À l’approche des trois ans de conflit, le temps qui passe est devenu un indicateur de l’ampleur des destructions infligées à cette nation du nord-est de l’Afrique. « Trop de jours de famine, de vies déracinées et détruites, et des femmes et des filles soumises à des violences sexuelles terrifiantes », a déclaré M. Fletcher à Washington, lors d’un événement consacré à la mobilisation de fonds et à la recherche d’une trêve humanitaire au Soudan.

Une guerre née d’une rupture au sommet de l’État

Le conflit soudanais a éclaté le 15 avril 2023, lorsque la fragile alliance issue de la chute du dictateur Omar el-Béchir a volé en éclats. Le général Abdel Fattah al-Burhane, à la tête de l’armée nationale, est entré en conflit avec son ancien allié, le général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemetti », chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). 

Depuis, les combats entre les deux camps ont transformé la capitale, Khartoum, et de vastes régions du pays en champs de bataille, provoquant l’effondrement de l’État et l’une des pires crises humanitaires contemporaines.

Les déplacements de population continuent de s’aggraver dans les zones de conflit.

Les déplacements continuent

Face à cet engrenage, a rappelé M. Fletcher, l’ONU estime que « les armes doivent se taire et une voie vers la paix doit être tracée ». Un appel politique autant qu’un constat d’urgence, alors que les combats continuent de fragmenter le territoire et de désagréger les structures les plus élémentaires de la société.

Sur le terrain, la spirale humanitaire ne faiblit pas. Dans l’État soudanais du Kordofan méridional, dans le sud du pays, une mission récente du bureau onusien des affaires humanitaires (OCHA) a constaté que plus de 10 000 personnes déplacées vivent dans des camps frappés par des pénuries critiques : nourriture, soins de santé, eau, assainissement, abris, éducation.

La plupart ont fui l’insécurité et la faim à Kadugli, la capitale de l’État, ou à Dilling. D’autres arrivent du Kordofan occidental et du Darfour oriental, à l’ouest, parfois après un long détour par le Soudan du Sud, au terme de trajets dangereux marqués par les vols, les détentions arbitraires et les séparations familiales.

Dans le Darfour du Nord, plus de mille personnes ont afflué ces derniers jours vers la localité de Tawila, selon l’OCHA. Là encore, les mêmes manques : nourriture insuffisante, absence de services de santé, pénurie d’articles de première nécessité. Des repas chauds sont distribués par des cuisines communautaires, mais l’essentiel fait défaut. Les déplacements se poursuivent également dans les États du Darfour oriental et du Nil Bleu, dans le sud-est, dessinant une géographie mouvante de la détresse.

Après des mois de déplacement, des familles retournent dans leurs communautés au Soudan, où elles constatent souvent que leurs maisons sont endommagées et que les services sont limités.

Des besoins colossaux

Dans ce contexte, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué mardi que l’organisation soutenait les efforts diplomatiques du « Quad » — États-Unis, Égypte, Arabie saoudite et Émirats arabes unis — pour tenter d’arracher une trêve humanitaire.

L’objectif : faire taire les armes dans des zones clés, les démilitariser, et permettre une montée en puissance rapide de l’aide vitale à l’échelle du pays. Une ambition fragile, suspendue à la volonté des belligérants et à la capacité de la communauté internationale à suivre.

Car les besoins explosent, tandis que les ressources s’épuisent. Le plan de réponse humanitaire de l’ONU pour cette année demande 2,9 milliards de dollars afin de venir en aide à plus de 20 millions de personnes. Sans cet effort financier, préviennent les agences, la crise soudanaise — déjà l’une des plus graves au monde — continuera de s’enfoncer dans la durée.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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