« Nous sommes extrêmement préoccupés par l’aggravation de la crise socio-économique à Cuba, dans un contexte d’embargo financier et commercial qui dure depuis des décennies, de phénomènes météorologiques extrêmes et de récentes mesures américaines restreignant les livraisons de pétrole », a déclaré Marta Hurtado, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), lors d’une conférence de presse à Genève.

Selon le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, « des objectifs politiques » ne sauraient justifier des actions qui, en elles-mêmes, « violent les droits humains». D’autant que cette situation « a des répercussions de plus en plus graves sur les droits humains de la population cubaine ».

Mise en péril des services esssentiels

« Étant donné la dépendance des systèmes de santé, d’alimentation et d’approvisionnement en eau aux combustibles fossiles importés, la pénurie actuelle de pétrole met en péril la disponibilité des services essentiels » à Cuba, a souligné Mme Hurtado. 

Les unités de soins intensifs et les services d’urgence sont compromis, tout comme la production, la livraison et le stockage des vaccins, des produits sanguins et d’autres médicaments sensibles à la température.

Plus de 80 % des équipements de pompage d’eau dépendent de l’électricité, et les coupures de courant compromettent l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène. Selon l’ONU, la pénurie de carburant a perturbé le système de rationnement et le panier alimentaire de base réglementé.

Cela a également affecté les réseaux de protection sociale – cantines scolaires, maternités et maisons de retraite – les groupes les plus vulnérables étant touchés de manière disproportionnée. 

« L’accès aux biens et services essentiels, y compris à l’alimentation, à l’eau, aux médicaments, ainsi qu’à un approvisionnement suffisant en carburant et en électricité, doit toujours être garanti, car ils sont fondamentaux (…) pour le droit à la vie et la possibilité de jouir de nombreux autres droits », a-t-elle insisté.

Sanctions sectorielles

Le pays de 9,6 millions d’habitants est devenu très vulnérable depuis la fin de l’approvisionnement en or noir par le Venezuela.

Le Haut-Commissariat souligne également que les sanctions sectorielles engendrent des difficultés économiques et affaiblissent la capacité de l’État à remplir ses responsabilités fondamentales. « Cela accroît le risque de troubles sociaux à Cuba », a relevé Mme Hurtado.

« L’État, pour sa part, doit veiller à être prêt à réagir conformément au droit international des droits de l’homme, en étant attentif aux besoins des plus vulnérables et en donnant la priorité à la médiation, à la désescalade et à la protection des droits à la liberté de réunion pacifique et d’expression pour tous », a fait valoir le HCDH.

L’ouragan Melissa a frappé Cuba à la fin du mois d’octobre 2025, provoquant une dévastation massive à travers la nation insulaire.

L’appel de fonds sur l’ouragan Melissa financé à 23 %

En début de semaine, le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU avait exprimé sa préoccupation au sujet des « pénuries croissantes de carburant et leur impact sur la population » cubaine, notamment les perturbations dans l’approvisionnement en eau potable, les soins médicaux, l’alimentation et d’autres aides essentielles.

« L’ONU continue de suivre la situation dans le pays et travaille avec le gouvernement pour fournir davantage d’aide, notamment en matière d’alimentation, d’eau et d’assainissement, et de soins de santé », avait affirmé Stéphane Dujarric, porte-parole de l’ONU, lors d’un point presse régulier à New York.

En novembre 2025, les Nations Unies à Cuba ont lancé un plan d’action pour soutenir la réponse nationale à l’ouragan Melissa, qui a touché plus de deux millions de personnes, soit environ un habitant sur cinq dans tout le pays.

Ce plan vise principalement à aider les familles à se relever et à rétablir les services essentiels, tout en soutenant les efforts de reconstruction à long terme menés par les autorités nationales. Le plan d’action nécessite 74 millions de dollars, mais n’est actuellement financé qu’à hauteur de 23 %.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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