Selon Ramiz Alakbarov, le responsable onusien chargé de faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient, l’annonce par les États-Unis, il y a deux semaines, du début de cette seconde phase est « à la fois porteuse d’un fort potentiel et d’un risque considérable ».

Une trêve fragile, une phase encore incertaine

La trêve entre Israël et le Hamas, entrée en vigueur le 10 octobre, demeure en effet fragile. Frappes, tirs et échanges armés persistent à travers l’enclave. « Des centaines de Palestiniens ont été tués depuis le début du cessez-le-feu, y compris de nombreuses femmes et des enfants », souligne le diplomate, rappelant une exigence juridique élémentaire : « Les civils doivent être protégés en toutes circonstances ».

Ramiz Alakbarov, l’envoyé de l’ONU chargé de faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient, informe le Conseil de sécurité par visioconférence.

Jeudi 22 janvier, en marge du Forum économique mondial de Davos, le président américain Donald Trump a officiellement lancé le Conseil de la paix, présenté comme l’un des piliers de cette étape à venir. Mandaté en novembre 2025 par le Conseil de sécurité de l’ONU, cet organe est censé soutenir l’administration civile de Gaza, coordonner la reconstruction et accompagner le redressement économique du territoire.

Le Conseil de la paix comprendra notamment un Comité national pour l’administration de Gaza, chargé d’assurer les services publics, de faciliter l’aide humanitaire et de poser les bases de la reconstruction. M. Alakbarov a précisé avoir récemment rencontré ses membres au Caire afin d’examiner la manière dont l’ONU pourra accompagner leurs travaux. Un Bureau du haut représentant pour Gaza sera également chargé d’encadrer et de coordonner l’ensemble du processus.

La réalité du terrain

Sur le plan diplomatique, l’initiative vise à donner un cadre à l’« après-urgence ». Sur le terrain, elle reste encore largement abstraite. Tant que l’accès humanitaire demeure restreint, que l’insécurité persiste et que les destructions se poursuivent, la seconde phase ressemble moins à un tournant qu’à une promesse sous condition.

Car la réalité humanitaire demeure écrasante. M. Alakbarov a rappelé que près de toute la population de Gaza, soit environ deux millions de personnes, dépend encore de l’aide internationale. L’hiver a aggravé une crise déjà extrême, alors que la majorité des habitants se réfugient dans des abris précaires pour se protéger du froid et des pluies intenses. L’envoyé de l’ONU raconte ces familles « restées éveillées toute la nuit, essayant simplement de maintenir les quatre coins de leur tente », et cette fillette transportant des pierres pour empêcher son abri de s’envoler sous le vent.

S’il décrit une société exsangue, M. Alakbarov a toutefois entrevu les signes d’un renouveau. Dans un paysage de ruines, il dit avoir vu des adolescents passer leurs examens, des agriculteurs cultiver des serres bricolées faute de semences importées, des commerçants improviser des circuits économiques dans un marché dévasté.

« Les habitants de Gaza sont prêts et désireux de montrer la voie vers un avenir meilleur et plus stable », insiste-t-il. Une volonté tangible, mais confrontée à des obstacles systémiques.

Camp de déplacés à Gaza le long de la côte.

L’aide entravée, la reconstruction différée

La crise du logement cristallise les blocages. Les restrictions toujours imposées par Israël à l’entrée de matériaux de construction essentiels et de compétences techniques empêchent toute réponse à l’échelle des besoins considérables. Les sites de relogement temporaires, rappelle l’ONU, devraient être volontaires, dignes et conformes aux principes humanitaires. En pratique, ils restent insuffisants et inadaptés.

De manière générale, l’aide humanitaire continue d’être entravée dans tous les secteurs : insécurité persistante, lenteurs douanières, refus ou retards d’autorisations, nombre limité d’acteurs autorisés à acheminer des cargaisons. Le corridor jordanien, pourtant vital, ne fonctionne qu’à une fraction de sa capacité passée. Depuis octobre, seuls 9 % des volumes traités ont effectivement atteint Gaza par cette voie. Les maisons mobiles, le carburant, les équipements de secours et les fournitures médicales restent sévèrement restreints, mettant en danger des dizaines de milliers de déplacés et de patients.

À ces contraintes matérielles s’ajoute une pression politique croissante sur les organisations humanitaires. La décision israélienne de suspendre ou de ne pas renouveler l’enregistrement de nombreuses ONG internationales menace directement la réponse d’urgence. « Interdire ces ONG aura un impact significatif sur la réponse humanitaire dans l’ensemble du territoire palestinien occupé », a averti M. Alakbarov, appelant à un revirement immédiat.

Dans ce contexte, le lancement de la seconde phase du cessez-le-feu demeure pour l’instant théorique. « C’est une opportunité authentique de jeter les bases d’un avenir plus stable et plus sûr pour les Palestiniens et les Israéliens », a conclu Ramiz Alakbarov. Une opportunité, oui – mais dont la concrétisation dépend moins des annonces internationales que de la levée des entraves qui, à Gaza, continuent d’organiser la survie au jour le jour.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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