L’an dernier, l’économie mondiale a fait preuve d’une résilience inattendue. Malgré la forte hausse des droits de douane imposés par les États-Unis, qui faisait craindre un ralentissement des échanges internationaux, une croissance de 2,8 % a été soutenue par la solidité des dépenses des ménages et par le reflux progressif de l’inflation.
Mais ce sursaut n’a pas dissipé les fragilités de l’économie mondiale. La faiblesse persistante de l’investissement et la réduction des marges de manœuvre budgétaires continuent de peser sur la dynamique mondiale, nourrissant la crainte d’un ralentissement durable par rapport à la trajectoire d’avant-crise.
Des faiblesses à la fois conjoncturelles et structurelles
Le rapport annuel du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA) – l’une des 66 institutions internationales dont la Maison Blanche a annoncé, mercredi, le retrait américain – souligne qu’un apaisement partiel des tensions commerciales a permis de limiter les perturbations les plus aiguës du commerce international. Mais l’impact différé de la hausse des droits de douane, combiné à un climat d’incertitude macroéconomique accru, devrait devenir plus visible en 2026. Les risques demeurent notamment élevés en raison de valorisations tendues dans certains segments des marchés liés aux progrès rapides de l’intelligence artificielle.
À ces vulnérabilités s’ajoute un facteur structurel majeur : le niveau élevé de l’endettement mondial. Dans de nombreuses économies, et plus encore dans les pays en développement, le poids de la dette et le coût de l’emprunt restreignent fortement la capacité des pouvoirs publics à soutenir l’activité ou à amortir les chocs. Une contrainte budgétaire qui limite d’autant les réponses possibles face aux incertitudes à venir.
« Une combinaison des tensions économiques, géopolitiques et technologiques est en train de remodeler le paysage mondial, générant une nouvelle incertitude économique et des vulnérabilités sociales », observe le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, dans un communiqué accompagnant la sortie du rapport, intitulé World Economic Situation and Prospects. « De nombreuses économies en développement continuent de connaître des difficultés et, par conséquent, les progrès vers la réalisation des objectifs de développement durable restent lointains pour une grande partie du monde ».
Un marché local en République centrafricaine. La croissance sur le continent africain atteindrait 4 % en 2026, en légère hausse, mais l’Afrique resterait exposée aux chocs climatiques et à un endettement élevé.
Une croissance stable, mais profondément asymétrique
Derrière la moyenne mondiale se dessinent des trajectoires régionales contrastées. Aux États-Unis, la croissance devrait atteindre 2 % en 2026, légèrement supérieure à celle de 2025, portée par un environnement monétaire et budgétaire plus accommodant, malgré un ralentissement attendu du marché du travail. Dans l’Union européenne, en revanche, l’activité devrait marquer le pas, avec une croissance limitée à 1,3 %, sous l’effet combiné de la hausse des droits de douane américains et d’une incertitude géopolitique persistante qui freine les exportations.
En Asie, le rythme de croissance resterait soutenu, mais en décélération. En Asie de l’Est, l’activité progresserait de 4,4 %, à mesure que s’estompe l’effet des exportations anticipées. La Chine devrait enregistrer une croissance de 4,6 %, appuyée par des mesures ciblées, tandis que l’Inde continuerait de se distinguer avec 6,6 %, portée par une consommation résiliente et des investissements publics importants. En Afrique, la croissance atteindrait 4 %, en légère hausse, mais resterait exposée aux chocs climatiques et à un endettement élevé.
Le commerce résiste, l’investissement reste contraint
Le commerce mondial a surpris par sa vigueur en 2025, avec une croissance de 3,8 %, supérieure aux prévisions initiales, tirée par les exportations anticipées et par le dynamisme du commerce des services. Cette dynamique devrait toutefois s’essouffler. Pour 2026, l’ONU anticipe un ralentissement à 2,2 %, dans un contexte de tensions commerciales persistantes et d’incertitudes politiques accrues.
Dans le même temps, les investissements demeurent modérés dans la plupart des régions. Les tensions géopolitiques et les conditions budgétaires restrictives continuent de peser, malgré l’assouplissement monétaire et certaines mesures ciblées. Si l’essor de l’IA stimule des poches d’investissement sur quelques grands marchés, le rapport met en garde contre une répartition inégale des gains potentiels, susceptible d’accentuer les déséquilibres structurels existants.
L’inflation mondiale devrait tomber à 3,1 % en 2026. Mais les prix élevés continuent d’éroder les revenus réels des ménages.
Inflation en repli, coût de la vie toujours élevé
La désinflation se poursuit à l’échelle mondiale. Après 4 % en 2024, l’inflation est tombée à environ 3,4 % en 2025 et devrait ralentir encore pour atteindre 3,1 % en 2026. Mais cette amélioration relative ne suffit pas à alléger la pression sur les ménages. Les prix élevés continuent d’éroder les revenus réels, en particulier pour les populations les plus vulnérables.
Contrairement à la flambée synchronisée des années précédentes, les trajectoires inflationnistes sont désormais plus fragmentées, influencées par des goulets d’étranglement persistants dans l’offre, dans un contexte de risques géopolitiques et climatiques croissants.
« Même si l’inflation recule, les prix élevés et toujours en hausse continuent d’éroder le pouvoir d’achat des plus vulnérables », souligne Li Junhua, secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires économiques et sociales. « Pour que la baisse de l’inflation se traduise par de réelles améliorations pour les ménages, il faut préserver les dépenses essentielles, renforcer la concurrence sur les marchés et s’attaquer aux facteurs structurels à l’origine des chocs récurrents sur les prix ».
L’appel à un sursaut multilatéral
Face à la combinaison de réalignements commerciaux, de pressions persistantes sur les prix et de chocs climatiques de plus en plus fréquents, le rapport appelle à une coordination internationale renforcée, à un moment où les tentations de repli national se multiplient. Le rétablissement de la confiance, la prévisibilité des règles et le renforcement d’un système commercial multilatéral fondé sur le droit apparaissent comme des conditions indispensables pour éviter une fragmentation durable de l’économie mondiale.
L’Engagement de Séville, issu de la quatrième conférence internationale sur le financement du développement, est présenté comme une feuille de route pour y parvenir : clarification des mécanismes de restructuration de la dette, élargissement du financement concessionnel et climatique, réforme de l’architecture financière internationale. Des leviers jugés essentiels pour stabiliser une économie mondiale qui, sans sombrer, reste durablement sous contrainte.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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