Face à ce « domicide », Balakrishnan Rajagopal fustige l’incapacité de la communauté internationale à prévenir ces destructions et à traduire leurs auteurs en justice, qualifiant le niveau d’impunité de « choquant ».

Pour sa dernière apparition devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, à Genève, en sa qualité de Rapporteur spécial, il a appelé la communauté internationale à ne pas « normaliser l’anarchie, ni accepter comme inévitable la destruction systématique d’habitations dans des endroits comme Gaza et l’Ukraine, ni l’impunité des contrevenants ».

« Cela ne peut pas continuer », a-t-il insisté. 

Les propos de l’expert indépendant mettent ainsi en relief la gravité de la situation à Gaza, où la destruction des logements et des infrastructures civiles « sont sans précédent, même au regard des terribles normes de la guerre moderne depuis le XXe siècle ».

Recours à l’intelligence artificielle

Entre octobre 2023 et octobre 2025, au moins 92 % des logements de l’enclave palestinienne ont été soit entièrement détruits, soit endommagés. 

« D’après toutes les preuves disponibles, la campagne militaire a délibérément pris pour cible des infrastructures civiles clairement identifiables, notamment des immeubles résidentiels de grande hauteur et des blocs d’appartements, entraînant souvent la mort de familles entières », a détaillé l’expert dans son rapport, relevant que « la souffrance du peuple palestinien à Gaza est presque impossible à décrire avec des mots ».

L’expert souligne que ces destructions massives s’inscrivent dans un contexte où des technologies de pointe, dont certains systèmes d’intelligence artificielle, semblent avoir été utilisées pour sélectionner les cibles. Il pointe du doigt notamment les systèmes de « Gospel, Lavender et Where’s Daddy », qui auraient été déployés par l’armée israélienne.

Cela a entraîné des attaques causant des dommages disproportionnés à la population civile. « Lavender aurait identifié plus de 37 000 cibles potentielles sur la base de scores de probabilité fondés sur des données, avec un minimum de contrôle humain », souligne le rapport.

La ville ukrainienne de Marioupol a été largement détruite.

Marioupol, en Ukraine

Loin de se limiter à Gaza, cette campagne destructrice est également observée lors de l’invasion russe en Ukraine, provoquant ainsi « une crise du logement sans précédent ». Plus de 23 000 bâtiments résidentiels ont été endommagés ou détruits, touchant 2,5 millions de logements. 

Fin 2024, le montant total des dommages directs causés aux bâtiments et aux infrastructures était estimé à 176 milliards de dollars américains, le secteur du logement étant le plus touché. En novembre 2025, plus de 13 % du parc immobilier ukrainien avait été endommagé ou détruit, parallèlement à une forte augmentation des attaques contre les installations énergétiques.

Marioupol illustre l’ampleur et l’intention de destruction. Pendant le siège de 2022, la plupart des habitants ont fui ou se sont retrouvés privés de services de base, et 93 % des immeubles d’habitation du quartier central ont été endommagés. « Les preuves indiquent un schéma systématique d’attaques délibérées et aveugles contre des civils et des biens civils », souligne le rapport.

Attaques systématiques à El Fasher

Au Soudan aussi, la guerre est synonyme « d’attaques systématiques contre les habitations et les infrastructures civiles ».

Selon des données du Centre satellitaire des Nations Unies (UNOSAT) a montré que plus de 23 600 structures de la partie orientale de la ville d’El Fasher ont été endommagées ou détruites entre le 11 novembre 2023 et le 31 juillet 2024, mais la plupart après mai 2024.

Un campement dans la province de Rakhine, dans le nord du Myanmar. (photo d’archive)

Intensification des destructions au Myanmar

Ces destructions massives, documentées au Soudan, trouvent un écho similaire au Myanmar, où les conflits armés ont entraîné des attaques systématiques contre les habitations et infrastructures civiles.

Après la prise du pouvoir par la junte militaire lors d’un coup d’État le 1er février 2021, la destruction et l’incendie systématiques de logements et d’infrastructures se sont poursuivis dans le cadre d’un conflit armé interne qui a éclaté entre la junte militaire et diverses forces d’opposition.

« A l’aide d’armes de guerre sophistiquées, notamment des drones, la junte militaire a intensifié ses attaques contre les habitations et les quartiers civils », a détaillé le document, soulignant que « les écoles, les cliniques, les monastères, les églises, les mosquées et les abris des personnes déplacées ont été systématiquement attaqués par des avions militaires, de l’artillerie et des troupes bien armées ». 

Plus de 100 000 habitations civiles ont été ainsi détruites dans des incendies criminels » depuis le coup d’État.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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