President Daniel Edah

Le dialogue national annoncé le 20 mai 2019 et réitéré le 15 juillet par le Président de la République a été transformé en dialogue politique auquel des protagonistes majeurs de la crise que le dialogue est sensé résoudre n’ont pas été conviés parce que leurs partis ne sont pas encore agréés par le Gouvernement.

Nous regrettons l’exclusion du clergé dont l’implication en 1990 a permis la démocratie dont nous jouissons et de la société civile qui constitue une force tampon.

La conséquence, c’est l’organisation d’un contre dialogue dénommé « Assises de la résistance » à l’opposé de la réunion dite « Dialogue politique » initiée par le Président de la République.

Dans le rapport présenté au terme de la réunion des partis agréés par le Gouvernement, nous avons appris entre autres, avec étonnement, des doléances pécuniaires des participants qui supplient à la limite le Président de la République de leur octroyer des aides financières spéciales au titre du budget de l’Etat exercice 2020.

Nous osons croire qu’il ne s’agit guère d’un marchandage pour cautionner en contrepartie la révision de la Constitution de la République contre le gré du peuple et des opposants non accrédités dont les exigences légitimes méritent d’être considérées si la volonté du Président de la République de sortir de la crispation née des élections législatives d’avril 2019 est sincère.

Pour ne pas envenimer la situation de crise multiforme que traverse notre pays, sachant que le Président de la République et ses deux partis politiques qui occupent le Parlement disposent de la légalité constitutionnelle pour continuer à ignorer les voix contraires, nous en appelons à la sagesse du Président de la République pour ne prendre aucune initiative visant la révision de la Constitution de la République dans les conditions actuelles.

Par ailleurs, nous demandons aux forces politiques réunies au sein de l’opposition de reconsidérer leurs exigences en ce sens que le Bénin ne dispose pas d’une base constitutionnelle pour remettre en cause le parlement actuel à moins qu’un nombre suffisant de députés ne dépose leurs démissions.

Toutefois, nous encourageons les propositions menant à l’amélioration de la charte des partis politiques et du code électoral ainsi que l’organisation d’élections générales sans toucher à la Constitution du 11 décembre 1990.

Au cas où le Président de la République viendrait à opter pour les élections générales recommandées, au lieu de passer par la révision de la Constitution, nous proposons qu’il encourage la démission en bloc du parlement pour permettre au juge du contentieux électoral d’ordonner l’organisation d’élections législatives anticipées.

En cette semaine marquant le quatrième anniversaire de la disparition de feu Président Général Mathieu KEREKOU, nous invitons toute la classe politique à prendre exemple sur les valeurs d’humilité, de paix et de patriotisme qu’il nous a laissées.

Vive l’unité nationale !
Vive le Bénin d’inclusion !
Dieu bénisse le Bénin !

Pahou, le 15 Octobre 2019.

Daniel Edah