Il n’est pas encore établi avec certitude si des mines — capables de couler des navires de tout type si elles sont activées — ont été déposées dans le détroit d’Ormuz, dans le cadre du conflit actuel au Moyen-Orient.
La majeure partie du trafic maritime ne peut pas transiter par ce détroit d’une importance stratégique capitale en raison du blocage par l’Iran dans le contexte de la guerre qui l’oppose aux États-Unis et à Israël.
La réouverture du détroit, afin de faciliter la circulation du pétrole et des engrais, demeure un objectif primordial pour la communauté internationale.
Paul Heslop est un expert auprès du Service de la lutte antimines des Nations Unies (UNMAS), dont la mission première est le déminage terrestre.
Il s’est entretenu avec Nathalie Minard, de l’équipe d’ONU Info à Genève, avant la Journée internationale pour la sensibilisation aux mines et l’assistance à la lutte antimines, célébrée chaque année le 4 avril.
ONU Info : Disposez-vous d’informations concernant le déploiement de mines marines dans le détroit d’Ormuz ?
Paul Heslop, du Service de lutte antimines de l’ONU (UNMAS).
Paul Heslop : Nous savons que la marine iranienne détenait un énorme stock de mines marines avant le déclenchement du conflit.
Nous ne disposons d’aucun rapport confirmé indiquant avec précision le nombre ou les types de mines qui ont été utilisés, mais les mines marines sont relativement faciles à déployer.
Il est possible de les mettre en place à l’aide d’un bateau de taille assez modeste — un bateau de pêche, un boutre — ou d’un mouilleur de mines spécialisé.
ONU Info : Quels types de mines marines pourraient être déployés ?
Paul Heslop : Si l’on prend l’exemple d’une mine terrestre, celle-ci est généralement posée soit à la surface du sol, soit enfouie en dessous. Une fois posée, elle reste en place, à moins qu’un tremblement de terre, un glissement de terrain ou un important volume d’eau ne vienne la déplacer.
La difficulté avec les mines marines réside dans le fait qu’elles peuvent être disposées à trois niveaux différents : flottant à la surface, flottant en immersion dans la colonne d’eau, ou déployées au fond des mers.
Évidemment, si elles sont flottantes, elles sont soumises aux courants de marée et peuvent se déplacer. Elles peuvent également être amarrées et maintenues en position fixe.
Elles peuvent être fabriquées en plastique ou en métal. Leurs mécanismes d’activation incluent le contact avec une coque, l’influence magnétique. Elles peuvent également être déclenchées à distance ou programmées pour exploser à un moment précis.
ONU Info : Pourquoi le déminage maritime est-il plus complexe ?
Paul Heslop : Le déminage terrestre est difficile, mais le déminage maritime l’est encore davantage.
Non seulement vous opérez à trois profondeurs différentes — c’est-à-dire en trois dimensions — mais vous devez aussi prendre en compte une quatrième dimension : le temps.
Avec le temps, les mines peuvent se déplacer. Si une zone a été déminée, mais qu’une marée montante ou un autre courant survient, cette même zone risque d’être à nouveau contaminée.
De plus, certaines mines se déplacent dans l’eau, propulsées par un mécanisme moteur ; les démineurs évoluent donc dans un environnement dynamique et en constante évolution.
ONU Info : Comment peut-on les détecter ?
Paul Heslop : Si elles sont métalliques, un magnétomètre (qui mesure les variations des champs magnétiques) permettra de les localiser. Il existe également toute une gamme d’outils de détection sophistiqués — sonars (ondes sonores) et radars (ondes radio) — pour repérer les engins sous l’eau.
Un autre facteur de difficulté en milieu aquatique réside dans les couches thermiques, qui peuvent agir comme des réflecteurs et rendre la détection plus ardue.
Ainsi, si une mine se trouve à une profondeur où une couche d’eau de température différente la surplombe, et qu’un sonar est déployé, le signal de ce dernier risque d’être altéré ou dévié par ces couches thermiques.
C’est pourquoi la localisation et le déminage des mines marines constituent une tâche extrêmement complexe et très dangereuse pour les navires qui s’en chargent.
ONU Info : Quels pays disposent de navires dragueurs de mines et de la capacité technique d’intervenir spécifiquement dans le domaine des mines navales ?
Paul Heslop : La plupart des marines militaires disposent d’une certaine capacité à gérer les mines.
Le conflit actuel survient à un moment de transition : on passe des traditionnels dragueurs de mines avec équipage aux nouvelles technologies faisant appel à des drones ou à la robotique sous-marine pour localiser les mines.
ONU Info: Si les mines marines s’avéraient constituer une menace avérée pour le trafic maritime, quelle serait la solution pour permettre la reprise de la navigation une fois la paix rétablie ?
Paul Heslop : C’est un peu comme lors d’une mission de maintien de la paix : un groupe d’insurgés peut, à la faveur de la nuit, aller placer une mine sur une route pour cibler un convoi.
Par conséquent, chaque matin, on effectue une patrouille à bord d’un véhicule protégé contre les mines afin de vérifier qu’aucun engin n’a été posé au cours de la nuit précédente. Si un accord de paix ou une entente est conclu dans le détroit d’Ormuz et que des mines y ont été déployées, il faudra probablement, dans un avenir prévisible — compte tenu de la nature dynamique des mines marines —, organiser des convois et procéder au déminage en amont de ceux-ci.
Un convoi évoluerait vraisemblablement au sein d’un chenal de quelques kilomètres de large, préalablement déminé. Il ne serait pas envisageable de déminer chaque mètre carré du détroit d’Ormuz au quotidien.
Et, bien entendu, selon les courants et les marées, certaines zones seraient plus susceptibles d’être recontaminées que d’autres.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).
To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).
Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.


























