Cette recommandation figure dans le dernier rapport sur l’évolution des émissions mondiales de gaz à effet de serre publié mercredi par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Elle décrit un scénario de dépassement « le plus faible possible », dans lequel le pic de réchauffement, prévu vers le milieu du siècle, serait limité à 1,7-1,8 °C.

Pour y parvenir, il faut réduire les émissions de 18 % d’ici la fin de la décennie, de 45 % d’ici 2035 et de 69 % cinq ans plus tard, par rapport aux niveaux de 2025.

Ce n’est pas une capitulation

« Dépasser ne signifie pas capituler, a déclaré Antonio Guterres dans un message vidéo diffusé aux médias. Nous pouvons encore faire en sorte que [ce dépassement] soit aussi limité et aussi bref que possible – et ramener les températures en dessous de 1,5 degré d’ici la fin du siècle », a assuré le secrétaire général de l’ONU qui laissera son poste en fin d’année, après dix années à marteler la gravité de la crise climatique.

Le document fait valoir qu’il existe plus d’opportunités que jamais pour intensifier l’action.

Depuis l’adoption de l’Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique, qui a fixé l’objectif de 1,5 degré, les énergies renouvelables ont connu un essor fulgurant, l’approvisionnement énergétique total issu du charbon et du pétrole a augmenté plus lentement que prévu et les politiques climatiques ont permis de réduire les émissions dans de nombreux endroits.

La directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen, s’est montrée très claire quant au coût de l’inaction.

« Chaque fraction de degré supplémentaire et chaque année supplémentaire de réchauffement au-delà de 1,5 °C aggravent les impacts et les risques climatiques, tels que les inondations meurtrières, les vagues de chaleur et les feux de forêt qui ont ravagé de nombreux pays cette année », a-t-elle affirmé. « Nous devons donc tout mettre en œuvre pour limiter au maximum le pic de réchauffement et revenir à 1,5 °C d’ici la fin du siècle », a-t-elle ajouté, soulignant que « c’est possible ».

Une planète plus chaude, des conséquences plus graves

Si les politiques actuelles se poursuivent, le réchauffement pourrait atteindre 2,8 °C au cours de ce siècle et continuer à augmenter par la suite, prévient le rapport.

En vertu de l’Accord de Paris, les pays sont tenus de présenter des Contributions déterminées au niveau national (CDN), et même si tous sont mis en œuvre et que des efforts similaires se poursuivent, le réchauffement sera limité à 2,6 °C.

Ces résultats sont moins bons que les projections de l’année dernière, indique le rapport, en raison du retrait des États-Unis de l’accord sur le climat et de la révision des estimations des émissions historiques.

Par ailleurs, les nouvelles CDN soumises depuis le dernier rapport sur les émissions n’ont pratiquement pas changé la donne.

Pourtant, il est possible de revenir à un réchauffement inférieur ou égal à 1,5 °C, d’autant plus que les données montrent de plus en plus clairement comment les politiques climatiques ont permis de réduire les émissions.

Passer à l’action

Le rapport appelle à accélérer la mise en œuvre des objectifs définis lors du tout premier « Bilan mondial » – un processus mené de 2021 à 2023 pour évaluer les progrès collectifs accomplis dans la réalisation de l’Accord de Paris.

Parmi ceux-ci figurent :

•   Tripler la capacité des énergies renouvelables et doubler le taux annuel d’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici 2030

•   S’affranchir des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques

•   Réduire les émissions autres que le CO₂ (dioxyde de carbone)

•   Enrayer et inverser la déforestation et la dégradation des forêts

Cependant, les progrès réalisés pour la plupart de ces objectifs restent insuffisants.

Ce deuxième bilan mondial – qui débutera le mois prochain lors de la COP31, la conférence des Nations Unies sur le climat à Antalya, en Turquie – peut s’appuyer sur ces résultats en réaffirmant les domaines d’action prioritaires en matière d’atténuation, en prolongeant les objectifs chiffrés jusqu’en 2035 et 2040, et en rendant les domaines d’action existants plus concrets grâce à des cibles plus claires et, dans la mesure du possible, chiffrées.

Le rapport définit des repères qui devraient être atteints pour rester en cohérence avec le scénario de dépassement le plus faible.

Par exemple, prolonger l’objectif de transition hors des énergies fossiles nécessiterait de réduire la part du charbon, du pétrole et du gaz dans l’approvisionnement énergétique total d’au moins 55 %, 15 % et 5 % respectivement d’ici 2035, par rapport aux chiffres de 2025.

Des réductions d’au moins 75 %, 30 % et 35 % seraient nécessaires en 2040.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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