L’impact immédiat se traduit par de fortes hausses des coûts de transport, des prix de l’énergie et des engrais, ainsi que par des pressions sur les monnaies et une volatilité des marchés financiers.
« L’impact économique le plus immédiat… se traduit par des augmentations considérables des coûts de fret et des prix du pétrole, du gaz et des engrais », a déclaré à ONU Info Hamza Ali Malik, directeur de la Division de la politique macroéconomique au sein de la branche Asie-Pacifique du développement de l’ONU (CESAP).
Il a averti qu’une inflation plus élevée, des exportations plus faibles et des risques accrus d’endettement devraient suivre.
Ondes de choc dans le détroit d’Ormuz
Au cœur des perturbations se trouve le détroit d’Ormuz, l’un des points de passage maritimes les plus critiques au monde.
Ce passage étroit assure environ un quart du commerce mondial de pétrole transporté par mer, ainsi que des volumes importants de gaz naturel liquéfié et d’engrais. L’escalade des hostilités a presque totalement interrompu le transit des navires, déclenchant des réactions immédiates sur les marchés mondiaux de l’énergie.
Les prix du pétrole Brent, très volatils, ont largement dépassé les 100 dollars le baril, tandis que l’augmentation des coûts de transport et d’assurance accentue la pression.
Ces chocs se répercutent sur les chaînes d’approvisionnement et suscitent des inquiétudes non seulement pour le commerce et le développement, mais aussi pour l’acheminement de l’aide humanitaire et des biens essentiels.
Des chaînes d’approvisionnement sous pression
L’impact se fait sentir sur l’ensemble des routes maritimes, de grandes compagnies de transport suspendant leurs services vers le Moyen-Orient et des conteneurs immobilisés dans des ports congestionnés. Au moins 20.000 marins dans la région sont également affectés.
« Il existe des signes précoces importants de perturbation des routes maritimes », a déclaré Rupa Chanda, directrice de la Division du commerce à la CESAP, ajoutant que les effets touchent déjà des secteurs clés.
Les pénuries d’hélium et de gaz spécialisés en provenance du Golfe provoquent une « crise quasi immédiate » pour la production de semi-conducteurs et d’électronique avancée, tandis que les perturbations des matières premières pétrochimiques menacent la fabrication dans les grandes économies asiatiques.
Les pénuries d’engrais suscitent également des inquiétudes quant aux rendements agricoles futurs en Asie du Sud — qui abrite près de deux milliards de personnes — et au-delà.
Des personnes font la queue pour remplir leurs bouteilles de gaz à Colombo, au Sri Lanka. (archives)
La hausse des prix frappe les ménages
La flambée des prix de l’énergie alimente directement l’inflation et le coût de la vie.
Selon les estimations de l’ONU, les prix du pétrole ont augmenté d’environ 45 % et ceux du gaz de 55 % depuis la fin février, tandis que les prix des engrais ont progressé de 35 %. L’inflation régionale pourrait atteindre 4,6 % en 2026, contre 3,5 % en 2025.
Dans plusieurs pays, la hausse des prix du carburant fait déjà grimper les coûts de transport, de production et des denrées alimentaires, touchant le plus durement les ménages les plus pauvres.
La pression s’accentue au niveau national
Au Sri Lanka, où le pétrole représente environ un quart des importations totales, les autorités ont instauré un rationnement du carburant et réduit les événements publics pour préserver les réserves. Les écoles sont passées à une semaine de quatre jours, tandis que les activités du secteur public ont été réduites au minimum.
Au Pakistan, les prix du carburant et des produits alimentaires ont grimpé du jour au lendemain, avec de longues files d’attente signalées dans les stations-service. Les autorités ont introduit des mesures d’économie de carburant, notamment une semaine de travail de quatre jours, la fermeture des écoles et des politiques de télétravail.
Le Myanmar, déjà frappé par une crise, fait également face à des pressions aiguës. Les pénuries de carburant ont conduit à un rationnement strict, perturbant les transports, les entreprises et les opérations humanitaires.
« Ces perturbations ajoutent une nouvelle pression à une économie au Myanmar déjà sous tension », a déclaré Gwyn Lewis, Coordinatrice résidente et humanitaire par intérim de l’ONU. « Les prix augmentent, les biens essentiels sont plus difficiles à trouver, et le pouvoir d’achat des familles continue de diminuer. »
Les travailleurs migrants attendent devant un aéroport de Katmandou, au Népal, pour partir travailler au Moyen-Orient.
Du choc économique à la crise des ménages
Au Népal, la crise ne se ressent pas seulement sur le plan économique, mais aussi dans la vie quotidienne. Au moins un travailleur migrant a été tué dans le Golfe, des dizaines ont été blessés et des dizaines de milliers sont bloqués — incapables de rentrer chez eux ou de rejoindre leur lieu de travail.
Plus de 1,7 million de migrants népalais travaillent dans le Golfe, représentant plus de 65 % de la migration de main-d’œuvre à l’étranger. Les envois de fonds — en grande partie en provenance du Golfe — constituent plus d’un quart du PIB du Népal et soutiennent près de 6 ménages sur 10.
« Ce n’est pas une crise lointaine pour le Népal. Elle est très proche et très personnelle », a déclaré Numan Özcan de l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Une région à risque
L’ampleur de l’impact varie, mais si la crise persiste, les conséquences seront graves.
La CESAP avertit que la croissance dans les économies en développement de l’Asie-Pacifique pourrait ralentir à environ 4,0 % en 2026, contre 4,6 % en 2025. La pauvreté, l’insécurité alimentaire et les inégalités pourraient s’aggraver, parallèlement à des pertes d’emplois et à d’éventuels déplacements de travailleurs migrants.
Pour atténuer l’impact, la CESAP appelle à une action politique coordonnée, incluant un soutien budgétaire ciblé, des transferts monétaires et un appui aux petites entreprises.
Les pays pourraient également devoir resserrer leur politique monétaire afin de gérer l’inflation et les risques pour la stabilité financière, tandis que les efforts à plus long terme devraient viser à diversifier les sources d’énergie, les routes commerciales et les chaînes d’approvisionnement.
Un travailleur du secteur informel mange au bord de la route à Bangkok. (photo d’archives)
Le coût humain
Mais au-delà des retombées économiques, la préoccupation majeure reste le coût humain — les chocs mondiaux étant de plus en plus ressentis dans les foyers et les villages.
« À mesure que la crise se poursuit, le principal risque est qu’un choc économique externe se transforme en crise au niveau des ménages », a déclaré Numan Özcan de l’OIT.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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