Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre dernier entre Israël et le Hamas, le groupe à la tête du territoire depuis 2007, la santé des Gazaouis demeurent précaire, après deux ans d’une guerre sans merci dans laquelle plus de 70 000 d’entre eux ont été tués et plus de 170 000 blessés, selon les autorité locales. 

Un système de santé au bord de la rupture

« Le système de santé reste extrêmement fragile », a déclaré vendredi la directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Hanan Balkhy, lors d’une conférence de presse à Genève.  Les stocks de médicaments essentiels, de matériel de traumatologie et de fournitures chirurgicales sont désormais à des niveaux critiques, tandis que les pénuries de carburant continuent d’entraver le fonctionnement des hôpitaux.

La moitié des établissements hospitaliers de Gaza ne fonctionne plus. Selon l’OMS, 18 des 36 hôpitaux de l’enclave sont actuellement hors service. Dans ceux qui continuent de fonctionner, les réserves s’effondrent. Près de la moitié des médicaments essentiels et 66 % des consommables médicaux sont désormais totalement épuisés.

Les évacuations médicales suspendues

Le début de l’offensive israélo-américain en Iran n’a fait qu’aggraver la situation. Ces derniers jours, les évacuations médicales, rares filets de secours pour les cas les plus graves, se sont interrompues. Les passages de Rafah et de Kerem Shalom entre Gaza, l’Egypte et Israël, par lesquels des patients pouvaient être transférés vers des hôpitaux mieux équipés, sont fermés par Tel-Aviv depuis le début des opérations. Pour les malades nécessitant une chirurgie spécialisée ou un traitement contre le cancer, la porte de sortie s’est refermée.

Dans le même temps, l’accès humanitaire reste étroitement limité. « La plupart des points de passage vers Gaza restent fermés, ce qui restreint l’acheminement de l’aide humanitaire et les évacuations médicales », a expliqué Mme Balkhy. Le 4 mars, l’OMS a néanmoins réussi à faire entrer une cargaison restreinte de matériel médical par Kerem Shalom – un apport ponctuel dans un système qui s’épuise.

Carburant, maladies et financement insuffisant

L’électricité, elle aussi, est devenue un facteur vital. « Il est essentiel d’autoriser l’entrée de carburant à Gaza », a insisté la responsable de l’OMS, rappelant que sans combustible pour alimenter les générateurs, les hôpitaux cessent tout simplement de fonctionner.

Au-delà des blessures de guerre, d’autres menaces sanitaires persistent. La poliomyélite, que les campagnes de vaccination avaient tenté de contenir ces derniers mois, « reste une menace de santé publique », a averti la représente de l’OMS.

Alors que la guerre en Iran se régionalise, l’agence onusienne estime à 690 millions de dollars les fonds nécessaires pour maintenir ses opérations d’urgence en 2026 dans la seule région de la Méditerranée orientale – une estimation établie avant même la dernière flambée des hostilités. Mais les besoins qui ne sont aujourd’hui financés qu’à hauteur de 30 %.

Dans les couloirs des hôpitaux gazaouis, ces chiffres abstraits prennent une forme concrète. Celle d’un système médical suspendu à des livraisons incertaines, tandis que la guerre redessine les priorités diplomatiques et militaires. Et pour les patients qui attendent une opération ou un transfert, l’horizon se réduit à l’espace étroit d’un territoire dont ils ne peuvent plus sortir.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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