Selon le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, les affaires Pelicot et Epstein montrent, toutes deux, « l’ampleur de l’exploitation et des abus dont sont victimes les femmes et les filles ».
« Quelqu’un pense-t-il qu’il n’y a pas beaucoup d’autres hommes comme Dominique Pelicot ou Jeffrey Epstein ? », a-t-il demandé devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies réuni à Genève.
« Ces abus horribles sont rendus possibles par des systèmes sociaux qui réduisent au silence les femmes et les filles et protègent les hommes puissants de toute responsabilité », a-t-il ajouté.
Dans l’affaire Pelicot, dite des viols de Mazan, Dominique Pelicot est accusé d’avoir drogué son épouse, Gisèle Pelicot, pour la livrer à des dizaines d’hommes recrutés en ligne entre 2011 et 2020. En refusant le huis clos, Gisèle Pelicot a transformé le procès d’une cinquantaine d’accusés en une confrontation publique autour du consentement, de la soumission chimique et de la responsabilité collective.
Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU au Palais des Nations à Genève.
50.000 femmes et filles tuées en 2024
A l’échelle internationale, l’affaire Jeffrey Epstein a révélé, elle aussi, l’ampleur de réseaux d’exploitation sexuelle dans le monde. Le financier américain a été retrouvé pendu en prison en 2019, avant d’être jugé pour trafic sexuel de mineures.
Deux dossiers distincts, mais une même onde de choc : celle d’un système où l’emprise, les complicités et le silence permettent aux violences sexuelles de prospérer bien au-delà des sphères privées.
Pour le chef des droits de l’homme, « la violence à l’égard des femmes, notamment les féminicides, constitue une urgence mondiale ».
Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH), environ 50 000 femmes et filles ont été tuées dans le monde en 2024, la plupart par des membres de leur famille.
M. Türk s’est également dit profondément préoccupé par le nombre croissant d’attaques, y compris en ligne, contre les femmes dans la vie publique. « Toutes les femmes politiques que je rencontre me disent qu’elles sont constamment confrontées à la misogynie et à la haine en ligne ».
Les conflits armés ont presque doublé depuis 2010
Lors de son discours sur la situation des droits de l’homme dans le monde, M. Türk s’est également inquiété du recours à la menace et à la force pour résoudre les conflits.
Alors que le nombre de conflits armés a presque doublé depuis 2010, pour atteindre environ 60, les attaques contre les civils ont augmenté de près d’un tiers.
Dans ce contexte de dégradation sécuritaire, il a cité plusieurs foyers de crise où ces dynamiques sont à l’œuvre, du Soudan à la République démocratique du Congo, des territoires palestiniens occupés au Myanmar et au Sahel. Il a appelé à mettre en lumière la lutte pour le pouvoir et les ressources qui alimente les conflits, et les moyens de l’arrêter.
Dans la Corne de l’Afrique, ces préoccupations prennent une dimension particulière. M. Türk s’est inquiété des tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée, qui risquent de s’aggraver encore. Il a appelé toutes les parties à renforcer la protection des civils et à faire preuve de la plus grande retenue.
Répression au Sahel
S’agissant du Soudan du Sud, le chef des droits de l’homme s’est dit « consterné » de voir que les civils sont les premières victimes des attaques militaires aveugles menées par les forces de l’opposition et du gouvernement, y compris les bombardements aériens, et qu’ils sont victimes de violences sexuelles liées au conflit.
Dans tout le Sahel, les défenseurs des droits humains et les journalistes sont arbitrairement arrêtés et détenus, les médias indépendants sont interdits et les partis politiques dissous, dans le cadre d’une réponse militarisée à l’extrémisme violent.
Malgré ces contraintes, certaines transitions politiques récentes illustrent des tentatives de retour à l’ordre constitutionnel. Les élections qui se sont tenues en Guinée en décembre dernier ont marqué une transition vers le rétablissement de cet ordre constitutionnel. « Cependant, de graves violations persistent, notamment la restriction de l’espace civique, les disparitions forcées et les coupures d’accès à l’Internet », a-t-il détaillé au sujet de la situation à Conakry.
Droits fondamentaux menacés en Iran et en Chine
Cette persistance des violations des droits fondamentaux se retrouve également dans d’autres régions du monde, comme en Iran.
Le Haut-Commissaire s’est dit « horrifié » par les indications des récentes peines capitales contre huit manifestants en Iran.
Parmi les personnes condamnées figurent deux enfants. Et 30 autres Iraniens pourraient être exposés à la même sentence. Il a demandé des investigations indépendantes et des procès équitables et il a réitéré son souhait d’un moratoire sur la peine capitale.
Ces préoccupations concernant la protection des droits fondamentaux se manifestent également dans d’autres pays, comme la Chine où les autorités sont invitées « à cesser d’utiliser des dispositions pénales et de sécurité nationale vagues pour réprimer l’exercice pacifique des droits fondamentaux ».
M. Türk a regretté également « l’absence de suivi par les autorités des recommandations précédentes et des mesures de reddition des comptes visant à protéger les droits des Ouïghours et des autres minorités musulmanes du Xinjiang, ainsi que ceux des Tibétains dans leurs régions ».
« Les droits humains sont plus populaires que le populisme »
Lors de ce tour d’horizon de l’actualité des droits humains dans le monde, le Haut-Commissaire s’est inquiété de « la crise économique de longue date » à Cuba, qui a été aggravée par les récentes restrictions américaines sur l’accès au carburant, poussant le pays « au bord de l’effondrement ». « Les enfants atteints de cancer meurent faute de médicaments et de traitements », a-t-il déploré.
Devant le Conseil des droits de l’homme, il a ensuite évoqué la situation des migrants et des populations vulnérables dans d’autres pays. Aux États-Unis, les agents de l’immigration et d’autres agents ont fait usage d’une force excessive lors d’opérations de grande envergure contre des migrants et des manifestants pacifiques, et ont abattu plusieurs personnes au cours de ces opérations.
La question des droits des migrants se retrouve également en Europe, avec des mesures qui pourraient limiter leur accès aux services essentiels.
Face à ces défis mondiaux, le HCDH lancera prochainement une Alliance mondiale pour les droits de l’homme, visant à canaliser l’engagement international.
Selon M. Türk, « les droits de l’homme sont plus populaires que le populisme » et constituent un garde-fou indispensable contre les abus de pouvoir, en protégeant l’État de droit pour « empêcher les puissants de faire tout ce qu’ils veulent ».
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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