« Nous entrons dans une nouvelle ère de risques climatiques », a averti le chef de l’ONU lors d’un forum sur le financement du climat et du développement. Face à l’intensification des vagues de chaleur, des sécheresses, des inondations et de la montée du niveau des mers, l’adaptation n’est plus une préparation à une crise future : elle est devenue une urgence immédiate.
Le Secrétaire général a rappelé que les 11 dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), et que les conséquences du réchauffement sont déjà visibles. Les récifs coralliens sont menacés, affectant les moyens de subsistance d’au moins 300 millions de personnes, tandis que la fonte accélérée des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique occidental pourrait transformer durablement les littoraux du monde.
Le dépassement de 1,5 degré n’est « pas un simple détour », a-t-il insisté. « Même si les températures finissent par baisser, certains dégâts pourraient s’avérer irréversibles ». Il a appelé à maintenir cette période de dépassement aussi « courte et limitée » que possible grâce à une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre au cours de cette décennie et à une sortie accélérée des combustibles fossiles.
Des agriculteurs dans une rizière au Mali.
Tripler les financements
Mais pour y parvenir, le financement reste le principal obstacle. António Guterres a dénoncé une adaptation « politiquement sous-évaluée et chroniquement sous-financée », alors que les pays les plus vulnérables – souvent ceux qui ont le moins contribué à la crise climatique – font face aux coûts les plus élevés.
Il a appelé les pays développés à tripler les financements consacrés à l’adaptation, à renforcer les fonds climatiques multilatéraux et à privilégier des financements prévisibles, notamment sous forme de subventions, pour les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement.
Le Secrétaire général de ONU, António Guterres, s’adresse au Forum sur le financement du climat et du développement à Londres.
Le chef de l’ONU a également exhorté les banques multilatérales de développement à utiliser davantage leur capacité de prêt et à mobiliser des investissements privés grâce à des mécanismes comme les garanties, le financement mixte ou les financements en monnaie locale.
« Les pollueurs doivent payer », a-t-il déclaré, appelant les gouvernements à taxer les profits exceptionnels des entreprises de combustibles fossiles afin de financer l’adaptation et les pertes et dommages liés au climat.
Le méthane, super polluant
Lors d’une autre intervention à Londres, mercredi, António Guterres a placé le méthane au cœur de l’action climatique.
« Le méthane est le super polluant par excellence », a-t-il déclaré, rappelant que ce gaz invisible et inodore est responsable d’environ un tiers du réchauffement actuel, mais qu’il disparaît beaucoup plus rapidement de l’atmosphère que le dioxyde de carbone.
« Réduire le méthane est le frein le plus rapide que nous pouvons actionner sur une planète qui se réchauffe », a-t-il souligné.
Le Secrétaire général a présenté son Appel mondial à l’action sur le méthane, qui vise trois secteurs prioritaires : l’agriculture, les déchets et surtout l’industrie des combustibles fossiles.
Dans ce secteur, le potentiel de réduction est considérable. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), environ 70 % des émissions de méthane liées au pétrole et au gaz pourraient être supprimées grâce aux technologies existantes, souvent à faible coût.
Le chef de l’ONU a appelé les gouvernements et les entreprises à détecter et réparer toutes les fuites, éliminer le torchage systématique du gaz et rendre les émissions « mesurables, déclarables et vérifiables ».
Il a également souligné que plus de 70 % du potentiel mondial de réduction du méthane se trouve dans les pays du G20, en particulier dans le secteur des combustibles fossiles.
« L’époque de l’action volontaire est révolue », a-t-il affirmé, appelant à des règles claires et à des normes mondiales fondées sur la science.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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