« Le choix de la personne qui dirigera cette organisation compte profondément, surtout dans ces temps difficiles », a souligné vendredi la présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, lors d’un point de presse au siège de l’ONU à New York.

Les auditions devraient débuter la semaine du 20 avril, selon le calendrier actuel. Chaque candidat disposera de trois heures pour présenter sa vision, répondre aux questions des États membres et dialoguer avec la société civile.

« Je sais moi-même que c’est long », a reconnu la diplomate d’origine allemande, « mais les États membres ont vraiment apprécié d’avoir la possibilité de poser leurs questions et d’engager un véritable échange ».

Cinq candidats déclarés

Pour l’heure, cinq personnalités ont été officiellement nommées par leurs gouvernements pour prendre le relais d’António Guterres, l’ancien premier ministre portugais dont le second mandat de cinq ans s’achèvera à la fin de l’année.

La première candidature est arrivée en novembre, celle de l’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). En février, le Chili, le Brésil et le Mexique ont proposé l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet. Début mars, le Burundi a soutenu la candidature de l’ancien président sénégalais, Macky Sall, et le Costa Rica celle de Rebeca Grynspan, l’actuelle cheffe de l’agence des Nations Unies pour le commerce, la CNUCED. Enfin, les Maldives ont récemment présenté Virginia Gamba, l’ancienne représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés.

D’autres candidatures pourraient encore être déposées d’ici au 1er avril, date limite fixée pour permettre l’organisation des auditions.

Une sélection sous haute surveillance

Le processus se veut désormais plus transparent que par le passé. Les auditions publiques, introduites lors de la précédente succession en 2016, ont transformé ce qui était longtemps une négociation discrète entre grandes puissances en exercice diplomatique sous l’œil des médias et de la société civile.

Chaque candidat devra présenter une déclaration de vision et répondre à des questions structurées autour des trois piliers des Nations Unies : paix et sécurité, développement durable et droits humains.

Selon Annalena Baerbock, les critères de sélection sont clairement définis dans les résolutions adoptées par les États membres. Le ou la futur(e) Secrétaire général(e) devra notamment démontrer « un leadership fort, engagé et efficace », ainsi qu’une solide expérience de gouvernance et de gestion d’institutions complexes.

La pression pour une femme

La question du genre plane toutefois sur la succession. Depuis la création de l’organisation en 1945, aucun des neuf secrétaires généraux n’a été une femme.

Les États membres ont officiellement appelé à des candidatures féminines afin de corriger cette anomalie historique. « Il y a un appel fort au nom de la diversité régionale et à la nomination de femmes », a rappelé la présidente de l’Assemblée générale.

Pour l’instant, trois des cinq candidats déclarés sont des femmes.

Mme Baerbock insiste néanmoins sur son rôle strictement procédural dans cette course diplomatique. « Mon rôle est de conduire ce processus de manière transparente, neutre et équitable », a-t-elle expliqué, refusant de commenter individuellement les candidatures.

Une décision dans un monde en crise

La sélection du prochain chef de l’ONU intervient dans un contexte international particulièrement instable : guerre en Ukraine, escalade militaire au Moyen-Orient et blocages récurrents du Conseil de sécurité.

Dans ce contexte, la personnalité du futur leader pourrait peser lourd dans la capacité de l’organisation à naviguer entre les rivalités des grandes puissances.

« La personne qui dirigera cette organisation représentera aussi ce que cette institution incarne pour l’avenir », a résumé Mme Baerbock.

Les auditions d’avril ne constitueront toutefois qu’une étape. Comme le veut la tradition diplomatique, la décision finale reviendra au Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto, avant d’être formellement entérinée par l’Assemblée générale.

Autrement dit, derrière les auditions publiques et les discours de transparence, la bataille décisive se jouera, comme toujours à l’ONU, dans les coulisses de la géopolitique.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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