renchérissant l’ensemble du transport maritime.

« Toute perturbation prolongée dans le détroit d’Ormuz pourrait avoir des répercussions majeures sur les marchés mondiaux de l’énergie, les coûts du transport maritime et la sécurité alimentaire, en particulier pour les économies en développement », avertit la CNUCED.

Ces turbulences trouvent leur origine dans l’escalade militaire qui secoue la région depuis l’offensive lancée le 28 février par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Les frappes visant des infrastructures militaires et énergétiques iraniennes ont déclenché une série de tensions régionales : menaces de représailles de Téhéran, multiplication des incidents maritimes et inquiétude croissante autour du détroit d’Ormuz, véritable artère énergétique mondiale.

Dans les faits, le détroit n’est pas officiellement fermé. Mais il est devenu, pour de nombreux armateurs, pratiquement impraticable. Selon la presse, en représailles de l’offensive israélo-américaine, les forces iraniennes ont multiplié les avertissements radio aux navires marchands leur enjoignant de ne pas s’engager dans ce corridor maritime. 

À ces menaces s’ajoutent des incidents visant des pétroliers et la crainte d’attaques de drones ou de missiles dans cette zone étroite où les navires sont contraints de naviguer à faible vitesse. Résultat, de nombreux assureurs refusent désormais de couvrir les traversées ou exigent des primes de guerre exorbitantes, poussant les compagnies maritimes à suspendre leurs passages. 

Une artère énergétique sous pression

L’enjeu dépasse largement les seuls marchés pétroliers. La CNUCED rappelle que ce passage étroit assure environ un quart du commerce mondial de pétrole transporté par voie maritime, mais aussi des volumes considérables de gaz naturel liquéfié. Surtout, près d’un tiers du commerce mondial d’engrais transporté par mer – environ 16 millions de tonnes – y transite chaque année.

Autrement dit, toute perturbation dans ce couloir maritime peut rapidement se transformer en choc économique mondial. L’expérience récente, de la pandémie de Covid-19 à la guerre en Ukraine, a démontré à quel point les perturbations de l’énergie, du transport et des intrants agricoles peuvent se propager à travers des marchés profondément interconnectés.

Les économies vulnérables en première ligne

Cette fois, les pays les plus vulnérables pourraient se retrouver en première ligne. L’analyse de la CNUCED souligne que les économies en développement disposent de marges de manœuvre limitées pour absorber une nouvelle flambée des prix. Beaucoup restent lourdement endettées, tandis que la hausse mondiale des taux d’intérêt renchérit déjà leur accès au crédit.

Une hausse prolongée des prix de l’énergie pourrait ainsi entraîner une augmentation des coûts du transport maritime, puis des prix des engrais – et, en cascade, des produits alimentaires. Dans de nombreux pays dépendants des importations agricoles, cette chaîne de transmission pourrait aggraver les tensions inflationnistes et fragiliser davantage des économies déjà éprouvées.

Fondée en 1964 et chargée d’analyser les dynamiques du commerce mondial, la CNUCED met en garde contre cet effet domino. L’organisme, qui conseille les États sur les questions de commerce et de développement, rappelle que les crises globales récentes ont montré la rapidité avec laquelle les perturbations logistiques peuvent se transformer en chocs économiques.

Dans l’histoire récente du commerce mondial, le détroit d’Ormuz a souvent été décrit comme un goulot d’étranglement stratégique. Aujourd’hui, il apparaît de plus en plus comme un baromètre de la stabilité internationale.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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