Au cours des 12 derniers mois, la violence des gangs s’est étendue à la périphérie de la capitale, Port-au-Prince, se déplaçant vers le nord dans les départements de l’Artibonite et du Centre, indique le rapport.
Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), cette expansion a permis aux gangs de consolider leurs axes stratégiques et de maintenir leur emprise sur les voies de trafic maritimes et terrestres essentielles à leur financement et à leur capacité opérationnelle.
Meurtres et enlèvements
« Fin janvier 2025, des bandes armées ont ainsi attaqué Kenscoff, zone montagneuse proche de Pétion-Ville et voie alternative secondaire – qui échappait au contrôle de ces bandes – reliant Port- au-Prince à la région sud », constate le document.
Dans cette politique d’expansion, ces gangs ont terrorisé la population en commettant des meurtres et des enlèvements, en se livrant à la traite d’enfants, en commettant des vols aux postes de contrôle illégaux, en extorquant de l’argent aux entreprises et en détruisant et saccageant des biens publics et privés.
Les gangs ont pris pour cible des personnes qu’ils soupçonnaient de coopérer avec la police ou de défier leur autorité. Certaines victimes ont été exécutées, leurs corps souvent aspergés d’essence et brûlés. D’autres ont été soumises à des « procès » organisés par les gangs, détenues arbitrairement et parfois contraintes de payer des amendes pour obtenir leur libération.
« Les gangs ont continué à recourir à la violence sexuelle pour semer la peur parmi la population, la soumettre et la punir », ajoute le rapport, détaillant des abus graves d’une ampleur effroyable.
Des milliers de personnes ont été tuées en Haïti à cause des guerres de gangs.
Plus de 5.500 morts
Selon des données vérifiées par le Haut-Commissariat, au moins 5.519 personnes ont été tuées en Haïti entre le 1er mars 2025 et le 15 janvier 2026 dont au moins 1.424 morts par les violences perpétrées par les gangs.
Les opérations menées contre les gangs par les forces de sécurité ont causé la mort d’au moins 3.497 personnes et blessé 1 742 autres. Et les attaques menées contre les gangs par des groupes d’autodéfense ont causé la mort d’au moins 598 personnes et blessé 76 autres.
Par ailleurs, au moins 1.571 femmes et filles ont été victimes de violences sexuelles, principalement de viols collectifs, entre le 1er mars 2025 et le 31 décembre 2025.
D’autres, y compris des enfants, ont été contraintes d’entretenir des « relations sentimentales » avec des membres de gangs et ont été soumises à une exploitation et à des abus sexuels prolongés.
Bavures policières et justice expéditive en hausse
Le rapport documente également des cas d’usage inutile ou disproportionné de la force par la police. Entre le 1er mars 2025 et le 15 janvier 2026, il recense 247 cas d’exécutions sommaires ou de tentatives d’exécutions sommaires de membres présumés de gangs ou de personnes soupçonnées de soutenir des gangs, ayant entraîné la mort de 196 personnes et blessé 51 autres.
Les violences portent également la signature des groupes d’autodéfense et des foules, qui ont continué à pratiquer une forme de « justice populaire », agissant dans le cadre du mouvement Bwa Kale.
Armés de pierres, de machettes et, de plus en plus, d’armes à feu de gros calibre, ces groupes ont lynché des personnes soupçonnées d’appartenir à des gangs, ainsi que d’autres jugées coupables d’avoir commis des crimes. « Certains meurtres auraient été encouragés, soutenus ou facilités par des éléments de la police », indique le rapport.
La police haïtienne vérifie les papiers d’un conducteur à un poste de contrôle.
Drones et hélicoptères
Dans ce climat de violence généralisée et d’implication croissante d’acteurs non étatiques, les autorités ont également renforcé leur dispositif sécuritaire en s’appuyant sur de nouveaux moyens d’intervention.
Depuis un an, la société militaire privée étrangère « Vectus Global », qui aurait été engagée par le gouvernement haïtien, participe à des opérations de sécurité, notamment en recourant à des frappes de drones et à des tirs d’hélicoptères. Certaines opérations impliquaient à la fois les forces de sécurité nationales et la société militaire privée, tandis que d’autres étaient menées uniquement par cette dernière.
« Certaines, voire la plupart, de ces frappes de drones et opérations d’hélicoptères pourraient être qualifiées d’assassinats ciblés, compte tenu de l’usage apparemment prédéterminé, intentionnel et délibéré de la force létale contre des individus spécifiquement identifiés à l’avance », fustige le document, soulignant que « les États sont responsables des actes commis par les sociétés militaires et de sécurité privées auxquelles ils font appel pour exercer des fonctions de sécurité en leur nom ».
En parallèle, des initiatives sont prises par le Conseil de sécurité, avec notamment la création d’une nouvelle Force de répression des gangs.
« La Force de répression des gangs ne pourra être efficace à long terme que si des efforts plus soutenus sont également déployés pour identifier, arrêter, enquêter et poursuivre, conformément aux normes internationales, ceux qui financent, organisent et soutiennent les activités des gangs », a fait valoir Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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