La transition vers des sources d’énergie propres doit prendre en compte les préoccupations des personnes et des communautés qui seront les plus touchées par cette transition, ont souligné les participants, à mi-parcours de la Conférence des Nations Unies sur le climat qui se tient à l’Expo City de Dubaï jusqu’au 12 décembre.

La plupart des ministres et des dirigeants du monde entier ont terminé leurs activités et un sentiment d’urgence s’installe; alors que les négociateurs climatiques de la COP28 intensifient les efforts diplomatiques nécessaires à la réussite de la conférence.

Ces négociations sont principalement axées sur trois questions clés : l’élimination progressive ou la réduction de l’utilisation des combustibles fossiles, le renforcement de la résilience aux impacts climatiques et le soutien financier aux pays vulnérables qui font face à une catastrophe climatique qu’ils n’ont que peu ou pas du tout contribué à provoquer.

Des demandes largement soutenues, selon les constats des équipes d’ONU Info sur place mardi matin, alors qu’elles se rendaient au centre des médias sur le site tentaculaire d’Expo City.

Vue générale de l’action « Don’t Fuel The Fire : Fossil Fuels Phase Out » par le Réseau Action Climat Europe lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique COP28 à Dubaï, aux Émirats arabes unis.

Des manifestations discrètes

Les manifestations de grande ampleur, souvent considérées comme un élément emblématique des négociations annuelles de l’ONU sur le climat, ont été largement absentes à Dubaï, la plus grande ville des Émirats arabes unis. Toutefois, après le calme relatif des premiers jours de la conférence, les manifestants commencent lentement mais sûrement à faire entendre leur voix.

Mardi, un petit groupe de manifestants dans la zone bleue gérée par l’ONU a scandé avec enthousiasme des slogans contre la présence de compagnies pétrolières et gazières fossiles et la participation de lobbyistes qui, selon eux, ont bénéficié d’une tribune indue dans les négociations sur le climat.

L’appel des manifestants, bien que modéré par rapport à d’autres COP, a fait écho à des expressions telles que « objectif de 1,5 degré », « NDC », « net zéro » et « transition juste », qui figurent à l’ordre du jour des discussions de mardi.

Sunita Narain est Directrice générale du Centre pour la science et l’environnement (CSE) à New Delhi, en Inde.

Qu’est-ce qu’une transition juste ?

D’une manière générale, l’expression « transition juste » signifie qu’après des décennies de croissance économique alimentée par le pétrole et le gaz, l’économie mondiale s’engage maintenant à la décarbonisation, en veillant à ce que les travailleurs et les communautés qui dépendent des combustibles fossiles ne soient pas laissés pour compte.

Leur avenir et leur sécurité d’emploi doivent être protégés dans un monde net zéro, ce qui implique de réduire les émissions de gaz à effet de serre à un niveau aussi proche que possible de zéro.

Mais Sunita Narain, experte indienne en environnement et Directrice générale du Center for Science and Environment, estime que ce terme est utilisé à très courte vue.

Un regard myope sur la transition 

« Il est très important d’assurer une transition juste pour les travailleurs du charbon, pour les mineurs, pour les travailleurs des centrales thermiques. Mais il ne s’agit pas d’une simple transition », a déclaré Mme Narain à ONU Info. « Il s’agit du fait que nous avons besoin d’une transition mondiale et que notre partie du monde va devoir passer à des sources d’énergie plus propres ».

« Les pays riches et industrialisés doivent réduire leur consommation d’énergie [fossile] et, cette transition, nous devons veiller à ce qu’elle soit équitable. C’est ainsi que nous devons interpréter la notion de transition juste », a-t-elle expliqué. « La transition [nécessaire pour créer] un monde durable doit être équitable et juste ».

De telles divergences, ne serait-ce que sur la définition de la transition juste, témoignent de la complexité de la question et de la difficulté de la tâche qui attend les négociateurs.

Pendant ce temps, les effets du changement climatique continuent de se propager, atteignant les coins les plus reculés du monde. Ils touchent même des communautés qui n’ont joué qu’un rôle mineur dans la survenue de la crise, mais qui en subissent aujourd’hui les conséquences les plus graves.

Pratima Gurung est une militante et une femme autochtone handicapée du Népal.

Justice climatique

La justice climatique, à l’agenda presque tous les jours à la COP28 sous une forme ou une autre, appelle à plus d’équité et de droits de l’homme au cœur de la prise de décision et de l’action sur le changement climatique.

Même parmi les personnes concernées, certains groupes et communautés sont les plus touchés, à savoir les femmes, les personnes handicapées et les populations autochtones.

Certains de ces groupes, en particulier les représentants des communautés autochtones, ont participé aux événements parallèles et aux discussions ce mardi.

Pratima Gurung, de la communauté autochtone Gurung, vit dans les contreforts de l’Himalaya, à l’ouest du Népal. Elle est devenue handicapée après avoir perdu sa main dans un accident de camion à l’âge de sept ans.

Aujourd’hui elle est présidente de la National Indigenous Disabled Women Association Nepal (NIDWAN) et porte-parole des droits des femmes autochtones handicapées et elle participe à Dubaï à des manifestations sur les droits des femmes, les personnes handicapées et les communautés autochtones.

Toutes les voix doivent être entendues

Au micro d’ONU Info, Mme Gurung a déploré le fait que « lorsqu’on est une femme, on est confronté à des normes et des systèmes patriarcaux. Lorsque vous êtes une femme handicapée, la question de l’accessibilité, de la participation significative et de l’engagement, et le fait de considérer le handicap comme un stéréotype ou une stigmatisation sont des perceptions qui existent dans la société ».

« Et en tant que femme autochtone, vous devez relever des défis liés à votre culture, à votre langue, à vos ressources et à l’exercice de vos droits collectifs », a-t-elle dit.

En tant que représentante de personnes et de communautés confrontées à de tels défis, quel est son souhait pour la COP28 ?

Elle a répondu : « Les négociations doivent être encadrées de manière à inclure les préoccupations des peuples autochtones et des femmes handicapées, à garantir leur participation significative et à faire en sorte que leurs voix soient entendues par toutes les parties prenantes ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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