L’échange de données en un clin d’œil est devenu une évidence dans une grande partie du monde – et pourtant, nous prenons rarement le temps de réfléchir à ce qui rend tout cela possible : un réseau mondial complexe de câbles au fond des océans qui nous connecte silencieusement.

À l’ère de l’information moderne, les câbles sous-marins sont devenus un pilier essentiel de la connectivité numérique, déclare Tomas Lamanauskas, Secrétaire général adjoint de l’Union internationale des télécommunications (UIT), à ONU Info, à l’occasion d’un sommet mondial sur le sujet qui s’est ouvert lundi au Portugal.

Autoroutes numériques

Des milliards de dollars de transactions dans l’économie mondiale et l’accès continu à l’information transitent par ce réseau.

« Environ 99 % du trafic Internet international passe par les câbles sous-marins. Même la conversation que nous avons en ce moment est acheminée par ces câbles », souligne-t-il.

« Les gens connaissent les points d’accès visibles, comme les réseaux mobiles, les satellites et l’Internet fixe, mais l’infrastructure sous-jacente qui les soutient est le vaste réseau de câbles sous-marins – nos autoroutes numériques ».

Ces autoroutes invisibles, composées de fibres optiques reliant des points d’atterrissage, sont posées à des centaines de mètres sous la surface de l’océan par des navires câbliers.

M. Lamanauskas estime qu’à mesure que notre dépendance à la connectivité numérique continue de croître, le renforcement de la résilience de ces câbles et le développement de stratégies collectives sont devenus de plus en plus importants.

Ce sera un point central du deuxième Sommet international sur la résilience des câbles sous-marins, qui se déroule lundi et mardi à Porto, au Portugal.

Gros plan sur un câble sous-marin en cours d’enroulement sur des bobines industrielles.

Transmission rapide des données

Connecter différentes parties du monde par des câbles de communication n’est pas une idée nouvelle. En 1850, l’Angleterre et la France ont été reliées pour la première fois par un câble télégraphique sous-marin.

Depuis, la technologie a constamment évolué, des services télégraphiques aux réseaux téléphoniques, et maintenant à l’Internet haut débit acheminé par des câbles à fibres optiques. Aujourd’hui, des centaines de térabits de données transitent chaque seconde par ces câbles posés au fond des mers.

À travers le monde, il existe plus de 500 câbles sous-marins commerciaux, reliant les continents, les marchés et les foyers.

Relativement fins et d’une largeur comparable à celle d’un tuyau d’arrosage, ces câbles s’étendent sur environ 1,7 million de kilomètres, soit suffisamment pour faire plusieurs fois le tour de la Terre.

Pour les poser, le fond marin est cartographié afin de trouver des itinéraires présentant moins de risques et ayant un impact moindre sur l’environnement. Ensuite, des navires spécialisés déroulent de grandes bobines de câble à fibre optique sur le fond de l’océan.

Perturbations du trafic des câbles

Ces câbles constituant de plus en plus l’épine dorsale de l’économie mondiale, toute perturbation du flux de données peut avoir des conséquences immédiates, impactant les activités économiques, les services d’urgence et technologiques, les systèmes de sécurité et l’accès à l’Internet pour des milliards de personnes dans le monde.

On recense généralement 150 à 200 incidents de câbles chaque année, soit en moyenne trois à quatre par semaine.

Le haut fonctionnaire de l’UIT rappelle que « ces dernières années, plusieurs incidents majeurs ont eu lieu, de la mer Rouge à l’Afrique de l’Ouest et de l’Est ».

« Par exemple, en 2024, des incidents survenus sur des câbles sous-marins en mer Rouge ont perturbé environ 25 % du trafic de données entre l’Europe et l’Asie ».

Les pannes de connectivité des câbles peuvent être dues à des tremblements de terre, des glissements de terrain sous-marins et des éruptions volcaniques. Cependant, les statistiques montrent qu’environ 80 % des incidents sont causés par l’activité humaine, notamment par les ancres de navires ou les chalutiers endommageant les câbles.

Chaque milliseconde compte

M. Lamanauskas cite l’exemple des Tonga, qui ont subi trois perturbations majeures depuis 2019, causées par un tremblement de terre, des éruptions volcaniques et un ancrage inapproprié. En raison du manque de diversité du réseau dans les régions isolées, lorsqu’un câble est coupé, un vaste territoire peut se retrouver hors ligne.

« Imaginez-vous, ainsi que toute votre communauté, privés d’Internet pendant une semaine, incapables d’accéder à des services essentiels comme les soins de santé numériques, l’information et l’éducation ».

« Imaginez l’impact sur les traders de New York si un simple délai d’une milliseconde se produit en raison d’une congestion du réseau ou d’un incident sur un câble sous-marin. Chaque instant compte ».

Travailleur dirigeant le déploiement de câbles sous-marins.

Réparer les autoroutes invisibles

Outre l’abrasion et l’usure naturelle, « une partie de l’infrastructure de câbles installée lors du boom des technologies de l’information en 2000 arrive à maturité, car ces câbles ont été conçus pour une durée de vie moyenne de 25 ans », ajoute-t-il.

Le Secrétaire général adjoint de l’UIT explique qu’en cas d’incident, les ingénieurs sont généralement en mesure d’identifier rapidement la zone touchée et que « la réparation elle-même n’est pas toujours la partie la plus compliquée. Ce qui est souvent plus complexe, c’est d’obtenir toutes les autorisations et licences nécessaires, surtout lorsque plusieurs juridictions sont impliquées ».

Selon l’emplacement et l’ampleur des dégâts, l’intervention des navires câbliers et les travaux de réparation peuvent durer de quelques jours à plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Dans les zones à forte activité, ces navires sont généralement à proximité, mais l’accès aux zones isolées peut prendre plus de temps. Dans de nombreux pays, l’absence d’un organisme centralisé pour gérer ces opérations complexifie encore la situation.

M. Lamanauskas souligne que la pose de nouveaux câbles est souvent un projet pluriannuel qui prend beaucoup de temps. « Cela implique une planification complexe et s’avère généralement coûteux. Si les câbles plus courts coûtent des millions de dollars, les plus longs peuvent atteindre des centaines de millions ».

Sommet international sur la résilience des câbles sous-marins.

Que fait l’UIT ?

En tant qu’agence des Nations Unies pour les technologies numériques, l’UIT œuvre à renforcer la résilience des câbles sous-marins mondiaux par la collaboration, l’établissement de normes et la fourniture de conseils techniques. Ses priorités comprennent le développement de mesures de résilience, la simplification des processus de maintenance et de réparation et l’adoption de pratiques plus durables.

« Au cours des 40 dernières années, la capacité de ces câbles optiques a augmenté de 40 % par an. Il s’agit d’une croissance exponentielle qui, à son tour, alimente la croissance exponentielle d’Internet », explique M. Lamanauskas.

Il précise que l’UIT n’est pas un organisme opérationnel et ne répare pas les câbles.

« Nous nous concentrons plutôt sur la création d’un environnement propice en réduisant les délais d’autorisation, en établissant des points de contact clairs, en sensibilisant le public pour prévenir les dommages accidentels et en facilitant des réparations plus rapides ».

Alors que la demande de connectivité et de données augmente à une vitesse sans précédent, ces efforts joueront un rôle essentiel pour renforcer les bases d’un progrès partagé et façonner l’avenir du paysage numérique mondial.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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