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Le Brésil livre son combat contre le coronavirus dans la plus grande confusion, avec un éventail de mesures pour les écoles, les églises ou les restaurants contradictoires, mal expliquées et soumises aux aléas des décisions judiciaires. La confusion règne alors que le géant sud-américain est frappé de plein fouet par l’épidémie: le bilan quotidien des décès a franchi pour la première fois la barre des 4.000 unités mardi, avec 4.195 morts. Au Brésil, deuxième pays le plus endeuillé au monde derrière les Etats-Unis en valeur absolue, 336.947 personnes au total ont officiellement succombé au Covid-19. Lundi matin, Marcia Matos, une habitante de Rio de Janeiro, était en train de préparer son enfant de deux ans pour la crèche quand une amie l’a prévenue que la reprise des activités y avait été suspendue. Une suspension décidée la veille au soir par un juge, rendant caduc le décret municipal datant du vendredi précédent qui prévoyait la réouverture des établissements scolaires. “C’est vraiment très confus. La crèche ne nous a prévenus qu’après l’heure où on le dépose normalement. Il était tout heureux à l’idée de retrouver ses petits camarades”, déplore Mme Matos. Si son amie ne l’avait pas appelée, elle aurait connu le sort de nombreux parents qui ont emmené leurs enfants pour rien à l’école parce qu’ils n’avaient pas été informés de la décision judiciaire. Une décision finalement annulée mardi à la mi-journée, après un recours de la mairie, mais d’autres rebondissements judiciaires pourraient encore faire perdre la boussole aux parents d’élèves. “Ici à Rio, nous sommes pris au milieu d’une bataille politique entre le maire et le gouverneur, et ça ajoute encore plus de confusion”, souligne Marcia Matos. Fin mars, le maire Eduardo Paes a décrété la fermeture totale des bars et des restaurants, mais le gouverneur de l’Etat de Rio, Claudio Castro, a permis qu’ils restent ouverts jusqu’à 23h00. Et au niveau national, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro continue de critiquer les restrictions, au nom de la préservation de l’emploi. Un discours contre le confinement à contre-courant des recommandations de la plupart des spécialistes, qui estiment que la reprise économique ne sera vraiment possible qu’une fois que la situation sanitaire sera sous contrôle, ce qui est loin d’être le cas au Brésil. “Sans coordination nationale, sans un ministère de la Santé qui oriente la réponse face à la pandémie, il y a un grand vide juridique”, explique à l’AFP José David Urbaez, du Centre d’Infectiologie de Brasilia. “Il n’y a pas de définition claire pour tout le Brésil des activités qui doivent être considérées comme « essentielles ». Chaque ville, chaque Etat, définit à sa manière ce qui peut rester ouvert ou non, au gré des pressions politiques et économiques locales, c’est pourquoi la situation est si chaotique”, résume-t-il. Il y a un an, la Cour suprême a décidé que les Etats et les municipalités avaient le droit d’imposer leurs propres mesures pour tenter d’endiguer la propagation d’un virus que le président Bolsonaro qualifiait de “petite grippe”. Le chef de l’Etat invoque régulièrement cette autonomie octroyée aux collectivités territoriales pour se dédouaner de sa gestion désordonnée de la crise sanitaire. Mais la haute Cour stipulait clairement dans sa décision que le gouvernement fédéral n’était pas exempt de ses responsabilités de “prendre des mesures au niveau national”. Samedi, veille du dimanche de Pâques, un juge de la Cour suprême récemment nommé par le président Bolsonaro a décidé d’autoriser l’ouverture des lieux de culte dans tout le Brésil malgré les interdits en vigueur dans de nombreuses villes, à la demande d’une associations de juristes évangéliques. Nouveau rebondissement lundi, quand Gilmar Mendes, un autre magistrat de la plus haute juridiction, a rétabli l’interdiction pour l’Etat de Sao Paulo. La situation devait se clarifier mercredi, puisque la Cour suprême devait trancher en séance plénière. “Cette multiplication des recours judiciaires est une conséquence directe de l’absence d’une coordination nationale, avec des décisions fermes et transparentes”, insiste José David Urbaez. Et les batailles judiciaires se sont aussi invitées au coeur de la grande passion nationale, le football, avec une succession d’arrêts contradictoires autorisant ou non l’organisation de rencontres dans le cadre de compétitions locales ou internationales. C’est le cas de la Recopa, l’équivalent sud-américain de la Supercoupe d’Europe, qui devrait finalement avoir lieu dimanche, à Brasilia. A moins que les tribunaux ne décident d’entrer une nouvelle fois sur le terrain…

Source of original article: Libération (www.libe.ma).
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