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Où en est le dialogue social entre le gouvernement et ses partenaires sociaux ? « Il est en suspens », affirment plusieurs centrales syndicales. Certaines n’hésitent pas à considérer 2021 comme une année blanche. Pis, elles estiment que s’il y a une montée en puissance des mouvements sociaux au Maroc, c’est à cause du gel de cet outil indispensable pour développer la coopération entre l’Exécutif et ses partenaires économiques et sociaux, de manière à consolider la paix sociale et à promouvoir le développement économique et social. Pour Abdelhamid Fatihi, secrétaire général de la Fédération démocratique du travail (FDT), le gouvernement a poursuivi sa politique hostile à l’égard des revendications de la classe ouvrière et a refusé de répondre à ses aspirations en termes de dignité et de justice sociale. Pis, il a fermé les portes à tout dialogue social, que ce soit au niveau central ou sectoriel et a opté pour l’approche sécuritaire. Selon le secrétaire général de la FDT, le gouvernement a répondu aux protestations légitimes des fonctionnaires, des salariés et des ouvriers par de la violence inacceptable et des législations et décisions prises hors du dialogue social. Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT), a indiqué, pour sa part, que le gouvernement a effectivement gelé le dialogue social en précisant que le chef de l’Exécutif a refusé de tenir la session d’avril 2021, laissant ainsi de côté plusieurs dossiers brûlants et urgents. Ce qui a plombé davantage, selon lui, le climat social et augmenté les mouvements sociaux auxquels l’Exécutif a répondu par la brimade et les arrestations comme c’est le cas pour certaines catégories sociales (enseignants contractuels, personnel soignant,…), en violation flagrante du droit de manifestation pacifique garanti par la Constitution. « Le gouvernement ne devrait-il pas faire participer le mouvement syndical via des dialogues sectoriels et nationaux afin de trouver des solutions équitables aux dossiers sectoriels, de l’emploi ou ceux concernant une vaste catégorie de nos concitoyens comme c’est le cas de la généralisation de la sécurité sociale ? », s’est-il demandé. Même son de cloche de la part de l’Union nationale des travailleurs du Maroc (UNTM) qui a constaté avec inquiétude le gel du dialogue social et la non-actualisation du cadre juridique des prochains scrutins professionnels ainsi que l’absence de réaction immédiate et sérieuse concernant les protestations sociales, sectorielles et catégoriales, ce qui donne le sentiment, selon l’UNTM, d’une régression de la marge des libertés cumulées par notre pays. « Nous dénonçons le gel du dialogue social ainsi que le dialogue institutionnel dans certains secteurs gouvernementaux. Cette situation a donné lieu à un mouvement social en nette évolution alors qu’il aurait pu être évité via des négociations responsables et productives. A ce propos, nous demandons à tous les secteurs gouvernementaux concernés d’assumer leur responsabilité afin de garantir une paix sociale durable ainsi que le respect du principe et des règles de la représentativité ; et d’encourager la signature de conventions collectives au niveau des administrations et des établissements publics », a indiqué un communiqué de l’UNTM. De son côté, la CDT a considéré que le Maroc a vécu une année blanche au niveau du dialogue social, et ce sur tous les nivaux (central, sectoriel ou local). Ce syndicat estime que le gouvernement a maintenu sa méthode unilatérale de prise de décisions en tentant de faire passer des lois liberticides au cours de la période du confinement tout en gelant le dialogue social central et celui sectoriel ainsi que le travail des commissions d’enquête et de réconciliation destinées à régulariser les conflits du travail. A ce propos, cette centrale syndicale a appelé à l’institutionnalisation du dialogue social pour qu’il soit contraignant via une loi-cadre. Pour elle, le dialogue social doit représenter un canal important et nécessaire pour débattre de l’ensemble des lois sociales et pour faire respecter les obligations et les engagements pris. L’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) a, pour sa part, appelé le gouvernement à accélérer la mise en œuvre de l’ensemble de ses engagements contenus dans les accords sociaux des années 2011 et 2019, rapporte le journal l’Economiste. En effet, elle a exigé la mise en œuvre des mécanismes du dialogue social national ainsi que le retrait du projet de loi sur la grève et de le remettre sur la table du dialogue social, tout en exprimant son rejet de tous les modes de travail fragiles dans les secteurs public et privé. L’UGTM a, en outre, mis l’accent sur la mise en œuvre de tous les accords du dialogue sectoriel, la publication des décrets d’accord et le déblocage des redevances financières pour les promotions effectuées, relevant que la commémoration du 1er mai de cette année dans un contexte de crise sanitaire intervient dans une conjoncture particulière marquée par le lancement de l’organisation de l’élection des délégués des salariés dans les secteurs public et privé. Le gouvernement, et à l’inverse de ces critiques et accusations, considère qu’il a réalisé de bons résultats en matière de dialogue social et compte poursuivre l’institutionnalisation de ce mécanisme. Lors de la dernière fête du travail, Mohamed Amekraz, ministre de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle, a indiqué que l’Exécutif a respecté l’ensemble des engagements fiscaux estimés à 14.25 milliards de DH, en vertu des dispositions de l’accord du 25 avril 2019. Il a également affirmé qu’au cours de l’année 2020, le gouvernement a poursuivi les rounds du dialogue social ainsi que les rencontres consultatives avec les partenaires sociaux. A ce propos, il a souligné qu’il y a eu l’organisation de trois réunions de la commission nationale du dialogue social au niveau de la présidence du gouvernement et une série de réunions de consultation avec les partenaires sociaux au niveau du ministère de tutelle afin d’opérationnaliser les engagements pris en matière d’emploi, entre autres. Et qu’en est-il du dialogue social pour l’année en cours ? Le ministre ne pipe pas mot. Cette tâche sera peut-être assumée par Saad Dine El Otmani, chef du gouvernement. En effet, « le dialogue social » sera l’un des thèmes retenus lors de la séance mensuelle des questions relatives à la politique générale adressées au chef du gouvernement, le 11 mai courant. Affaire à suivre. 

Source of original article: Libération (www.libe.ma).
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