« Selon les informations recueillies, la grande majorité de ces décès de civils ont été recensés dans trois États de la région du Kordofan », a annoncé une porte-parole du Haut-Commissariat, Marta Hurtado, lors d’un point de presse à Genève.
L’augmentation marquée du recours aux drones pour mener des frappes aériennes cette année au Soudan souligne l’impact dévastateur de ces armes de haute technologie et relativement bon marché dans les zones peuplées, a déploré le Bureau des droits de l’homme de l’ONU.
Au cours des seules deux premières semaines de mars « plus de 277 civils ont été tués, dont plus des trois quarts lors de frappes de drones ». Ces attaques meurtrières se sont poursuivies la semaine dernière, alors que le mois sacré du Ramadan touchait à sa fin.
L’hôpital Al Fasher, au Darfour, est partiellement détruit à la suite de tirs d’artillerie.
Au moins 60 morts dans une attaque contre un hôpital
Lors de l’attaque la plus meurtrière, le 20 mars, premier jour de l’Aïd al-Fitr, qui a visé l’hôpital universitaire d’Al-Deain, dans l’État du Darfour-Oriental, des frappes aériennes et de drones ont fait au moins 60 morts, dont treize enfants et sept femmes.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a fermement condamné mardi cette attaque et a rappelé que « le droit international humanitaire protège spécifiquement le personnel et les installations de santé et interdit les attaques visant des civils et des biens de caractère civil ».
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des professionnels de santé — un médecin et deux infirmières — figurent également parmi les victimes, tandis que le nombre de blessés s’élève désormais à 146 personnes, dont des patients et des membres de leur famille.
Depuis avril 2023, l’OMS a vérifié plus de 200 attaques contre des établissements de santé au Soudan, ayant causé plus de 2.000 morts. Dans ce contexte, le chef de l’ONU a également appelé les parties à « désamorcer immédiatement les combats et convenir d’une cessation des hostilités », les exhortant à reprendre le dialogue en vue d’un cessez-le-feu durable et d’un processus politique inclusif.
Le même jour, à Ad Dabbah, dans l’État du Nord — une zone contrôlée par les Forces armées soudanaises —, des frappes de drones ont touché des infrastructures civiles, notamment un poste électrique et une école d’ingénieurs. Six personnes auraient été tuées et la localité s’est retrouvée entièrement privée d’électricité.
Ces événements témoignent de l’intensification des frappes et de leur impact croissant, à la fois sur les populations locales et sur la stabilité de la région.
« L’intensification des attaques de drones s’étend au-delà des frontières du Soudan, faisant craindre une nouvelle escalade aux conséquences régionales importantes », a précisé la porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).
Risques de déstabilisation régionale
Selon le HCDH, une attaque de drone qui a frappé la ville tchadienne de Tiné le 18 mars a notamment causé la mort de 24 civils au moins, et en a blessé une soixantaine d’autres.
La guerre civile au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 12 millions de personnes, dont près d’un million s’est réfugié au Tchad, selon l’ONU.
Face à l’ampleur du drame humanitaire, les appels internationaux se multiplient pour limiter l’armement du conflit et protéger les populations civiles.
« Nous exhortons tous les États, en particulier ceux qui ont une influence, à tout mettre en œuvre pour mettre fin aux transferts d’armes qui alimentent le conflit et sont utilisés au mépris flagrant de l’obligation de protéger les civils en situation de conflit », a insisté la porte-parole du HCDH, appelant à « relancer les efforts diplomatiques en vue d’un cessez-le-feu urgent pour mettre fin au conflit ».
Une salle détruite à l’hôpital spécialisé d’Aalia à Omdurman, au Soudan.
Attaques contre la santé
De son côté, l’agence sanitaire mondiale de l’ONU (OMS) note que l’attaque contre l’hôpital universitaire d’Al-Deain a entraîné sa fermeture effective. Désormais les patients pourraient devoir parcourir plus de 160 kilomètres pour rejoindre l’hôpital de référence le plus proche, ce qui est très difficile pour ceux qui ont besoin de soins spécialisés.
Selon l’OMS, Al-Deain servait d’hôpital de référence pour plus de deux millions de personnes dans la ville ainsi que dans neuf autres localités de l’État du Darfour-Oriental.
Depuis le début du conflit, le nombre total de décès liés aux attaques contre des établissements de santé a dépassé les 2.000.
« Le Soudan entre dans sa troisième année de conflit armé, mais les attaques contre les structures de santé se poursuivent (…). Les établissements de santé, les ambulances, le personnel soignant et les patients ont été « pris pour cible à maintes reprises », a déclaré la Représentante adjointe de l’OMS au Soudan, le Dr Hala Khudari.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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