« Consolider la paix en Colombie après des décennies de conflit est un chantier complexe et inachevé », a résumé vendredi Miroslav Jenča, le nouvel envoyé de l’ONU dans le pays, lors de sa seconde intervention devant le Conseil de sécurité.

Nées d’un mouvement paysan marxiste-léniniste dans les années 1960, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont mené pendant plus d’un demi-siècle une guérilla contre l’État colombien, financée par des enlèvements, l’extorsion et le trafic de drogue.

Après des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés, l’accord de paix conclu en 2016 a mis fin à la guerre civile. Plus de 13.000 combattants ont déposé les armes, donnant naissance au parti d’extrême gauche Comunes, désormais intégré au jeu politique légal.

Une paix qui se joue loin de Bogotá

Depuis la prise de fonction de M. Jenča à Bogotá à l’automne dernier, la mission de l’ONU qu’il dirige dans le pays a recentré son mandat sur trois piliers : la réforme rurale, la réinsertion des anciens combattants et la sécurité des populations. Un recentrage contraint, aussi, par une réduction budgétaire de plus de 17 % et la suppression de près de 200 postes, conséquence des réformes internes des Nations Unies. « La mission a conservé sa présence essentielle sur le terrain », a toutefois insisté M. Jenča, conscient que c’est précisément dans ces zones reculées que tout se joue désormais.

Après des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés, l’accord de paix conclu en 2016 a mis fin à cette guerre civile larvée : plus de 13.000 combattants ont déposé les armes, donnant naissance au parti d’extrême gauche Comunes, désormais intégré au jeu politique légal.

Mais la paix se mesure moins à Bogotá que dans les campagnes de Cauca, de Nariño ou du Catatumbo. Là où l’État reste souvent absent, les groupes armés prospèrent encore sur les économies illicites et la peur. « La présence de groupes armés dans des zones toujours affectées par le conflit continue d’infliger des souffrances à des communautés entières », a-t-il averti, évoquant menaces, déplacements forcés et une « augmentation alarmante » du recrutement d’enfants.

Réinsertion sous menace

La réinsertion des ex-combattants demeure l’un des points les plus sensibles du processus. Plus de 11 000 anciens guérilleros participent toujours aux programmes officiels. Beaucoup ont fondé des familles, lancé des coopératives agricoles, tenté de se projeter dans une vie civile durable. Mais près de 500 d’entre eux ont été assassinés depuis 2016. « C’est une attaque inacceptable contre la paix », a tranché le diplomate, appelant les autorités à faire de leur sécurité une priorité absolue.

À ces fragilités sécuritaires s’ajoute une course contre la montre politique. Le pays s’approche d’élections présidentielles polarisées, dans un climat où la violence politique n’a jamais totalement disparu. Garantir la sécurité des candidats et des électeurs, notamment dans les régions historiquement marginalisées, est devenu un impératif démocratique autant qu’un test de crédibilité pour l’État colombien.

Un accord comme boussole

L’accord de paix de 2016, insiste Miroslav Jenča, reste « la feuille de route indispensable » du pays. Il offre une vision globale, capable de traiter les causes profondes du conflit : accès à la terre, développement rural, alternatives à la culture de la coca, démantèlement des structures criminelles. Des avancées existent – près de 300 000 hectares redistribués –, mais elles restent loin des ambitions initiales.

À l’aube du dixième anniversaire de l’accord, la Colombie n’est donc ni en guerre, ni totalement en paix. Elle se trouve dans cet entre-deux inconfortable où chaque assassinat, chaque promesse non tenue pèse plus lourd que les progrès déjà accomplis. « Les efforts doivent être faits pour éviter toute régression et garantir, au contraire, une avancée continue sur la voie de la paix et de la sécurité », a conclu l’émissaire onusien.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).

To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).

Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.