Photo Credit: Global Diaspora News (www.GlobalDiasporaNews.com).

Source of original article: Mara Vukovic / Global Voices (fr.globalvoices.org).

L’article d’origine a été publié le 10 avril 2020.

Le 6 avril 2020, près de 100 agents de police ont escorté des camions-citernes détenus par OceanaGold (OGPI) à l’intérieur du site minier de l’entreprise situé dans la province philippine Nueva Vizcaya. La police a démantelé une « barricade humaine » qui était située à l’entrée de la zone minière afin de permettre l’entrée des camions-citernes. La barricade a été organisée par des résident·e·s de la collectivité, des militant·e·s écologistes et des peuples autochtones de la province comme symbole de protestation contre la prorogation des activités d’exploitation minière de l’OGPI. L’entreprise possède un siège social en Australie, et des bureaux en Amérique du Nord.

Les dirigeants locaux ont déclaré que la police anti-émeute avait fait preuve d’une violence excessive contre les protestataires. Cependant, les fonctionnaires de police ont ajouté que les troupes ont exercé une tolérance maximale pour exécuter les ordres émis par le bureau présidentiel du pays.

ALERTE : Près de 100 agents de la PNP [la police philippine] escortent le réservoir de carburant d’OceanaGold à l’intérieur du site minier de Brgy à Didipio, Nueva Vizcaya. Le permis de la société minière a expiré en juin 2019 dernier et a dû entraîner l’interruption de ses activités. #OceanaGoldOutNow

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Exploitation minière et opposition à Nueva Vizcaya

En 1994, l’accord d’assistance technique et financière (AATF) a été émis par le gouvernement philippin pour explorer 27 000 hectares dans la ville de Dipido à Nueva Vizcaya, qui pourraient contenir 1,41 million d’onces d’or et 169 400 tonnes de cuivre. Ce projet a été acquis par l’OGPI [en], en 2006. Au cours des 25 dernières années, de nombreux résidents se sont plaints des effets négatifs causés par l’exploitation minière sur l’environnement et le déplacement des peuples autochtones hors de leurs terres ancestrales.

Malgré l’expiration de l’AATF le 20 juin 2019, l’OGPI a sollicité un renouvellement du permis d’exploitation minière.

Le gouverneur provincial a signalé que l’expiration de la licence mettait fin aux activités d’exploitation de l’OGPI. Pour montrer leur soutien au gouverneur et autres fonctionnaires provinciaux le 1er juillet, les résidents de Dipidio ont formé une barricade afin d’entraver la poursuite de l’exploitation. Cette barricade a été un succès [en] permettant la suspension des activités d’exploitation de l’OGPI jusqu’à son démantèlement par la police le 6 avril.

L’OGPI a décrit la directive du gouverneur, qui est en faveur de la barricade, comme « illégale » [en ; pdf]. Elle a insisté sur le fait qu’elle est « une des exploitations minières les plus sûres au monde et que durant ces deux dernières années, la société a mis en œuvre une technologie d’extraction souterraine automatisée et numérique de pointe ».

L’OGPI a activement exercé une pression pour le renouvellement de sa licence. Cela a servi de rappel au gouverneur et autres fonctionnaires locaux sur le fait que le pouvoir d’approuver ou de rejeter les demandes d’extraction revenait au gouvernement national.

Le Bureau des mines et des géosciences, un organisme public, a recommandé un renouvellement provisoire [en] de la licence d’extraction d’OGPI en attendant la décision du président Rodrigo Duterte.

Le 21 janvier 2020, le secrétaire de direction du président a informé le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles de sa décision d’accorder à l’OGPI l’autorité [en] d’apporter du carburant sur le site minier pour des travaux d’assèchement.

Depuis lors, l’OGPI a fait usage de cet ordre pour démanteler la barricade. Après maints échecs, le 6 avril, la société a finalement réussi lorsque seul·e·s 29 manifestant·e·s surveillaient la barricade.

