Cette reprise du trafic s’inscrit dans un cadre précisément défini. La réouverture, prévue dans le plan américain présenté en octobre dernier, sera ainsi « limitée au passage des habitants » du territoire palestinien.
Si ces avancées sont qualifiées de « positives », l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) souligne toutefois une « dynamique contradictoire ».
L’agence onusienne note ainsi qu’« au cours des dernières 24 heures, 30 Palestiniens ont été tués dans des frappes aériennes pendant un cessez-le-feu ».
Une façon de rappeler que la peur et l’incertitude persistent dans l’enclave palestinienne. « L’accès est limité, les préoccupations en matière de protection persistent et les besoins humanitaires restent aigus en raison des contraintes opérationnelles actuelles », a déclaré sur le réseau social X, Sam Rose, directeur des affaires de l’UNRWA à Gaza.
Un homme avec son enfant dans un site de nutrition dans le camp de Falastin à Gaza.
Passage de personnes encadré et restreint
De son côté, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a détaillé les contours de cette réouverture de Rafah.
Le passage sera coordonné avec l’Égypte et supervisé par l’Union européenne, à l’instar du mécanisme mis en place en janvier 2025.
Ainsi, le retour à Gaza depuis l’Égypte ne sera autorisé que pour les résidents qui ont quitté l’enclave palestinienne pendant la guerre et après avoir obtenu l’autorisation préalable des services de sécurité israéliens, avoir été contrôlés par l’UE au point de passage de Rafah et avoir fait l’objet d’un deuxième processus d’identification et de contrôle dans un couloir désigné géré par l’armée israélienne dans une zone sous son contrôle.
Parallèlement, des chiffres détaillent les volumes d’aide humanitaire entrés à Gaza. Entre le 23 et le 29 janvier, au moins 13.800 palettes d’aide humanitaire gérées par l’ONU et ses partenaires ont été déchargées aux points de passage de Gaza.
Près de 60 % de ces cargaisons contenaient de la nourriture, mais aussi des articles pour l’hébergement, des fournitures scolaires, des articles de santé, du carburant et kits nutritionnels.
Au total, entre l’annonce du cessez-le-feu le 10 octobre 2025 et le 29 janvier 2026, au moins 272.000 palettes de marchandises humanitaires ont été déchargées et 270.000 palettes ont été collectées aux différents points de passage.
« Quelque 1.500 palettes, soit moins de 1 % de l’aide acheminée, ont été interceptées pendant leur transit à Gaza », a souligné l’OCHA dans son rapport, relevant que les données n’incluent pas les dons bilatéraux et le secteur commercial.
Cisjordanie : une « guerre silencieuse » sous-médiatisée
Alors que le regard du monde reste tourné vers Gaza, l’UNRWA rappelle que la Cisjordanie connaît également des violations du droit international humanitaire. Dans cette « guerre silencieuse sous-médiatisée », la Cisjordanie occupée connaît depuis octobre 2023 « des niveaux de violence sans précédent ».
Selon l’agence onusienne, plus de 1.000 Palestiniens, dont près d’un quart d’enfants, ont été tués. Dans le même temps, les attaques des colons israéliens se poursuivent sans relâche, les communautés palestiniennes sont constamment intimidées, déracinées et privées de leurs moyens de subsistance.
« L’impunité règne. Des dizaines de milliers de personnes sont toujours déplacées un an après le lancement de l’opération israélienne Iron Wall (Mur de fer) – le plus grand déplacement depuis 1967. Leurs maisons sont désormais progressivement démolies pour les empêcher de revenir », a affirmé, sur X, le chef de l’UNRWA, Philippe Lazzarini.
Des femmes privées de soins reproductifs
Cette situation dramatique affecte particulièrement les femmes enceintes et l’accès aux soins essentiels. Le chemin vers l’accouchement est devenu un parcours semé d’embûches et de craintes.
Selon l’Agence de l’ONU en charge des questions de santé sexuelle et reproductive (UNFPA), les barrages routiers, les points de contrôle, les couvre-feux et l’insécurité retardent ou empêchent régulièrement l’accès aux services essentiels, exposant ainsi les femmes enceintes et les nouveau-nés à des risques particuliers.
Ces difficultés pèsent lourdement sur un système de santé déjà fragilisé. Le système de santé reste extrêmement sollicité. Seuls 42 % des établissements de santé de Cisjordanie sont pleinement opérationnels, tandis que les ambulanciers et les agents de santé spécialisés sont fréquemment confrontés à des retards, des obstructions et, parfois, des agressions physiques.
La situation se traduit aussi par un accès limité aux services de santé reproductive pour plus de 230.000 femmes et dont 4.800 femmes enceintes, en particulier celles des gouvernorats de Jénine, Tulkarem et Tubas, où l’insécurité et les restrictions de mouvement sont particulièrement sévères.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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