Ces années ont été marquées par d’innombrables épreuves pour les Ukrainiens. La génération plus âgée se souvient encore des échos de la précédente, la Seconde guerre mondiale, elle aussi marquée par les bombardements, mais le conflit actuel dure depuis plus longtemps.

La tragédie ukrainienne est vécue différemment selon les individus : certains ont perdu des êtres chers, d’autres ont vu leur maison bombardée. En raison des hostilités en cours, beaucoup sont incapables de rentrer chez eux depuis l’étranger.

Une mère et sa fille passent devant un bâtiment industriel fortement endommagé à Kiev après une attaque nocturne.

Rêve d’un avenir paisible

Kherson, capitale régionale située en première ligne du conflit, a changé de mains à deux reprises. Les sirènes d’alerte aux bombardements retentissent presque quotidiennement dans toute la ville. Les écoles et les crèches étant fermées, les parents emmènent leurs enfants dans des abris souterrains où ils peuvent interagir en toute sécurité avec leurs camarades, poursuivre leurs études, jouer ou simplement se mettre au chaud.

Victoria et sa fille de cinq ans, Myroslava, se rendent chaque jour dans l’un de ces centres. Elle raconte avoir tenté à deux reprises de quitter Kherson pour Mykolaïv, mais être revenue à chaque fois : « Malgré toutes les difficultés, c’est plus facile à la maison ».

Victoria travaille à temps partiel en ligne et perçoit des aides sociales ; son mari travaille également. Des organisations humanitaires fournissent à la famille des produits de première nécessité. Cette aide financière leur permet de survivre, au sens propre du terme. « C’est très précieux, et je suis reconnaissante de ce soutien », dit-elle.

Victoria, de son propre aveu, est très en colère contre les responsables politiques : « Personne ne veut mettre fin à la guerre ; cela ne les intéresse pas ».

Son rêve le plus cher est un avenir paisible pour sa fille. « Un avenir paisible, tout simplement », insiste-t-elle. « S’il y a une explosion, ce ne seront pas des bombes, mais des feux d’artifice ».

© UNICEF/Oleksii Filippov

Des civils passent devant un bâtiment endommagé par la guerre en Ukraine.

Un hiver impitoyable

Le chauffage central étant pratiquement hors service à Kherson, la famille de Victoria utilise un radiateur d’appoint pour se réchauffer. « Mais il fait à peine chaud », ajoute-t-elle.

Le froid mordant, auquel il est souvent difficile d’échapper, est un problème généralisé. Cet hiver est particulièrement rigoureux en Ukraine. Les températures sont descendues en dessous de -20 °C et les attaques contre les infrastructures énergétiques ont privé des centaines de milliers de personnes de chauffage et d’électricité. Dans les zones les plus touchées, la population signale une pénurie chronique de générateurs et de matériel de réparation.

« Les enfants ne peuvent pas quitter leurs appartements », a déclaré à ONU Info Kenan Madi, chef des opérations de terrain du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) dans le pays. « Mais même à l’intérieur de leurs appartements, la température descend à deux ou trois degrés Celsius, et il n’y a pas de chauffage. Cela représente un grave risque pour leur santé ».

© UNIC/Maria Shaposhnikova

Des pompiers impectent un bâtiment endommagé en Ukraine.

Des statistiques alarmantes

Dans le contexte d’un hiver rigoureux, ces statistiques sont alarmantes. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), fin 2025, 55 600 victimes civiles de la guerre étaient confirmées, dont 13 883 décès. Le nombre réel de victimes est probablement bien plus élevé, l’accès à de nombreuses zones de front et occupées étant impossible.

La situation des enfants demeure particulièrement inquiètante. Selon l’UNICEF, plus de 3 200 enfants ont été tués ou blessés depuis février 2022, et le nombre de victimes infantiles a augmenté de 10 % en 2025 par rapport à l’année précédente. C’est la troisième année consécutive que l’ONU enregistre une hausse du nombre d’enfants victimes.

En janvier 2026, 3,7 millions d’Ukrainiens étaient déplacés internes. Plus de 4,4 millions de personnes ayant fui leur foyer depuis février 2022 sont rentrées chez elles, dont plus d’un million arrivées de l’étranger. Cependant, toutes celles qui ont franchi la frontière n’ont pas pu regagner leur domicile : 372 000 personnes demeurent déplacées internes.

© IOM/Viktoriia Zhabokrytska

Des travailleurs humanitaires devant un bâtiment endommagé par la guerre en Ukraine.

À la veille du quatrième anniversaire du début de la guerre, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a réaffirmé que les attaques contre les infrastructures civiles sont interdites par le droit international humanitaire. « J’appelle la Fédération de Russie à cesser immédiatement ces attaques », a déclaré Volker Türk.

Menace mortelle pour les plus vulnérables

Les coupures de courant prolongées constituent une menace mortelle pour les plus vulnérables : les personnes âgées, les personnes handicapées et celles souffrant de maladies chroniques. Les conséquences psychosociales de la crise énergétique sont tout aussi graves : l’obscurité, l’isolement et l’incertitude constante épuisent même les plus résilients.

« Est-ce cela, la vie ? On ne peut pas appeler ça la vie quand on entend des tirs tous les jours », s’exclame Olena, 80 ans, qui se rend régulièrement au centre humanitaire des Nations Unies à Kherson pour recevoir de l’aide. « Il y a un an, j’ai enterré mon fils et sa femme. La maison est détruite, tout est détruit. C’est quoi cette vie ? »

Elle explique que sans l’aide humanitaire, beaucoup ici n’auraient pas survécu : « La pension est faible. Comment allons-nous vivre ? Mon fils est mort, les autres sont partis… Ils nous donnent même à manger. Ils nous donnent du pain, des médicaments. Dieu les bénisse pour leur aide ! »

Le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies en Ukraine, Matthias Schmale, parcourt régulièrement les régions. La lassitude de la population face à la situation actuelle s’accroît sensiblement, et cela, dit-il, est compréhensible.

« Je rencontre des gens qui admettent être épuisés, mais qui ne comptent pas baisser les bras », affirme-t-il. « Respectons leur détermination ».

Le plus important, poursuit le haut responsable des Nations Unies, est que la cinquième année de guerre apporte enfin au peuple ukrainien la fin tant attendue de ses souffrances.

« Il faut une paix durable », ajoute-t-il. « Une paix pérenne, dans la dignité ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).

To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).

Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.