Répression pendant le confinement dû au COVID-19

La police et l’OGPI ont été accusées d’attaques contre la barricade au moment où le pays fait face à la pandémie du COVID-19. Même les personnes présentes à la barricade ont pris des mesures de distanciation sociale pour éviter les attroupements. Cela a permis à la police de disperser les protestataires et de rompre la barricade aisément.

L’Alyansa ng Novo Vizcayano para sa Kalikasan (Alliance des résidents de Nueva Vizcaya pour l’environnement) a condamné [en] la police pour s’être rangée du côté des grands exploitants miniers :

In that heartbreaking afternoon, the elements of the Philippine National Police (PNP) sided with the foreign large-scale mine than with the indigenous people living in Didipio. PNP elements protected the right of Oceanagold than those of the people of Didipio who have been resisting the operation of the foreign mining giant for over 25 years.

En cette après-midi bouleversante, la police nationale des Philippines (PNP) a choisi de soutenir la mine étrangère plutôt que le peuple autochtone vivant à Didipio. La PNP a choisi de protéger les droits d’OceanaGold plutôt que ceux des habitant·e·s de Didipio qui avaient lutté contre l’exploitation du géant minier étranger pendant plus de 25 ans.

Le gouverneur de Nueva Vizcaya, Carlos M. Padilla, a salué [en] celles et ceux qui ont rejoint la barricade et l’opposition à l’exploitation minière à grande échelle :

My heart bleeds for our brave men and women of Didipio who had to suffer and be arrested for expressing their resistance against mining, a great menace to Mother Earth. I salute them for their bravery and being steadfast for the protection of the environment to ensure the survival of all living things and of our planet.

J’ai le cœur fenu en pensant à nos braves résident·e·s de Didipio qui ont dû souffrir et être arrêté·e·s pour avoir lutté contre l’exploitation minière, une grande menace pour Terre nourricière. Je les félicite pour leur courage et leur ténacité en faveur de la protection de l’environnement afin d’assurer la survie de tout être vivant et de notre planète.

Il a un message pour le gouvernement national :

Instead of providing protection to OceanaGold whose FTAA had expired nine (9) months ago, the national government should tell OGPI TO PACK UP AND GO HOME.

Au lieu de fournir une protection à OceanaGold dont l’AATF a expiré il y a neuf (9) mois, le gouvernement national devrait dire à l’OGPI de FERMER SES PORTES ET PARTIR.

La Commission des droits humains, un organisme public indépendant, a annoncé [en] que l’action de la police et de l’OGPI avait mis en danger la vie des résidents locaux :

While people are trying to flatten the curve by complying with the enhanced community quarantine, such action by OGPI and the police increases the danger of losing the lives of the involved communities. Furthermore, the intensified presence of the military and the police nationwide heightens the fear of crackdown and attacks against indigenous peoples’ rights defenders given the restrictions of movement.

Alors que les gens tentent d’aplatir la courbe en se conformant à la quarantaine communautaire renforcée, une telle action de l’OGPI et de la police augmente le risque vital pour les communautés concernées. Par ailleurs, la présence accrue des militaires et de la police à l’échelle nationale amplifie la peur de la répression et des attaques contre les défenseurs des droits des peuples autochtones, compte tenu des restrictions de mouvement.

Kalikasan a fait écho [en] à la demande de divers groupes environnementaux du pays:

We demand that all activities of Oceanagold be immediately locked down. We demand that the mining corporation be held accountable for repeatedly inciting social conflict on the ground during these perilous times.

Nous exigeons le blocage immédiat de toutes les activités d’OceanaGold. Nous exigeons que la société minière soit tenue responsable de l’incitation répétée au conflit social en ces temps périlleux.

Entretemps, la police provinciale a précisé [en] qu’elle fera preuve d’impartialité car elle se tient en « terrain neutre ». Elle a ajouté que l’« incident s’est produit en raison de la mise en œuvre d’un ordre juridique ».

La barricade a été détruite mais pas l’esprit de résistance contre l’exploitation minière de l’OGPI et la violence policière. Le gouvernement philippin n’a pas encore décidé s’il autoriserait le renouvellement de la licence d’exploitation minière de l’OGPI.

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