S’exprimant devant le Conseil des droits de l’homme, à Genève, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a détaillé un bilan qui contredit l’idée d’un apaisement durable. Selon les chiffres relayés par son bureau, plus de 600 Palestiniens ont été tués et plus de 1 600 blessés depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, d’après le ministère palestinien de la santé.
Dans le même temps, au moins 80 Palestiniens auraient été tués par le Hamas, principalement lors d’exécutions sommaires ou d’affrontements avec des factions rivales, une violence interne qui frappe elle aussi les civils.
Une crise humanitaire toujours aiguë
Si la trêve a réduit l’intensité des bombardements, elle n’a pas permis de stabiliser les conditions de vie dans l’enclave. Gaza compterait désormais le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde – conséquence directe de mois de guerre, mais aussi de l’effondrement du système de santé, largement détruit et soumis à de fortes restrictions d’approvisionnement.
Volker Türk a directement mis en cause les limitations imposées par Israël à l’acheminement de l’aide humanitaire. « Depuis le cessez-le-feu, Israël continue d’entraver la capacité de la communauté humanitaire à acheminer nourriture, abris, carburant, fournitures médicales et autres articles essentiels, et au moins 11 enfants sont morts d’hypothermie », a-t-il affirmé.
Au fil des mois, la mortalité indirecte – maladies non traitées, malnutrition, exposition au froid – s’ajoute ainsi aux victimes directes des combats, signe d’un territoire durablement déstructuré.
Cisjordanie : colonisation accrue et tensions persistantes
Le Haut-Commissaire a également élargi son analyse à la Cisjordanie occupée, en proie à une accélération de la colonisation, la multiplication des incursions militaires israéliennes et des violences de colons contre des villages palestiniens. Ces évolutions nourrissent, selon M. Türk,, une dynamique de fait accompli territorial.
« Il s’agit là d’une violation flagrante du droit des Palestiniens à l’autodétermination », a-t-il insisté, évoquant également les conséquences démographiques des politiques menées à Gaza et en Cisjordanie, « ce qui soulève des inquiétudes quant à un éventuel nettoyage ethnique ».
Pour de nombreux observateurs, cette évolution s’inscrit dans une tendance plus longue. Depuis plusieurs années, la perspective d’un État palestinien apparaît de plus en plus compromise par l’expansion continue des colonies israéliennes et par l’absence de processus politique crédible.
Justice internationale sous pression
C’est dans ce contexte que Volker Türk a dénoncé les pressions exercées contre les institutions internationales chargées d’enquêter sur ces violations. Depuis 2025, l’administration américaine a imposé des sanctions ciblées contre plusieurs juges et procureurs de la Cour pénale internationale (CPI), accusée à Washington de mener des actions « illégitimes » après l’ouverture d’enquêtes visant notamment des responsables israéliens, dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, pour des crimes présumés liés à la guerre à Gaza.
Les États-Unis – qui, comme Israël, ne reconnaissent pas la juridiction de la CPI – justifient ces mesures par la défense de leur souveraineté et celle de leurs alliés. L’ONU y voit au contraire une tentative d’intimidation susceptible d’affaiblir l’indépendance de la justice internationale.
« Les sanctions unilatérales imposées à 11 juges et procureurs de la Cour pénale internationale sont tout à fait inacceptables. Il en va de même pour celles imposées au Rapporteur spécial sur le territoire palestinien occupé, nommé par ce Conseil », a déclaré M. Türk.
Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme dans le territoire palestinien occupé (archive).
Francesca Albanese, experte contestée et ciblée
La rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, fait elle aussi l’objet de fortes pressions politiques. Juriste italienne nommée en 2022, elle est devenue une voix influente – et controversée – dans le débat international sur Gaza.
Les États-Unis lui ont imposé des sanctions en juillet 2025, notamment après qu’elle a exhorté la Cour pénale internationale à examiner la responsabilité d’acteurs publics et privés dans les violations présumées des droits humains liées au conflit à Gaza.
Parallèlement, selon la presse, plusieurs pays européens, dont la France, l’Italie et l’Allemagne, ont récemment critiqué des déclarations de Mme Albanese et appelé l’experte indépendante à davantage de retenue, certains responsables allant jusqu’à demander sa démission.
Jeudi, lors d’un point de presse d’experts indépendants onusiens à Genève, le rapporteur spécial sur l’Afghanistan, Richard Bennett, a dénoncé les « vendettas personnelles » contre des experts indépendants et rejeté les appels à la démission de Mme Albanese, suite à la publication d’une vidéo en ligne déformant selon lui ses propos sur Israël.
La rapporteuse spéciale, qui participait également au point de presse depuis la Jordanie, a quant à elle dénoncé les politiques qui « visent à déplacer davantage les Palestiniens, à les contraindre à un déplacement permanent et à provoquer un transfert de population ».
Décrivant la situation sur le terrain à Gaza, elle a évoqué des familles survivant sous des tentes inondées tandis que d’autres meurent sous les balles, de faim ou de maladies évitables. « Et quelqu’un a l’audace d’appeler cela un cessez-le-feu », a-t-elle lancé.
Mme Albanese a également fait état de l’impact personnel des sanctions américaines prises à son encontre : « Au milieu de tout cela, je ne peux vous dire à quel point ces derniers jours, semaines et mois ont été toxiques et préjudiciables pour moi et ma famille ».
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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