Les premières estimations de l’ampleur de la crise ont été transmises par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui joue le rôle « de canal central d’information face à la persistance des pannes de télécommunications ».

Sur le terrain, Dr Yutaro Setoya est l’agent de liaison de l’agence sanitaire mondiale de l’ONU pour les Tonga. Il joue un rôle essentiel dans la communication entre les agences des Nations Unies et le gouvernement tongien, et entre les Nations Unies et leur personnel aux Tonga.

Selon l’OMS, deux décès ont été signalés à ce jour. De nombreuses personnes sont toujours déplacées. Près de 90 personnes ont trouvé refuge dans des centres d’évacuation sur l’île d’Eua et beaucoup d’autres cherchent à se réfugier chez des proches.

Les premiers rapports de l’intérieur des Tonga, transmis par le Dr Setoya, indiquent que les bâtiments et les infrastructures ont été endommagés. Environ 100 maisons ont été endommagées et 50 complètement détruites sur l’île principale de Tongatapu.

Une image sur les îles Tonga où sont tombées les lourdes cendres de la récente éruption volcanique.

L’OCHA inquiet pour les îles de Mango et de Fonoi

« Cependant, les informations sur le degré de destruction sont encore en cours de collecte », précise l’OMS, rappelant que « les groupes des îles Ha’apai et Vava’u, par exemple, restent hors de contact avec la capitale ».

L’OMS et le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) se sont particulièrement inquiétés du sort de deux îles, Mango et Fonoi, après des vols de surveillance ayant permis de constater « des dommages immobiliers considérables » après l’éruption de samedi. Aucun contact n’a pu être établi avec des habitants.

« Les îles plus petites et de faible altitude de Mango et Fonoi, dans le groupe Ha’apai, sont particulièrement préoccupantes », a déclaré lors d’un point de presse à Genève, un porte-parole d’OCHA, Jens Laerke. Le Bureau rapporte des « dégâts considérables» sur les plages occidentales de l’île principale, Tongatapu, « avec plusieurs complexes balnéaires et/ou maisons détruits et/ou gravement endommagés ».

« Tongatapu a été recouvert de deux centimètres  de cendres et de poussières volcaniques, suscitant des inquiétudes quant à la pollution de l’air et à la contamination potentielle des réserves d’eau et de nourriture », a décrit de son côté, Christian Lindmeier, porte-parole de l’OMS à Genève.

L’agence sanitaire mondiale de l’ONU se réjouit d’ailleurs que « tous les établissements de santé de Tongatapu soient, heureusement, pleinement opérationnels et les efforts de nettoyage ont commencé ».

Des images satellites publiées par le Programme satellitaire des Nations Unies (UNOSAT)

Par ailleurs, des images satellites publiées par le Programme d’applications satellitaires opérationnelles (UNOSAT) de l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) ont montré les conséquences de l’éruption et du tsunami sur la petite île de Nomuka, l’une des plus proches du volcan Hunga-Tonga-Hunga-Ha’apai.

« L’évaluation des dommages tels que détectés à partir d’une image Pléiades acquise le 17 janvier 2022 montre que 41 des 104 structures repérées dans la zone sans nuage étaient endommagées et presque toutes étaient recouvertes de cendres », relève l’UNOSAT, précisant néanmoins qu’il s’agit « d’une analyse préliminaire qui n’a pas encore été validée sur le terrain ».

L’éruption volcanique de la semaine dernière a été la plus importante enregistrée depuis trois décennies : un énorme champignon de fumée et de cendres de 20 km de haut, suivi immédiatement du déclenchement d’un tsunami. L’éruption a pu être entendue jusqu’en Australie et en Nouvelle-Zélande et a provoqué des alertes au tsunami dans tout le Pacifique.

Des vagues de 1,2 mètre ont déferlé sur Nuku’alofa, où les habitants ont fui vers les hauteurs, laissant derrière eux des maisons inondées, tandis que des roches et de la cendre tombaient du ciel.

Une image satellite montre l’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai dans le Royaume de Tonga, dans le Pacifique Sud.

Le téléphone satellite de l’agent de liaison de l’OMS pour les Tonga

L’archipel est privé de connexions téléphoniques et d’Internet, le cataclysme ayant sectionné un câble essentiel pour ses communications, qui ne devrait pas être réparé avant des semaines. De plus, le nuage de cendres volcaniques empêche les avions d’atterrir.

Les lignes téléphoniques internationales et la connectivité Internet étant toujours en panne, le téléphone satellite de l’agent de liaison de l’OMS pour les Tonga, le Dr Yutaro Setoya, est ainsi l’un des rares moyens de faire entrer et sortir des informations du pays.

« Ces derniers jours, Yuta s’est littéralement tenu à l’extérieur, de l’aube jusqu’à tard dans la nuit, pour faire en sorte que le téléphone puisse atteindre le signal satellite et qu’il puisse transmettre des informations vitales », a déclaré Sean Casey, Coordonnateur du groupe sectoriel Santé de l’OMS pour le Pacifique.

« Nous tous, ici à l’OMS, et dans la grande famille des Nations Unies, pensons aux Tonga en ce moment et faisons ce que nous pouvons pour soutenir les efforts d’intervention du gouvernement », a-t-il ajouté.

Selon l’OMS, le gouvernement du Royaume des Tonga a réagi rapidement, notamment en déployant un navire sur les îles Ha’api avec à son bord l’équipe d’assistance médicale d’urgence des Tonga (TEMAT), formée par l’OMS.

Le défi du rétablissement des communications

L’objectif est d’aider à soigner les personnes qui auraient pu être blessées. « Le gouvernement a conseillé à la population des Tonga de rester à l’intérieur, de porter des masques si elle sort et de boire de l’eau en bouteille pour éviter les conséquences des chutes de cendres », a ajouté M. Lindmeier.

Plus largement, l’intervention d’urgence des Nations Unies est coordonnée par l’équipe humanitaire du Pacifique (PHT). Il réunit des agences des Nations Unies, de la Croix-Rouge et des organisations non gouvernementales internationales pour organiser la fourniture d’un soutien sur place et à distance aux efforts d’intervention du gouvernement tongien.

L’objectif initial des équipes d’intervention est de soutenir le rétablissement des communications et de trouver des moyens d’acheminer les secours. Il s’agit également de fournir des conseils techniques sur une série de questions telles que la manière de garantir la sécurité de l’eau potable touchée par les cendres.

« Nous n’avons que très peu de moyens de contacter le peuple des Tonga à l’heure actuelle, mais pour tous leurs parents et amis dans d’autres pays du monde, sachez que vos proches ont notre soutien. Nos pensées – mais surtout notre action – vont vers tous ceux qui ont été touchés », a conclu le Coordonnateur du groupe sectoriel Santé de l’OMS pour le Pacifique.

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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