Pour Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, cette rupture n’est pas seulement un signe de crispation diplomatique. Elle témoigne aussi, selon elle, d’un affrontement mondial de plus en plus visible autour de l’égalité entre les sexes.
« Nous n’avions jamais vu de vote auparavant », a-t-elle reconnu vendredi devant les journalistes, au siège de l’organisation à New York. « Mais nous avons déjà connu des situations où il n’y avait tout simplement pas de document final ».
L’ex-ministre allemande des affaires étrangères préfère voir dans cet épisode un paradoxe révélateur : si le consensus disparaît, c’est aussi parce qu’un grand nombre d’États refusent désormais de céder face aux tentatives de recul d’une minorité. « La grande majorité n’a pas travaillé main dans la main avec ceux qui veulent un retour en arrière », a-t-elle insisté.
Des participantes de la session de la Commission de la condition de la femme de l’ONU.
Un terrain de bataille mondial
Chaque année, la Commission de la condition de la femme réunit à New York des milliers de diplomates, responsables politiques et militants pour faire un état des lieux des droits des femmes dans le monde. Mais cette 70ème édition, qui se déroule jusqu’au 19 mars, a lieu dans un climat particulièrement tendu.
« Les droits des femmes sont le baromètre de la force, de la liberté et du développement économique des sociétés », a affirmé Annalena Baerbock en ouverture du point de presse. « L’égalité entre les sexes n’a jamais été aussi largement soutenue dans le monde, mais en même temps nous n’avons jamais vu des tentatives aussi organisées pour faire reculer ces acquis ».
Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies (archive).
Pour illustrer l’enjeu, elle a insisté sur l’impact économique de l’égalité. Combler les écarts de salaires entre hommes et femmes pourrait ajouter 12 000 milliards de dollars au produit intérieur brut mondial. Réduire la fracture numérique entre les sexes ferait croître l’économie mondiale de plus de 100 000 milliards de dollars d’ici à 2050.
« Encore une fois, les droits des femmes sont dans l’intérêt de tous », a-t-elle martelé.
Le poids des résistances
La présidente de l’Assemblée générale reconnaît toutefois que les avancées se heurtent à des résistances persistantes, parfois inattendues.
Elle a raconté un exemple révélateur. Dans certains pays, des algorithmes bancaires continuaient d’accorder automatiquement des plafonds de crédit plus élevés aux hommes qu’aux femmes, même lorsque ces dernières gagnent davantage.
« Ces algorithmes étaient programmés selon des biais anciens », a-t-elle expliqué.
Pour Mme Baerbock, ce type de discrimination montre que les progrès juridiques ne suffisent pas : les inégalités peuvent se réinventer dans les technologies, les normes économiques ou les structures sociales.
Iran, Gaza, Afghanistan : la diplomatie des droits humains
Les débats de cette commission ont aussi été traversés par les crises internationales.
Interrogée sur la situation en Iran, la présidente de l’Assemblée générale a adressé un message direct aux femmes du pays : « En tant que femme et en tant que présidente de l’Assemblée générale, nous nous tenons à vos côtés ».
Elle a rappelé la création d’une mission d’enquête du Conseil des droits de l’homme sur les violations récemment commises par le régime iranien contre les manifestantes et manifestants.
Concernant Gaza, elle a insisté sur le caractère universel des droits humains, y compris les droits des femmes, qui sont selon elle « indivisibles ». Or, les femmes et les filles sont souvent les premières victimes des conflits, a-t-elle rappelé, citant les difficultés d’acheminement de l’aide humanitaire et la destruction des logements dans l’enclave palestinienne.
« Les femmes et les filles souffrent le plus lorsque les habitations sont détruites et que la reconstruction est impossible », a-t-elle observé.
La haute responsable a également dénoncé la situation en Afghanistan, qu’elle décrit comme « l’attaque la plus sévère contre les droits humains », les femmes y étant « emprisonnées dans leurs propres maisons ».
Des filles étudient dans un espace adapté aux enfants soutenu par l’UNICEF en Afghanistan.
Une mobilisation mondiale
Malgré ces crises, la présidente de l’Assemblée générale affirme percevoir une transformation profonde : les femmes, désormais connectées à travers les réseaux numériques, forment une solidarité mondiale de plus en plus visible.
« Les femmes dans les Amériques, en Europe ou ailleurs prennent la parole », a-t-elle expliqué. « Elles se soutiennent mutuellement et refusent de renoncer aux droits qu’elles ont obtenus ».
Dans un contexte de tensions géopolitiques et de contestations politiques, la bataille pour l’égalité entre les sexes est ainsi devenue l’un des fronts les plus visibles des débats internationaux.
Et, à en croire les divisions apparues cette année à l’ONU, elle est loin d’être terminée.
Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).
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