Sans établir de parallèle direct, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) appelle à la vigilance et à la reddition des comptes pour éviter que l’histoire ne bégaie.

Lors d’une session au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies consacrée au conflit au Soudan, à Genève, le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a alerté sur les risques d’une répétition de cette vague de violence intense, au cours de laquelle des milliers de personnes ont été tuées en quelques jours et des dizaines de milliers d’autres ont fui, terrifiées. 

Si les Forces armées soudanaises (FAS) et leurs alliés ont levé les sièges de Kadugli et Dilling, deux villes du Kordofan du Sud, au cours des deux dernières semaines, les frappes de drones se poursuivent de part et d’autre, faisant « des dizaines de morts et de blessés parmi les civils ». 

« Ces derniers sont exposés à des exécutions sommaires, à des violences sexuelles, à des détentions arbitraires et à la séparation de leur famille », a dit aux Etats membres, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk.

Selon les documents recueillis par le HCDH, en un peu plus de deux semaines, jusqu’au 6 février, quelque 90 civils ont été tués et 142 blessés lors de frappes de drones menées par les FAS et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Des personnes ayant récemment fui les combats à El Fasher et dans les zones environnantes attendent de l’aide à Tawila, dans l’État du Darfour du Nord, à l’ouest du Soudan.

Des survivants racontent l’horreur d’El Fasher

Ces frappes ont touché un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM), des marchés, des établissements de santé et des quartiers résidentiels dans le sud et le nord du Kordofan. 

Ces violences au Kordofan ravivent, au sein du Conseil des droits de l’homme, le souvenir encore brûlant de la tragédie d’El Fasher. Si les contextes diffèrent, le HCDH inscrit son alerte actuelle dans la continuité d’un drame récent, dont les cicatrices restent béantes.

Depuis sa dernière prise de parole sur El Fasher, le Haut-Commissaire s’est rendu sur le terrain pour recueillir les récits de survivants de l’offensive finale. Ses équipes ont interrogé plus de 140 victimes et témoins dans l’État du Nord et dans l’est du Tchad.

« Ils ont tous fait état de massacres et d’exécutions sommaires de civils et de personnes qui ne participaient plus aux hostilités, tant à l’intérieur de la ville que parmi les personnes qui fuyaient. Ils ont parlé de viols et d’autres violences sexuelles, de tortures et de mauvais traitements, de détentions, de disparitions et d’enlèvements contre rançon », a décrit M. Türk.

Dans un exemple particulièrement horrible, des personnes qui avaient fui vers des endroits distants de plusieurs milliers de kilomètres ont toutes donné des témoignages concordants sur le massacre de centaines de personnes qui s’étaient réfugiées à l’université d’El Fasher. D’autres ont fait état d’attaques contre des établissements de santé et des professionnels de santé.

Des personnes qui ont fui les combats à El Fasher ont installé des camps à Tawila.

Violences ethniques et sexuelles

Ces récits, recueillis auprès de survivants dispersés à travers la région, dessinent un même tableau de violences extrêmes. Au fil des témoignages concordants, la description des massacres d’El Fasher s’élargit à d’autres exactions, ciblant à la fois les civils, les structures de santé et, selon plusieurs rescapés, des groupes visés pour leur appartenance ethnique.

« Nous avons entendu des témoignages convaincants selon lesquels certaines victimes ont été prises pour cible en raison de leur appartenance ethnique non arabe, en particulier les membres de l’ethnie Zaghawa. Des survivants ont également déclaré avoir vu des piles de cadavres le long des routes menant à El Fasher, dans un décor apocalyptique qu’une personne a comparé au Jour du Jugement dernier », a déclaré M. Türk.

A ces scènes de massacres et de persécutions ethniques s’ajoute un autre volet des exactions documentées par l’ONU : l’usage systématique des violences sexuelles comme arme de guerre. Des survivantes ont ainsi livré « des témoignages concordants et poignants sur des viols collectifs et d’autres violences sexuelles commis à l’encontre de femmes et de filles ».

Un char détruit dans une rue de Khartoum.

L’ONU réclame un contrôle total des armes

Ces violences s’inscrivent dans un climat de haine soigneusement attisé, où la rhétorique des dirigeants légitime les atrocités et enflamme les fractures ethniques.

Près de trois ans après le début de la guerre entre factions militaires rivales, le HCDH rappelle que les discours haineux sont souvent le catalyseur de violences à caractère ethnique. « Les dirigeants utilisent une rhétorique déshumanisante à l’encontre de certaines communautés pour justifier des atrocités, mobiliser des combattants et approfondir les divisions ». 

Dans ce contexte de haine et de violences, l’ONU presse la communauté internationale d’agir, à commencer par un contrôle strict des armes et un embargo étendu sur le Soudan. Il s’agit d’étendre l’embargo sur les armes au Darfour à l’ensemble du Soudan. 

« Tous les États influents doivent faire tout leur possible pour promouvoir les efforts de médiation locaux, régionaux et internationaux, et pour faire pression sur ceux qui tirent profit de cette guerre absurde », a insisté le chef des droits de l’homme de l’ONU.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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