D’autres préoccupations concernent la capacité de cette technologie à remplacer le travail humain, l’utilisation sans licence de données protégées par le droit d’auteur et les pertes potentielles en matière de diversité culturelle et linguistique. 

« Le rapport de l’UNESCO appelle à un soutien renouvelé et renforcé aux artistes et aux professionnels de la culture alors que l’IA et les transformations numériques remodèlent les industries créatives, en proposant un plan d’action comprenant plus de 8 100 mesures politiques », a déclaré dans un communiqué, Khaled El-Enany, directeur général de l’UNESCO.

Ces projections s’inscrivent dans une transformation plus large de l’économie créative, déjà profondément bouleversée par la transition numérique. Si les technologies numériques ont élargi l’accès aux outils créatifs et aux publics, elles ont également intensifié les inégalités et la précarité économique.

© Unsplash/Fredrick Tendong

Des joueurs de jeux vidéos jouent côte à côte sur des ordinateurs portables.

Menaces sur la diversité et la qualité

Les revenus numériques représentent désormais 35 % des revenus des créateurs, contre 17 % en 2018, ce qui marque un changement structurel accompagné d’une instabilité des revenus et d’une exposition accrue aux violations de la propriété intellectuelle.

Cette dernière édition de l’UNESCO sur la créativité, qui s’appuie sur des données provenant de plus de 120 pays, analyse un paysage culturel en rapide évolution, façonné par la transformation numérique, l’intelligence artificielle, l’évolution de la dynamique du commerce mondial et les menaces croissantes qui pèsent sur la liberté artistique.

Le document souligne la nécessité de mettre en place des politiques plus strictes pour protéger les créateurs contre l’aggravation des inégalités.

Dans ce contexte de mutation accélérée et de fragilisation des créateurs, l’essor des contenus générés par l’IA apparaît comme un facteur supplémentaire de déstabilisation. D’autant que l’inondation d’Internet par des contenus « synthétiques » générés par l’IA menace également la diversité et la qualité des œuvres créatives.

Contenus synthétiques générés par l’IA

« Ces contenus, générés entièrement à partir de commandes d’IA avec une contribution humaine limitée, se caractérisent par une qualité faible à moyenne et imitent les styles existants des œuvres protégées par le droit d’auteur sur lesquelles les systèmes d’IA ont été entraînés », note le rapport. 

Cette imitation systématique des œuvres existantes alimente un cercle vicieux, menaçant progressivement la qualité et la fiabilité des futurs contenus générés par l’IA.

À mesure que les ensembles de données d’entraînement sont de plus en plus saturés de contenus synthétiques générés par l’IA au lieu de contenus créés par l’homme, il existe un risque d’« effondrement du modèle », où les contenus générés par l’IA finissent par polluer les résultats des modèles suivants, entraînant leur détérioration progressive.

Pourtant, certains contenus générés par l’IA rencontrent un succès fulgurant. Des chansons créées par des algorithmes ont atteint les sommets des classements Spotify et Billboard. Selon une étude de la plateforme Deezer, plus de 50 000 titres générés par des robots sont téléchargés chaque jour, et la majorité des auditeurs ne distingue pas la musique artificielle de celle produite par des humains.

Mexican Mission to the UN

La chanteuse de jazz mexicaine Magos Herrera lors d’un concert au siège de l’ONU à New York.

Commerce mondial de la culture

Face à cette situation, le rapport recommande de mettre en place des cadres de gouvernance clairs pour la culture numérique et l’IA, garantissant un développement éthique, inclusif et durable. « Les politiques publiques doivent protéger les droits de propriété intellectuelle des créateurs tout en soutenant l’innovation et l’investissement dans les infrastructures culturelles numériques ».

Ces recommandations interviennent alors que le secteur culturel mondial connaît une expansion rapide mais inégalement répartie, accentuant les déséquilibres entre pays développés et en développement. Le commerce mondial des biens culturels a doublé pour atteindre 254 milliards de dollars en 2023, dont 46 % proviennent des pays en développement. 

Mais ces derniers ne représentent qu’un peu plus de 20 % du commerce mondial des services culturels, soulignant des disparités croissantes alors que les marchés migrent vers les formats numériques. Le financement public direct de la culture reste très faible, inférieur à 0,6 % du PIB mondial, et poursuit sa tendance à la baisse.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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