S’exprimant à Vienne, le Directeur général de cette agence spécialisée des Nations Unies a appelé « toutes les parties à observer le maximum de retenue pour éviter une escalade supplémentaire ».
A l’ouverture d’une réunion extraordinaire de l’AIEA consacrée à l’Iran dans la capitale autrichienne, M. Grossi a noté qu’il n’y avait aucune indication que les installations nucléaires iraniennes, notamment la centrale nucléaire de Bushehr, le réacteur de recherche de Téhéran et d’autres installations du cycle du combustible nucléaire, aient été endommagées.
« Nous ne pouvons exclure la possibilité d’un rejet radiologique aux conséquences graves, pouvant nécessiter l’évacuation de zones aussi vastes, voire plus vastes, que des grandes villes », a-t-il ajouté, relevant que les niveaux de radiation étaient restés normaux dans les pays limitrophes de l’Iran depuis le début de la crise.
Craintes d’un incident nucléaire
Cette réunion extraordinaire, convoquée à l’initiative de la Russie, a précédé une réunion ordinaire du conseil des gouverneurs de l’AIEA, où 35 pays sont représentés.
« Les efforts pour contacter les autorités de régulation nucléaire iraniennes continuent, sans réponse à ce stade », a souligné M. Grossi, espérant que « ce canal de communication indispensable pourra être rétabli dès que possible ».
L’AIEA insiste sur l’importance de rétablir rapidement le dialogue, afin de mieux prévenir tout risque pour les installations nucléaires dans une région déjà fragilisée. D’autant que « l’Iran et de nombreux autres pays dans la région faisant l’objet d’attaques militaires ont des centrales nucléaires et des réacteurs de recherche nucléaire opérationnels, ainsi que des sites associés de stockage de combustible, ce qui augmente la menace à la sécurité nucléaire ».
« Nous appelons donc à la plus grande retenue dans toutes les opérations militaires », a insisté M. Grossi.
Face à ces risques accrus, l’AIEA réaffirme son rôle de surveillance et de conseil, soulignant l’importance de la vigilance et de la coopération internationale pour prévenir toute conséquence nucléaire. « Nous rendrons compte de toute conséquence radiologique des activités militaires actuelles et nous sommes prêts à conseiller et à soutenir nos États membres en cas d’impact sur la sûreté et la sécurité nucléaires », a conclu M. Grossi.
Inquiétudes du Conseil des droits de l’homme
Pendant ce temps, au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, l’inquiétude face à l’escalade militaire au Moyen-Orient a dominé les interventions de la 61e session, ce lundi.
Alors que les États du Golfe touchés par les frappes de représailles iraniennes ont condamné les attaques contre leur souveraineté, d’autres États ont alerté sur une spirale de violences susceptible de déstabiliser durablement la région.
S’adressant au principal forum de l’ONU sur les droits humains, la délégation des Émirats arabes unis a qualifié de « lâche » l’attaque de Téhéran, qui constitue « une violation flagrante » de leur souveraineté.
Faisant écho à ces commentaires, le représentant du Koweït a condamné les attaques de missiles iraniennes et affirmé son droit à défendre son territoire et son peuple. L’Ambassadeur Naser Abdullah H. M. Alhayen appelé l’Iran à cesser toute action hostile, exhortant la communauté internationale à œuvrer à la désescalade.
Même tonalité du côté de l’Ambassadrice du Qatar. Hend Abdalrahman Al-Muftah a dénoncé un « acte d’agression injustifié », menaçant la paix régionale et les droits fondamentaux, et appelé à un retour aux négociations.
Ces déclarations reflètent une inquiétude régionale plus large, où plusieurs pays expriment leur préoccupation face à l’escalade et aux conséquences humanitaires du conflit. L’Égypte a dit partager la « profonde inquiétude » exprimée par le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme face à l’usage croissant de la force. L’ambassadeur Alaa Hegazy a mis en garde contre une extension du conflit, menaçant la sécurité et la stabilité régionales, et condamné les attaques visant « plusieurs pays arabes frères ».
En réponse, l’Iran s’est dit victime d’« attaques militaires aveugles et intrusives » menées par les États-Unis et Israël. Répondant aux informations selon lesquelles une école primaire aurait été touchée samedi à Minab, dans le sud de l’Iran, l’ambassadeur Ali Bahreini a déclaré que « plus de 160 écolières avaient été tuées ». Dénonçant une « agression militaire illégale », il a affirmé que la véritable autorité internationale repose sur le respect du droit et la protection des civils.
Exode de populations au Liban
Au troisième jour de l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran, l’armée israélienne continuait de mener lundi des frappes « à grande échelle » sur Téhéran et a visé également le Hezbollah, qui a pour la première fois dans le conflit attaqué Israël depuis le Liban.
Selon les rapports des médias, plusieurs explosions ont été entendues lundi à l’aube à Jérusalem, où les sirènes ont retenti après l’annonce par l’armée de tirs de missiles iraniens en direction d’Israël.
Cette escalade marque une nouvelle étape dans le conflit, illustrant la propagation des affrontements depuis le nord d’Israël vers le territoire libanais. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre en menant, dans la nuit de dimanche à lundi à 1h, pour la première fois depuis le cessez-le-feu conclu en novembre 2024, une attaque sur un site militaire dans le sud de Haïfa. L’armée israélienne a répliqué, annonçant frapper des cibles du Hezbollah « à travers le Liban ».
Les représailles israéliennes ont rapidement eu des conséquences humanitaires, touchant directement les populations civiles et provoquant des mouvements de populations. Selon des rapports des médias et des photos partagées sur les réseaux sociaux, des frappes israéliennes ont provoqué le déplacement massif de familles à Beyrouth et Saïda, au Liban.
Dans les banlieues sud de Beyrouth et les villages frontaliers, habitants fuient les zones touchées, transportant leurs biens, tandis que la circulation est fortement perturbée.
Plusieurs établissements scolaires à travers Beyrouth et dans le Sud ont ouvert leurs portes et se tiennent prêts à accueillir les personnes déplacées fuyant les attaques israéliennes.
Ces initiatives locales sont relayées par l’ONU, qui recense les abris et centres encore disponibles pour accueillir les populations déplacées. Sur son compte X, le bureau de l’ONU au Liban a partagé les mesures de sécurité mises en place par les autorités libanaises, indiquant les centres d’hébergement encore disponibles à Beyrouth, ainsi que les abris dans le district de Hasbaya et le gouvernorat du Mont-Liban.
Le HCR inquiet des répercussions sur les civils
Dans ce contexte, les agences onusiennes soulignent également les conséquences humanitaires potentielles de l’escalade au Moyen-Orient. C’est le cas du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), qui s’est dit « profondément préoccupé » par les « répercussions » du conflit sur les civils et les nouveaux déplacements de population dans la région.
Selon le HCR, de nombreux pays touchés accueillent déjà des millions de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays.
« La poursuite des violences risque de submerger les capacités humanitaires et d’exercer une pression supplémentaire sur les communautés d’accueil », a souligné l’agence onusienne, tout en faisant écho de l’appel du Secrétaire général de l’ONU en faveur du dialogue et de la désescalade, mais aussi de la protection des civils et du plein respect du droit international.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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