Selon l’agence onusienne, plus d’une trentaine de districts des provinces de Nangarhar, Nuristan, Kunar, Laghman, Paktika, Paktya, Khost, Kandahar et Helmand ont été touchés ces derniers jours par des violences transfrontalières et des frappes aériennes ou terrestres. Les restrictions de circulation imposées par les combats entravent l’accès humanitaire et compromettent l’acheminement d’une aide vitale, notamment pour les Afghans de retour du Pakistan.

Dans ces zones, le PAM a dû suspendre temporairement ses activités d’urgence, ses programmes de protection sociale, d’alimentation scolaire et de soutien aux moyens de subsistance. Environ 160 000 personnes ont été affectées par l’arrêt des distributions alimentaires, alors même que plusieurs provinces concernées enregistrent des niveaux critiques de malnutrition aiguë.

Provinces fragilisées, financements en chute

Certaines des régions frappées, comme les provinces montagneuses de Kunar et de Nangarhar, , dans l’est du pays, avaient déjà été dévastées par un séisme, le 31 août dernier. Depuis Bangkok, le représentant du PAM en Afghanistan, John Aylieff, a souligné mardi que ces territoires, déjà marqués par une grave insécurité alimentaire, se retrouvent à nouveau en première ligne. « Les niveaux de malnutrition aiguë restent critiques, plongeant les familles dans une crise de plus en plus désastreuse », a-t-il affirmé.

À la crise sécuritaire s’ajoute une crise budgétaire. Lors de son opération hivernale, le PAM n’a pu atteindre qu’une fraction des personnes dans le besoin. À partir d’avril 2026, les financements d’urgence seront épuisés. « Nos besoins de financement pour les six prochains mois s’élèvent à 313 millions de dollars américains », a insisté M. Aylieff. 

Avec les ressources actuelles, l’agence ne sera pas en mesure d’assister les familles déplacées par les combats ni celles contraintes de fuir les pays voisins.

© UN Women/Sayed Habib Bidell

Des femmes et des filles afghanes franchissent la zone frontière d’Islam Qala, de l’Iran vers l’Afghanistan (archives).

L’onde de choc régionale

À cette instabilité bilatérale s’ajoute une incertitude régionale plus large. Depuis samedi, les frappes conjointes israélo-américaines contre l’Iran, suivies de la riposte de Téhéran, font planer le risque d’un embrasement au Moyen-Orient. Or l’Iran accueille déjà des millions d’Afghans. Toute dégradation de la situation sécuritaire ou économique iranienne pourrait provoquer un afflux de rapatriés vers l’ouest de l’Afghanistan, pays incapable d’absorber un nouveau choc migratoire.

Dans un communiqué publié mardi, la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) met en garde : « À la frontière ouest de l’Afghanistan avec l’Iran, une augmentation potentielle du nombre de rapatriés afghans est également prévue, ce qui mettra encore plus à rude épreuve les ressources humanitaires ».

Sur le terrain, le coût humain immédiat s’alourdit. Selon la MANUA, au moins 42 civils afghans, dont des femmes et des enfants, ont été tués depuis le début des hostilités, et 104 autres blessés. « Les victimes civiles comprennent celles causées par des tirs indirects lors d’affrontements transfrontaliers qui ont touché des zones résidentielles dans les provinces de Paktya, Paktika, Nangarhar, Kunar et Khost en Afghanistan, ainsi que celles causées par des frappes aériennes dans les provinces de Paktika et Nangarhar », précise la mission. Quelque 16 400 foyers ont été déplacés.

© Unicef/Azizullah Karimi est détenue par l’UNICEF.

Des hommes afghans traversent la frontière de Torkham, du Pakistan vers l’Afghanistan.

Une frontière contestée, des tensions anciennes

L’escalade actuelle s’inscrit dans une histoire longue et conflictuelle. La frontière entre les deux pays n’a jamais été pleinement reconnue par Kaboul. Elle traverse des zones tribales pachtounes dont les loyautés débordent les cadres étatiques. Depuis des décennies, Islamabad accuse les autorités afghanes – hier les gouvernements soutenus par l’Occident, aujourd’hui les talibans – de tolérer la présence de groupes armés hostiles au Pakistan, notamment le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), la principale mouvance talibane pakistanais. Kaboul, de son côté, dénonce régulièrement des frappes pakistanaises sur son territoire.

La chute du gouvernement afghan en 2021 et le retour des talibans au pouvoir n’ont pas apaisé ces tensions. Au contraire, les attaques attribuées au TTP se sont multipliées au Pakistan, entraînant des représailles transfrontalières et une détérioration progressive des relations diplomatiques. La flambée actuelle apparaît ainsi comme le dernier épisode d’un contentieux ancien où rivalités sécuritaires, frontières contestées et fragilité institutionnelle s’entremêlent.

Pour la MANUA, qui appelle à un arrêt immédiat des combats, cette nouvelle phase de violence aggrave une situation déjà marquée par les séismes d’août et de septembre et par une crise humanitaire profonde. Entre suspensions d’aide, pénuries budgétaires et risques d’exode régional, l’Afghanistan se retrouve une fois de plus au croisement de dynamiques qui le dépassent.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

To submit your press release: (https://www.globaldiasporanews.com/pr).

To advertise on Global Diaspora News: (www.globaldiasporanews.com/ads).

Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.globaldiasporanews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.