Coupures d’électricité, transports perturbés, difficultés d’accès à l’eau, aux soins et à l’alimentation se multiplient dans un pays fortement dépendant des importations d’énergie. Jeudi, le coordonnateur des Nations Unies sur place s’est inquiété ouvertement d’un risque humanitaire croissant.

« Les risques pour la vie des gens ne relèvent pas de la rhétorique », a averti Francisco Pichon, lors d’un point de presse de l’ONU à New York, auquel il participait depuis La Havane. L’île, où le pétrole conditionne la production d’électricité, les transports et une grande partie de l’activité économique, voit aujourd’hui ses services essentiels fragilisés.

Un isolement énergétique accentué

Depuis janvier, La Havane est confrontée à ce que la presse décrit comme une forme de blocus énergétique imposé par Washington, qui multiplie les interceptions de pétroliers dans la zone, les pressions sur les compagnies maritimes et les menaces commerciales visant les pays susceptibles de fournir du pétrole à Cuba. Déjà soumis à un embargo américain depuis les années 1960, le pays a en outre perdu l’essentiel de ses approvisionnements en provenance du Venezuela.

Pendant des années, Caracas avait assuré une grande partie des besoins énergétiques cubains dans le cadre d’une alliance politique étroite. Mais la prise de contrôle accrue des flux pétroliers du pays par l’administration Trump, suite à la capute début janvier du dirigeant venezuelien Nicolás Maduro par les forces américaines, a profondément modifié la donne. 

D’autres fournisseurs potentiels se montrent désormais prudents. Même le Mexique, devenu un relais temporaire, a selon la presse suspendu ses livraisons sous la pression de Washington.

Une crise aux effets très concrets

Sur le terrain, Francisco Pichon par le d’un « multiplicateur de vulnérabilités ». Plus de 84 % des systèmes de pompage d’eau dépendent selon lui de l’électricité, elle-même largement produite à partir de produits pétroliers. Les chaînes d’approvisionnement alimentaires sont perturbées, les transports ralentissent et certaines activités industrielles tournent au ralenti.

Les agences humanitaires s’inquiètent particulièrement des effets sanitaires. Environ cinq millions de Cubains vivent avec des maladies chroniques dépendantes d’équipements médicaux électriques. Chaque année, 20 000 nouveau-nés nécessitent incubateurs ou assistance respiratoire. « Nous sommes face à un stress humanitaire multidimensionnel alimenté par la pénurie d’énergie », a résumé M. Pichon, évoquant également une désorganisation croissante de la chaîne alimentaire « de la ferme à l’assiette ».

Même l’action humanitaire est affectée. Le responsable onusien indique que le transport de matériel vers certaines provinces devient difficile, parfois paralysé, tandis que les importations ralentissent et que les coûts augmentent.

Des tensions politiques persistantes

Dans ce climat déjà tendu, une fusillade maritime survenue mercredi entre gardes-frontières cubains et un bateau rapide immatriculé en Floride transportant des ressortissants cubains armés a ravivé les tensions entre La Havane et Washington. Les autorités cubaines évoquent une tentative d’infiltration hostile. Les États-Unis disent enquêter tout en niant toute implication officielle.

Pour l’heure, M. Pichon indique ne pas constater d’impact humanitaire direct lié à cet incident, mais appelle au respect du droit international.

Une urgence préventive

Face à la dégradation rapide de la situation sur le terrain, des initiatives diplomatiques émergent. Le Mexique a évoqué la possibilité de livraisons pétrolières accompagnant l’aide humanitaire, dans un cadre de négociation plus large. Pour le coordinateur de l’ONU, ces efforts restent essentiels : « La situation évolue rapidement et comporte un risque réel de souffrance humaine ».

Dans un pays où l’énergie conditionne l’accès à l’eau, à l’alimentation, à la santé et aux transports, la crise pétrolière dépasse désormais le cadre du bras de fer politique entre Washington et La Havane. Elle affecte directement la vie quotidienne des Cubains – et pourrait, si elle se prolonge, fragiliser la capacité de l’ONU à leur venir en aide.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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