Selon le Haut.-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH), l’insécurité croissante et l’absence de mesures visant à protéger les civils suscitent de vives inquiétudes quant à la sécurité des électeurs qui choisissent ou sont contraints de participer.

« La tenue d’un scrutin dans le contexte actuel au Myanmar soulève un certain nombre de préoccupations. Cette crise dure depuis près de cinq ans », a déclaré depuis Bangkok, James Rodehaver, Chef de l’équipe du HCDH pour le Myanmar, lors d’un point de presse de l’ONU à Genève.

La Commission électorale du Myanmar a annoncé en août dernier la tenue d’élections générales le 28 décembre prochain. Les dernières élections générales dans ce pays d’Asie du Sud-Est ont eu lieu en novembre 2020 et ont été remportées par la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), qui a été renversée par un coup d’État militaire en février 2021.

De grands partis politiques exclus

Ces élections se déroulent également dans un contexte où l’armée réprime activement la participation. La société civile et les médias indépendants n’ont que peu ou pas de voix. L’armée a intensifié la surveillance électronique de masse afin d’identifier les dissidents, et l’on craint que cette mesure ne soit utilisée dans les bureaux de vote.

De nombreux grands partis politiques sont exclus et plus de 30.000 opposants politiques à l’armée, dont des membres du gouvernement démocratiquement élu et des représentants politiques, ont été arrêtés depuis 2021.

Mais selon les services du Haut-Commissaire Volker Türk, l’armée a déclaré jeudi d’avoir accordé des grâces, dont environ 4.000 à des dissidents qui avaient été inculpés ou condamnés pour sédition ou incitation à la révolte. « Même si ces grâces sont réelles, nous estimons que près de 23.000 personnes restent en détention. Ce sont des personnes qui n’auraient jamais dû être détenues », a affirmé M. Rodehaver.

Par ailleurs, des doutes persistent sur la participation de tous. Selon le HCDH, la discrimination est « très présente dans le processus électoral », les Rohingyas, les Tamouls, les Gurkhas et les Chinois, entre autres, étant exclus du vote.

Insécurité et polarisation

De plus, l’armée n’exerce aucun contrôle sur de vastes régions du pays et sera incapable de couvrir l’ensemble du territoire de manière significative et représentative. Quelque 56 communes, dans lesquelles la loi martiale reste en vigueur, seront exclues. Dans 31 communes participant au premier tour, aucun scrutin n’aura lieu en raison de l’absence de candidats.

Dans certaines zones contestées, les villageois sont contraints de suivre des formations militaires sur l’utilisation des machines à voter électroniques.

« Nous enquêtons également sur les affirmations de personnes déplacées selon lesquelles l’armée leur ordonne de retourner dans leurs villages pour voter. Certains groupes ont été pris pour cible lors de frappes aériennes et se sont vu dire qu’ils devaient retourner en ville. S’ils ne le font pas, les bombardements se poursuivront », a ajouté M. Rodehaver.

« Loin d’être un processus susceptible de mener à une transition politique de la crise vers la stabilité et le rétablissement d’un régime démocratique et civil, le Haut-Commissaire Volker Türk, estime que ce processus semble presque certain d’ancrer davantage l’insécurité, la peur et la polarisation dans tout le pays », a conclu Jeremy Laurence, porte-parole du HCDH.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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