« Pour des millions de personnes dans le monde, cet engagement reste lettre morte », a-t-il déclaré lors d’une réunion de haut niveau marquant le 40e anniversaire de la Déclaration, adoptée en 1986, en marge du débat annuel de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Le chef de l’ONU a toutefois souligné les avancées réalisées depuis lors, citant notamment le recul considérable de l’extrême pauvreté, l’extension de la protection sociale, l’allongement de l’espérance de vie et les progrès scientifiques et technologiques.

Mais ces progrès restent fragiles.

Les inégalités se creusent, a-t-il averti, tandis que des populations continuent de souffrir de l’insécurité alimentaire et d’un accès insuffisant à l’eau et à l’assainissement. L’endettement, les conflits et l’instabilité économique pèsent également sur le développement.

À cela s’ajoute une crise climatique chaque année plus dévastatrice. « Il ne saurait y avoir de développement sur une planète dégradée et malade », a affirmé António Guterres.

Le Secrétaire général a également mis en garde contre les risques liés à la transformation numérique. Si l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies peuvent améliorer les conditions de vie, elles peuvent aussi « creuser les fractures et accroître l’exclusion ».

À regarder ci-dessous : les interventions des participants à réunion

Investir dans les fondamentaux

Pour faire du droit au développement une réalité, António Guterres a appelé à investir dans les outils qui ont fait leurs preuves : éducation de qualité, sécurité alimentaire, eau et assainissement, protection sociale, couverture sanitaire universelle et accès aux technologies.

Il a également plaidé pour une meilleure mobilisation des ressources intérieures, la recapitalisation des banques multilatérales de développement et une réforme de leur fonctionnement afin de mobiliser davantage de financements privés.

Face au poids de la dette, il a cité des solutions telles que la suspension du service de la dette et les conversions de dette, ainsi que des initiatives en faveur des pays emprunteurs.

Il a enfin appelé à réformer l’architecture financière internationale pour la rendre « plus représentative » et mieux adaptée aux besoins des pays en développement.

Pour le chef de l’ONU, développement, droits humains et paix sont indissociables. « Ils avancent ensemble », a-t-il déclaré, appelant à renouer avec « l’esprit de solidarité mondiale » inscrit au cœur de la Charte des Nations Unies.

Trois leçons pour ne laisser personne de côté

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Khalilur Rahman, a également appelé à transformer l’engagement pris il y a 40 ans en faveur du droit au développement en actions concrètes, en tirant les enseignements de quatre décennies de progrès, mais aussi des inégalités qui persistent.

« Chaque personne, tous les peuples, ont le droit de participer au développement, d’y contribuer et d’en bénéficier », a-t-il rappelé. M. Rahman était présent en 1986, lors de la 41e session de l’Assemblée générale, au cours de laquelle la Déclaration avait été adoptée.

Il a souligné l’ampleur des progrès accomplis depuis : l’espérance de vie mondiale a augmenté de près de dix ans, la mortalité des enfants de moins de cinq ans a reculé de 60 % et quelque 1,5 milliard de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté.

Mais ces avancées restent inégalement réparties. Seuls 36 % des cibles des Objectifs de développement durable sont aujourd’hui sur la bonne voie ou enregistrent des progrès modérés.

Pour le Président de l’Assemblée générale, trois leçons se dégagent. Le développement doit être inclusif, en donnant une véritable voix aux femmes, aux jeunes et aux populations marginalisées. Il est indissociable des droits humains, de la paix et de la sécurité. Enfin, notre conception du développement doit évoluer avec les transformations technologiques.

Sur ce dernier point, il a souligné l’ampleur de la fracture numérique : 2,6 milliards de personnes étaient encore privées d’accès à Internet en 2024.

Il a appelé à une gouvernance des nouvelles technologies « inclusive, transparente, participative et fondée sur les droits humains », afin que chaque pays puisse non seulement bénéficier des technologies de demain, mais aussi contribuer à les façonner.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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