« On ne sait pas quand la guerre prendra fin ; on ne sait pas quand le navire pourra franchir le détroit en toute sécurité, c’est donc très difficile », a expliqué le Lieutenant Clarisse Bangga.
Ce plan d’évacuation est directement lié aux négociations en cours entre l’Iran et les États-Unis visant à mettre fin à leur conflit, conformément à un protocole d’accord signé par les deux pays la semaine dernière.
En cas de succès, le nombre de navires transitant par le détroit reviendra aux niveaux d’avant-guerre, soit environ 130 par jour, contre une vingtaine à une trentaine ces trois derniers jours.
« Les transits devraient commencer à augmenter maintenant que le plan d’évacuation est mis en œuvre », a indiqué l’OMI.
Des centaines de navires
L’agence a déclaré, à ONU Info, avoir commencé à contacter les navires afin de mettre en œuvre le plan d’évacuation par l’intermédiaire de son personnel sur le terrain. Entre 500 et 600 navires commerciaux participeront à l’opération, afin que les personnes à bord puissent quitter les eaux du Golfe en toute sécurité.
L’agence a obtenu les garanties de sécurité nécessaires et vérifié les conditions permettant une navigation sûre hors du détroit, où le gel du trafic maritime a provoqué un choc énergétique mondial dont les effets seront durables, en particulier pour les pays en développement.
Dans le communiqué opérationnel adressé ce mercredi par l’OMI aux compagnies maritimes et aux capitaines, l’agence a identifié deux nouvelles voies maritimes temporaires qui devraient être empruntées pour sortir du détroit.
Ces nouvelles voies – qui se distinguent de l’itinéraire habituel emprunté par les navires avant le gel du trafic – sont la « route nord », proche des côtes iraniennes, et la « route sud », qui traverse les eaux d’Oman et des Émirats arabes unis (EAU).
« L’Iran et Oman sont chacun responsables d’assurer la sécurité de la navigation dans leurs eaux territoriales », a précisé l’OMI, ajoutant que les navires pourraient être arrêtés « à tout moment pour des raisons de sécurité, de sûreté ou afin d’éviter tout conflit naval ».
Deux marins en combinaisons bleues et chapeaux blancs sur le pont d’un navire, près de la balustrade avec l’océan en arrière-plan.
Risques liés aux mines marines
Afin de permettre aux navires de quitter la zone en toute sécurité et d’« atténuer les risques liés aux mines et à la détérioration des conditions de navigation », l’agence a souligné que son message clé à l’intention des capitaines était le suivant : « Ne bougez pas. Attendez d’être contactés. Suivez strictement les instructions émises par les États côtiers concernés… Chaque navire se verra attribuer un groupe de transit et une date de départ spécifique ».
Au total, 14 marins ont été tués lors d’attaques contre des navires dans le détroit depuis le début de la crise au Moyen-Orient, tandis que la voie maritime a connu des perturbations massives après le début des bombardements israélo-américains sur l’Iran, le 28 février.
« Après des mois d’épreuves et de détresse pour des milliers de marins innocents, et des répercussions négatives pour le monde entier, j’accueille avec une profonde satisfaction l’accord de paix conclu entre les États-Unis et l’Iran, qui marque une étape décisive vers le rétablissement de la sécurité maritime et met fin aux attaques inacceptables contre la navigation civile », a réagi mercredi le secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, dans un communiqué.
Témoignage d’une navigatrice
Pour la Lieutenant Clarisse Bangga, gérer le poids psychologique lié au fait d’être bloquée sur un navire vulnérable dans le détroit d’Ormuz est un défi quotidien qui peut s’avérer épuisant.
« Outre le stress lié au milieu de travail lui-même, il y a aussi celui généré par ce qui se passe autour de nous », a-t-elle affirmé. « On ne sait pas quand la guerre prendra fin, on ne sait pas quand le navire pourra franchir le détroit en toute sécurité ».
Suivre des formations et respecter les protocoles de sécurité constituent une partie importante de la préparation à la traversée de régions à haut risque.
« Nous avons des procédures et des politiques d’entreprise… En tant que troisième officier, mon rôle consiste à préparer et à diriger l’équipage lors de certains exercices qui permettront à chacun de savoir quoi faire en cas d’urgence. Si chacun connaît ses devoirs et ses responsabilités en cas d’urgence, je pense que tout se passera bien », a expliqué Mme Bangga.
La navigatrice philippine a été évacuée de son navire plus tôt ce mois-ci, avant même l’annonce du plan d’évacuation. Elle décrit l’incertitude liée au fait d’être piégée au cœur d’une zone de guerre comme une situation « unique » qui peut souvent mettre à rude épreuve la santé mentale et émotionnelle de l’équipage.
« Je ne pense pas que quiconque puisse vraiment comprendre ce que l’on ressent dans une zone de guerre à moins d’y avoir été », a-t-elle ajouté. « Car comme je l’ai dit, on ne sait pas quand la guerre prendra fin, on ne sait pas quand notre navire pourra prendre la mer en toute sécurité. Chaque jour, il y a des attaques de missiles, des attaques de drones, des alertes, des alertes sur les téléphones portables, et on ne sait vraiment pas ce qui va se passer ».
Rassurer ceux qui sont encore bloqués sur des navires essayant de traverser le détroit est la meilleure façon de les aider, insiste l’officier de marine : « Aider l’équipage à bord, c’est les aider à réduire leur stress, qu’il soit d’ordre économique, opérationnel, ou autre », a conclu Mme Bangga.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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