Sans financements durables pour les accompagner, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) prévient que ce phénomène pourrait n’être qu’une étape de plus dans le cycle du déplacement. « Ces retours témoignent de la résilience et de la détermination des familles soudanaises qui veulent reconstruire leur vie chez elles, » souligne la directrice générale de l’agence onusienne, Amy Pope.
Mais l’élan se heurte au réel. « Rentrer chez soi ne signifie pas retrouver la sécurité ou la stabilité. De nombreuses familles arrivent dans des maisons détruites, avec des services limités et des avenirs incertains, et sans soutien prévisible, le retour risque de devenir un nouveau chapitre de difficultés plutôt qu’un chemin vers la reprise », ajoute-t-elle.
Des poches de retour, un pays fracturé
La dynamique est inégale. Les retours se concentrent d’abord dans l’État de Khartoum, du nom de la capitale soudanaise, dans le centre du pays, qui a vu revenir plus de 1,3 million de personnes. L’État voisin d’Al Jazirah a également recensé de nombreux retours. La grande majorité – 83 % – provient de déplacements internes ; 17 % rentrent de pays voisins comme l’Égypte, le Soudan du Sud ou la Libye, ainsi que des États du Golfe.
Après bientôt trois ans d’une guerre civile sans merci opposant les forces armées soudanaises aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), l’OIM estime que près d’un Soudanais sur trois a été déplacé, soit plus de 15 millions de personnes. Derrière chaque chiffre se cache une famille qui lutte pour survivre.
Mais les retours sont le signe que certaines zones du pays sont perçues comme relativement plus sûres. Mais la sécurité perçue ne répare ni les toits ni les écoles.
Selon l’agence, les besoins sont de grande ampleur. Logements à reconstruire, réseaux d’eau à remettre en service, centres de santé et établissements scolaires à rouvrir : la liste est longue, l’urgence palpable. L’agence insiste sur des conditions de vie dignes, l’accès aux services et la protection, alors que beaucoup rentrent les mains vides, sans perspectives.
Darfour et Kordofan : l’exil continue
Dans l’ouest du pays, en revanche, c’est tout juste l’inverse qui est en train de se produire. Au Darfour et au Kordofan, la violence continue de chasser les habitants par milliers. La prise fin octobre par les FSR de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour du Nord, est à elle seule responsable de plus de 1,2 million de déplacés – 13 % du total national.
Les camps environnants, notamment ceux de Zamzam et Abu Shouk, se vident sous la contrainte, grossissant encore la masse de familles en errance.
Une crise mondiale, au long cours
Depuis le déclenchement du conflit en avril 2023, le Soudan est devenu la plus grande crise de déplacement au monde. Plus de la moitié des personnes déplacées vivent désormais en milieu urbain, où les services déjà exsangues et les communautés d’accueil ploient sous la pression. La planification humanitaire tente d’anticiper ces flux mêlés – retours fragiles ici, fuites renouvelées là – mais le temps manque et les ressources aussi.
Sans financements humanitaires soutenus, avertit l’OIM, les besoins immédiats des retournés et des communautés affectées resteront béants, et les solutions durables hors de portée. Faute d’un sursaut et d’un horizon de paix, des millions de familles soudanaises risquent de demeurer prisonnières d’un entre-deux permanent : ni exil, ni retour – seulement l’instabilité.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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