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La pandémie de Covid-19 continue d’emporter des vies et de faire des ravages un peu partout dans le monde. En Afrique, le virus reste paradoxalement moins meurtrier, mais il n’en a pas moins couté plusieurs milliers de vies après environ cinq mois de présence. Face au fléau inédit, la planète entière s’est lancée dans la recherche de solutions, avec un accent particulier sur la recherche pour produire un vaccin, sous l’impulsion des gros laboratoires pharmaceutiques.

Mais comme nous le disons à Ouestaf News depuis le début de cette pandémie, la réponse au virus ne peut pas être que médicale ou sanitaire. Sa propagation pose des défis éminemment plus complexes à l’humanité. Les réponses doivent donc provenir d’une multitude de secteurs et de spécialités. Dans la réflexion ci-dessous, Amadou Guissé, vous propose son point de vue sur l’apport inestimable que pourrait avoir l’adoption des Systèmes d’Information Géographique dans la lutte contre la maladie, mais aussi contre d’éventuels « futurs » virus.

Par Amadou Guissé*

On ne peut pas penser à la pandémie du coronavirus sans se poser la question que les enfants demandent souvent quand ils voyagent : quand est-ce qu’on va arriver ? L’arrivée de ce vol du Covid-19, qui serait la fin de la pandémie, personne ne sait quand ce sera, ni comment. Nous ne maitrisons pas ce virus. C’est clair.

Cependant une chose est certaine : les économies sont déjà à genoux et une nouvelle vague de contamination les mettrait sous terre. Comment sommes-nous arrivés à être aussi impuissants devant ce virus ? Que devons-nous faire pour un retour à une vie normale ou acceptable. La réponse à la première question est que nous avons échoué à la prévention et la réponse à la deuxième est que nous allons échouer à la prévention.

Donc pour résoudre le problème nous devons faire ce que nous aurions dû faire avant que le virus ne nous attaque, si nous étions responsables. La faute est collective. Les individus que nous sommes comme les personnes qui nous gouvernent sommes tous fautifs à des degrés différents et il est temps que nous ayons du « respect » pour Corona et tous les autres virus qui pourraient nous attaquer.

Par « RESPECT » je veux mettre l’accent sur la « Responsabilité », l’« Education », la « Sincérité », la « Propreté », « l’Efficacité », la « Considération » et la « Transparence ».

Vous me demanderez certainement s’il existe des outils pour tout cela. Ma réponse est simplement et catégoriquement oui et nous allons utiliser les SIG (Systèmes d’Information Géographique) que je considère comme étant le plus important et efficace outil d’aide à la décision pour arrêter le coronavirus et être prêt à faire face au prochain virus.

Aucune politique de santé publique ne peut réussir sans le public. Les individus sont les acteurs principaux pour la prévention et la protection, face à la propagation du virus, et donc la fondation pour un système sanitaire efficace. La solution ne peut pas venir d’en haut. C’est à la base qu’il faut aller pour construire le système et produire les données qui permettront de prendre les décisions qui nous protègeront.

Quand la base est forte, le sommet est fort. Donc tout part de l’individu et c’est l’individu qui est le principal bénéficiaire. Il n’est ni possible ni efficient de tester tout le monde mais nous pouvons tester tous les cas suspects et en temps réel. Aussi, chaque individu doit-il s’éduquer et prendre toutes les dispositions nécessaires pour faire son propre diagnostic en se basant sur les symptômes associés au coronavirus.

Qui ne sait pas ce que c’est la fièvre, la toux, la fatigue, l’essoufflement, la diarrhée, etc. ? Chaque individu peut faire le minimum pour évaluer sa santé et celle de sa famille.

C’est dommage que dans nos pays l’essentiel n’est jamais un souci. Une famille sénégalaise peut dépenser des millions pour baptiser un enfant alors que la maison ne dispose pas d’un thermomètre médical électronique pour mesurer la température du bébé.

Combien d’écoles primaires au Sénégal ont un agent sanitaire pour examiner les enfants et leur donner les premiers soins ? Les réponses à de telles questions permettent à un pays de mesurer ses vulnérabilités par rapport à différentes menaces.

Nous nous devons de définir nos propres réalités. Un modèle qui marche au Singapour, en Chine ou aux USA peut ne pas marcher au Sénégal. Le modèle doit être basé sur la réalité et cette réalité, elle est locale et doit utiliser les paramètres économiques, démographiques, culturels, religieux, etc. Paradoxalement, certains de nos gouvernants n’aiment pas la réalité et la raison est très simple, ils ne peuvent pas voir la vérité en face.

