Jusqu’à ce que la guerre éclate le 28 février avec les bombardements israélo-américains sur l’Iran et les ripostes de Téhéran dans les États du Golfe, un large éventail de minéraux clés et de produits connexes était disponible, selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU).

Mais à mesure que le conflit se prolonge, la pression s’est accrue pour obtenir ces mêmes matières premières, afin d’assurer la poursuite de la production dans de nombreux secteurs, des semi-conducteurs aux panneaux solaires.

Il en résulte une hausse des prix sur les marchés des matières premières et un éventuel report vers de nouveaux sites de production où l’incertitude géopolitique est moindre.

« L’impact de la guerre du Golfe ne se limite pas au marché de l’énergie ; il touche également certains sous-produits dérivés du pétrole », tels que le soufre, l’hélium et le naphta, a déclaré Dario Liguti, directeur de la Division de l’énergie durable de la CEE-ONU, lors d’une conférence de presse à Genève.

Avant la guerre, 30 % du soufre mondial passait par Ormuz

Tous ces produits sont des sous-produits du raffinage du pétrole et sont utilisés dans un large éventail d’applications industrielles, allant des engrais aux insecticides, en passant par les plastiques et les allumettes, ainsi que dans les systèmes de refroidissement et la production de semi-conducteurs. Le naphta est un autre sous-produit du raffinage du pétrole et un élément clé de l’industrie chimique.

« La première réaction, outre bien sûr la hausse des prix, sera que les industries réduiront leur consommation et, par conséquent, leur production… qu’il s’agisse de panneaux solaires, d’aimants, de batteries, à l’avenir », a affirmé M. Liguti.

Avant la guerre, pas moins de 30 % de la production mondiale de soufre – utilisé dans le traitement des métaux – transitait par le détroit d’Ormuz. Mais c’était à l’époque où quelque 140 navires empruntaient cette voie maritime cruciale. Aujourd’hui, le trafic maritime est pratiquement à l’arrêt, suite aux attaques contre des navires et à l’impasse actuelle entre l’Iran et les États-Unis concernant l’utilisation du détroit.

« Si le conflit perdure, les pénuries de minéraux essentiels « deviendront évidentes », a poursuivi le responsable de la CEE-ONU, contraignant l’industrie « à réduire sa production » de minéraux critiques utilisés dans les équipements liés aux énergies renouvelables et aux technologies numériques. « Par conséquent, à terme, cela aura d’abord un impact croissant sur les prix… puis, dans un second temps, sur la disponibilité de ces équipements ».

Panneaux solaires sur un toit à Kwale, au Kenya.

La guerre menace la transition énergétique mondiale

Aujourd’hui, les industries qui dépendaient des approvisionnements provenant du détroit d’Ormuz « puisent dans leurs stocks existants, mobilisent leurs réserves et augmentent leur production ailleurs », a détaillé M. Liguti.

Il a souligné « la volonté de nombreux États membres à travers le monde de s’assurer un approvisionnement en ces minéraux », ce qui conduira les pays à constituer de plus en plus de « stocks stratégiques […] afin d’éviter une perturbation similaire à l’avenir ».

Pour l’instant, la situation se fait sentir sur certains marchés régionaux, en particulier en Asie du Sud et en Asie du Sud-Est, où ces matières premières font l’objet d’importantes activités de raffinage et de transformation. « Mais avec le temps, la portée géographique s’étendra ».

Outre le coût humain considérable de la guerre, le responsable de la CEE-ONU a souligné que la crise du pétrole et du gaz naturel menace également de compromettre la transition mondiale vers les sources d’énergie vertes.

« On voit bien comment une crise qui touche essentiellement le secteur des anciens combustibles fossiles traditionnels a également des répercussions sur les nouvelles énergies, les énergies renouvelables, et la transition que nous avons engagée et que nous devons en réalité accélérer, comme vous le savez, car nous prenons du retard par rapport aux objectifs de Paris pour 2030 », a insisté M. Liguti.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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