Des vidéos montrent des centaines de morts parmi les civils et les forces de sécurité, a déploré Volker Türk, pour qui cette répression ne résout rien et risque d’aggraver les violations des droits humains, l’instabilité et les effusions de sang, maintenant et pour les mois à venir.

S’exprimant à l’ouverture d’une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies consacrée à l’Iran à Genève, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a indiqué que cette situation dramatique s’inscrit dans un contexte plus large. Il a ainsi rappelé que les manifestations actuelles ne sont que les dernières d’une longue série de mobilisations du peuple iranien en faveur du changement.

Une femme portant un hijab marche dans les rues de Téhéran, la capitale iranienne

L’Iran demeure inflexible

Malgré ces revendications pacifiques, la réponse des autorités a été brutale. « Des manifestants pacifiques auraient été tués dans les rues et dans des zones résidentielles, y compris dans des universités et des établissements médicaux », a déclaré M. Türk. 

Il a fait état d’« indications crédibles » sur des interventions des forces de sécurité à l’intérieur de centres médicaux, dans le but d’arrêter des protestataires venus y recevoir des soins.

Or « dans un développement effrayant, le chef du pouvoir judiciaire a déclaré plus tôt cette semaine que leur travail venait de commencer et qu’il n’y aurait aucune clémence pour les personnes détenues », s’est inquiété M. Türk, rappelant que Téhéran reste l’un des pays qui exécute le plus d’individus au monde. 

En 2025, au moins 1 500 personnes auraient été exécutées, soit une augmentation de 50 % par rapport à l’année précédente.

Appel à mettre fin aux procès sommaires

Cette inquiétude est renforcée par les messages contradictoires des autorités iraniennes concernant le sort des manifestants détenus, certains responsables affirmant que les exécutions ne sont pas à l’ordre du jour tandis que d’autres continuent de les menacer de la peine de mort.

Face à cette incertitude et à ces menaces, le chef des droits de l’homme de l’ONU invite Téhéran à reconsidérer sa position, à faire marche arrière et à mettre fin à sa répression brutale, notamment aux procès sommaires et aux peines disproportionnées. 

En outre, il exhorte la communauté internationale à prendre des mesures immédiates pour remédier à l’impact des sanctions sur les droits humains du peuple iranien. 

Cependant, les discours agressifs et les menaces risquent d’aggraver la situation alors qu’il est impératif de réduire les tensions dans toute la région.

Rhétorique de plus en plus répressive

Dans ce contexte, la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran invite la communauté internationale à intervenir. Pourtant, cette intervention nécessaire se heurte à une rhétorique de plus en plus répressive, qui qualifie les manifestants pacifiques de « terroristes », d’« émeutiers » ou de « mercenaires ». 

« Le Guide suprême et le président ont appelé à une action sévère, le chef du pouvoir judiciaire exigeant des poursuites accélérées sans clémence », a affirmé Mai Sato. Cette campagne de stigmatisation s’accompagne de mesures de répression massives à l’encontre des manifestants.

Selon la Mission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur l’Iran, cette répression massive se traduit par une situation critique dans les hôpitaux et les morgues, qui sont « débordés par un nombre important de victimes ». 

« Nous sommes hantés par les images de parents en deuil à la morgue improvisée de Kahrizak, dans la ville de Téhéran, cherchant les corps de leurs proches parmi ce qui semble être des centaines de sacs mortuaires empilés les uns sur les autres », a fustigé la Présidente de la Mission, Sara Hossain.

Cependant, la Mission note que toute menace ou intervention militaire unilatérale par des États tiers reste contraire au droit international.

UN Human Rights Council/Hongdao Yang

Ali Bahreini, l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU à Genève, s’adresse au Conseil des droits humains sur le conflit entre Israël et l’Iran.

La défense de Téhéran

Face à cette sombre situation décrite par des responsables de l’ONU et des experts indépendants, Téhéran a adopté la même stratégie de défense que celle de ces derniers jours, en soulignant que ces « événements ont délibérément dégénéré en violences organisées, notamment des attentats terroristes, des destructions de biens et des actions armées contre des civils et les forces de l’ordre ». 

En conséquence, « les personnes reconnues coupables d’infractions liées aux émeutes seront pleinement responsables devant la justice », a déclaré l’ambassadeur Ali Bahreini, Représentant permanent de l’Iran auprès de l’ONU à Genève.

Cette session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme, réclamée lundi par l’Islande, a adopté une résolution prolongeant de deux ans le mandat de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur l’Iran, créée en novembre 2022 à la suite à la répression des manifestants dénonçant la mort en détention de la jeune iranienne Mahsa Amini.

Le Conseil des droits de l’homme a aussi décidé de prolonger d’un an le mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Iran. La résolution a également demandé à la Mission d’établissement des faits de mener une enquête d’urgence sur la répression des manifestations qui ont débuté le 28 décembre 2025.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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