« Testez ! Tester ! Tester !» est le slogan de l’OMS. Je pense que pour rendre les tests efficaces et efficients nous devons donner la responsabilité et les ressources aux autorités locales en utilisant le découpage administratif du pays.

Tout le monde reconnaît la complicité qui existe très souvent entre les élus locaux et leur communauté. Cette complicité est encore plus étroite entre la cartographie et la santé publique et elle date de très longtemps. Quand tout le monde est suspect, il faut alors prendre en compte tout le monde. Où sont les personnes avec symptômes ? Où sont les cas ? Quelle est la direction de propagation du virus ? Où sont les équipements sanitaires ? Quelle capacité ont-ils pour faire des tests, donner des soins primaires et/ou intensifs ? Où sont les personnes vulnérables ?

Autant de questions que seuls les Systèmes d’Information Géographique peuvent prendre en compte avec efficacité et efficience. Ce n’est pas un hasard si la carte est devenue le premier outil de communication pour informer sur le Covid-19. Ce n’est pas nouveau et, heureusement, aujourd’hui nous avons des outils très performants, accessibles et qui ne coûtent presque rien pour faire le travail.

Naturellement, j’ai pensé à mon pays d’origine, le Sénégal, et me suis efforcé de faire cet exercice dont les résultats sont disponibles, sur la plateforme https://caladosidi.org , ceci afin de donner des clés à mon pays, à l’Afrique et au monde vers une approche pour vaincre le Covid-19 et être prêt pour les autres virus. Ils vont venir, c’est certain. La tâche n’est donc pas simple et il faudra avoir du temps, de la résilience et une vision. Aussi ai-je pensé à trois zones de réflexion pour commencer cet exercice.

La première est que dans une situation aussi catastrophique de vie ou de mort, comme celle que nous vivons avec le COVID-19, il est impératif de définir les rôles. Quand tout le monde fait tout, personne ne fait rien. Donc il est nécessaire de bien définir les rôles, assigner les responsabilités et être prêt à demander des comptes.

La deuxième zone de réflexion pour cet exercice est l’adressage. Il faut encore rappeler que notre ennemi n’a pas de passeport mais il peut aller partout. Le seul moyen de l’arrêter est donc de connaitre sa position et le détruire avant qu’il bouge. Pour cette raison et beaucoup d’autres, l’adressage et surtout un adressage uniforme rendra le travail plus efficace et efficient. Encore, ce serait un cas parfait et nous n’y sommes pas.

Le Sénégal n’a pas un adressage uniforme et je ne suis même pas sûr d’un adressage global pour le pays. Et pourtant, il est difficile sinon impossible de faire avancer un pays convenablement ou répondre à des urgences, durant ces années de nouvelles technologies de l’information, sans un adressage adéquat. Un pays sans un adressage fonctionnel ne peut pas opérer au-dessus de 50% de ses capacités. Une tâche donc nécessaire et pourtant pas du tout compliquée.

La troisième zone de réflexion est constituée par les données et la première chose à faire dans une application de ce genre est de définir leur format. Ceci permet donc de définir les différents aspects du problème à résoudre et est naturellement une composante du système MVC (Model-View-Controller). Le « Modèle » définit le format des données à utiliser. Il doit décrire et être étroitement lié au problème à résoudre. Le « View » est la page-écran ou l’interface qui permet à l’utilisateur de saisir ou visualiser les informations. Le « Controller » représente les actions ou codes qui permettent aux utilisateurs de communiquer ou d’échanger avec le « Modèle » en utilisant la page-écran. Il est donc le médiateur qui fait les va-et-vient entre la page-écran et la base de données.

Cependant il faut faire attention à ne pas confondre « saisir quelque chose avec un ordinateur » et « modéliser un problème ». La donnée est essentielle mais elle n’est pas encore au stade de l’information. L’information est la donnée qui a été diagnostiquée, traitée ou étudiée, transformée par des méthodes connues et maitrisées pour enfin donner un résultat qui pourrait contribuer à la prise d’une décision ayant un impact sur les populations. C’est tout ce processus qu’il convient d’analyser à ce stade pour arriver à la création de ces modèles.

Les SIG ne sont pas juste un outil de collecte de données. Au-delà même du stockage, de l’analyse des données et de la production de l’information pour aider les décideurs, ils ont la capacité de modéliser les comportements des personnes et virus, et des actions à prendre. Donc ils sont un outil d’intervention, de planification et de prévention.

*Amadou Guisse – Consultant, spécialiste en Système d’Information Géographique

 

Source of original article: Idées & Opinions – Ouestaf, une information fiable et indépendante sur les questions qui traversent l'Afrique. (ouestaf.com).
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