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La crise sanitaire actuelle emporte tout, finance et économie. Au Maroc, pour freiner la propagation du virus, il a fallu en passer par la fermeture des lieux de rassemblements (restaurants et cafés compris) et de certains commerces. Le COVID-19 a ainsi mis au chômage forcé des centaines de milliers de Marocains œuvrant dans le secteur formel, et plus encore dans l’informel. Mis en place pour porter secours à l’économie nationale, le Comité de veille économique n’a, quant à lui, pas chômé longtemps. Les membres du CVE ont déjà acté collégialement des mesures pour sauver l’économie nationale et ces travailleurs. 
Les salariés affiliés à la CNSS (à fin février) se trouvant en arrêt d’emploi recevront une indemnité de 2.000 DH net par mois, servie par le fonds pour la gestion des effets du Coronavirus créé par S.M le Roi et des allocations familiales et de l’AMO. Ils auront également le droit à un report des échéances bancaires des mois de mars, avril, mai et juin, à la fois des crédits à la consommation et des crédits immobiliers. En revanche, au moment où nous mettons sous presse, le sort de la main-d’œuvre du secteur informel, laquelle contribue pour une part de 12,6 % dans la valeur ajoutée globale de l’économie nationale et de 37% dans  l’emploi total, demeure flou. 
« Des mesures d’accompagnement pour les quelque quatre millions de ménages du secteur informel sont en cours de discussion pour un déploiement prochain », a précisé à l’AFP Mohamed Benchaâboun, le ministre de l’Economie. Selon toute vraisemblance, les discussions s’éternisent. Une situation somme toute logique tant le secteur informel est un dossier épineux. Trouver un accord pour la compensation des millions de personnes qui vivent au jour le jour et qui maintenant se retrouvent sans le sou ne sera pas une mince affaire. Certes, ces travailleurs ne sont pas des inconnus au bataillon. On parle là des artisans, des gardiens de voitures, des vendeurs ambulants, des serveurs de café et restaurants ou encore des maçons. Mais comment indemniser des personnes non déclarées ? Une interrogation d’autant plus cruciale à la lumière des dernières rumeurs sur le sujet relayées par plusieurs médias marocains.
En effet, le Conseil de veille économique aurait misé sur un dispositif de paiement mobile pour transférer les aides aux travailleurs opérant dans l’informel. Une option d’un côté viable dans un pays où le taux d’équipement en téléphone mobile dépasserait les 100%, mais de l’autre un peu moins, car là encore, les problèmes d’identification d’une population qui passe sous les radars de la fiscalité nationale refont surface. 
Outre les 12 millions de personnes affilier au Régime d’Assistance Médicale (Ramed) qui constitueraient une base non-négligeable, le CVE aurait opté pour la mise en ligne d’une plateforme numérique dans le but de permettre aux demandeurs d’aide de fournir plusieurs informations dont leurs numéros de téléphone et de CIN, mais encore, une justification des charges afin d’être éligibles aux aides accordées par l’Etat. Ce dispositif qui comporte encore quelques zones d’ombre, comme les conditions d’éligibilité, le montant des aides ou encore les doutes sur la capacité des personnes concernées à utiliser l’outil numérique en question, n’est pas unique en son genre, puisqu’il a déjà été utilisé, avec succès au Kenya via le M-Pesa. Même s’il convient de souligner que le procédé en soi balance entre avantages et inconvénients.  
En tout cas, cette crise économique et sanitaire doit servir de leçon. Maintenant que la terre s’est arrêtée de tourner, des failles béantes sont apparues et la précarité des plus démunis s’est amplifiée. Elle saute aux yeux. La fragilité du secteur informel et de sa main-d’œuvre a été mise à nu. Ce sont là des millions de pères et de mères de famille, des hommes et des femmes qui ont à charge des parents, des frères et des sœurs, qui sont sur le carreau, incapables d’assurer leur survie immédiate et celle de leurs proches. 
Concentrés aux trois tiers dans le milieu urbain, les travailleurs du secteur informel ne sont clairement pas reconnus à leur juste valeur. Près de 80 sont des auto-employés et 16% des salariés. 18% sont des commerçants hors magasin (ferrachat), 13% des commerçants en magasin, 7,5% des transporteurs (triporteurs…), et 7,3% travaillent dans le textile et cuir. Et on pourrait croire, logiquement, qu’en représentant 40% du PIB, ils auraient pu être un peu plus considérés. Que Nenni. En réalité, leurs emplois sont précaires. Pis, ils sont les grands oubliés en termes de protection sociale. 
Pour combien de temps encore ? Combien de temps encore les propriétaires des cafés et autres restaurants refuseront de déclarer l’ensemble de leurs salariés ? Combien de temps encore ces mêmes propriétaires demanderont à leurs employés informels de ne pas venir le jour de la visite surprise mais annoncée des inspecteurs du travail ? Ce sont là des questions auxquelles il faudra répondre, le plus tôt sera le mieux. Car quand le COVID-19 fera partie du passé, les travailleurs de l’informel seront toujours à conjuguer au futur comme au présent comme étant un pilier de l’économie nationale. Tout le monde en est conscient sauf les finances de l’Etat. Une solution s’impose. 

Source of original article: Libération (www.libe.ma).
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