Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale s’est dit profondément préoccupé par les graves abus à l’encontre des Peuls au Burkina Faso.

« Ces violations seraient souvent perpétrées par des forces armées nationales, des forces de sécurité intérieure et de leurs auxiliaires, notamment les Volontaires pour la défense de la Patrie, ainsi que par des groupes armés non étatiques », a détaillé le Comité dans un document sur les observations finales relatives sur le rapport présenté par Ouagadougou les 22 et 23 avril dernier à Genève. 

Les experts indépendants se sont en outre inquiétés du « profilage ethnique » visant les Peuls par les forces de défense et de sécurité, les Volontaires pour la défense de la Patrie, ainsi que par des membres de la Brigade civique pour l’ordre et la discipline (dénommée « Brigade Laabal »).

Le Comité s’inquiète que ces violations graves de droits de l’homme à l’encontre des Peuls soient souvent liés à leur association alléguée aux groupes terroristes.

Climat de haine et profilage ethnique

Cette stigmatisation s’accompagne d’un climat de haine et de discours discriminatoires, qui se traduisent par des appels à la violence et des messages incitant aux crimes contre les Peuls, notamment sur les réseaux sociaux. Le Comité pointe du doigt ces messages diffusés sur les réseaux sociaux, appelant notamment « à commettre des actes criminels, y compris des meurtres, à l’encontre des membres de ce groupe, ce qui contribuerait à la survenance des attaques à caractère raciste et des crimes de haine ». 

Ces discours haineux et ces incitations à la violence soulignent l’urgence d’une réaction de l’État pour prévenir de nouvelles violations.

Le Comité appelle donc Ouagadougou à ouvrir immédiatement des enquêtes approfondies, indépendantes et impartiales sur toutes les violations attribuées aux forces de défense et de sécurité ainsi qu’à leurs auxiliaires. Il insiste pour que les responsables soient poursuivis, jugés et sanctionnés de manière appropriée.

Au-delà de la répression, le Comité insiste également sur la nécessité de mesures légales et préventives pour éviter toute discrimination ethnique ou raciale. Il recommande à l’État burkinabè d’inscrire clairement dans sa législation l’interdiction du profilage racial ou ethnique, avec une définition conforme aux normes internationales. 

Le Comité souligne l’importance de directives opérationnelles précises et contraignantes à destination de la police et des forces de l’ordre, afin de prévenir tout profilage lors des contrôles d’identité, des interventions de maintien de l’ordre ou des opérations militaires et sécuritaires.

Ouagadougou rejette les accusations

La publication de ces observations finales et recommandations du Comité interviennent alors que le Burkina Faso se défend face aux accusations, affirmant que ses opérations de sécurité respectent le droit et ne ciblent aucune communauté.

Selon la Représentante permanente du Burkina Faso auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, la lutte contre le terrorisme n’est dirigée contre aucune communauté. « Elle est conduite dans le strict respect des lois nationales et des engagements internationaux du Burkina Faso en matière de droits humains », avait déclaré l’Ambassadrice Sabine Bakyono Kanzie.

Elle avait également contesté les allégations de profilage ethnique, estimant qu’elles ne reflètent pas la réalité. Pour Ouagadougou, les opérations de sécurité sont menées sans discrimination et dans le respect des droits humains. 

La délégation du Burkina Faso a souligné l’existence de mécanismes de plainte, de dispositifs de police de proximité et de modules de formation des forces de défense et de sécurité visant à prévenir toute stigmatisation. Elle a également souligné que cette diversité se reflète au plus haut niveau de l’État et des forces de défense, confirmant la présence de représentants de différentes communautés, y compris les Peuls.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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