Photo Credit: Global Diaspora News (www.GlobalDiasporaNews.com).

Très attendu, le discours du roi Mohammed VI marquant le 21e anniversaire de son accession au trône, mercredi 29 juillet, a été l’occasion d’importantes annonces alors que le royaume continue de lutter contre la propagation du Covid-19. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Mohammed VI a frappé fort. L’objectif affiché : atténuer les répercussions de la crise sanitaire mondiale sur les plans économique et social. Depuis son palais de Tétouan, le roi a donné des solutions précises pour mettre son objectif à exécution. Il faut souligner que, dès le 20 mars, le gouvernement marocain a décrété l’état d’urgence sanitaire, prolongé jusqu’au 10 août, et a imposé un confinement strict et généralisé. Si, depuis le 11 juin, la vie reprend doucement son cours, la multiplication des foyers de contamination a poussé les autorités à isoler environ huit villes. Le royaume devrait connaître en 2020 sa pire récession depuis 1996, avec une contraction de plus de 5 % de son PIB, du fait de la pandémie et d’un faible rendement agricole faute de pluie, selon la banque centrale marocaine. Il y a donc urgence à prendre des mesures pour limiter l’impact de la crise sanitaire sur la santé socio-économique du pays.

Lire aussi Le Maroc entame un très prudent déconfinement

120 milliards de dirhams pour sortir de la crise

Pour relancer rapidement la machine économique, le roi a pris l’engagement de créer un fonds d’investissement stratégique. « Environ 120 milliards de dirhams seront injectés dans l’économie nationale, soit l’équivalent de 11 % du PIB. Ce taux inscrit le Maroc parmi les pays les plus audacieux en matière de politique de relance économique post-crise », a précisé le roi dans son discours, après avoir rendu hommage aux Marocains mobilisés face à la pandémie. En effet, en faisant cette annonce, Mohammed VI reconnaît qu’il reste encore beaucoup à faire.

Le Maroc connaît justement une hausse des contaminations depuis l’assouplissement des mesures sévères de confinement. Cela présage encore de longues semaines de mobilisation des personnels de santé civils et militaires mais aussi de toutes les autres forces impliquées dans la lutte contre le Covid-19. Afin de réunir les conditions de réussite de ce plan, le roi du Maroc a recommandé « l’adhésion efficace et responsable du gouvernement, des acteurs sociaux et des opérateurs économiques, dans un cadre contractuel constructif qui sera à la hauteur des défis du moment et des attentes des Marocains ».

Lire aussi Covid-19 : le retour du soft power marocain en Afrique subsaharienne

Le chantier de la couverture sociale ouvert l’an prochain

Autre mesure forte, le monarque, âgé de 56 ans, a plaidé pour une réforme profonde du secteur public, qui, selon lui, doit être lancée avec « diligence » pour « corriger les dysfonctionnements structurels des établissements et des entreprises publics, garantir une complémentarité et une cohérence optimales entre leurs missions respectives et, in fine, rehausser leur efficience économique et sociale ». Cela fait près de deux ans que le roi est engagé dans un vaste mouvement de transformation du Maroc. Dans ces deux derniers discours du trône, il avait donné le coup d’envoi à d’importantes réformes sociales et économiques pour plus d’inclusion.

Ce 30 juillet, Mohammed VI appelle à aller plus loin, notamment sur la couverture sociale. Il veut la généraliser « au profit de tous les Marocains » au cours des cinq prochaines années. « Le moment est venu de lancer, au cours des cinq prochaines années, le processus de généralisation de la couverture sociale au profit de tous les Marocains », a dit le roi dans son premier discours télévisé depuis l’apparition de la pandémie au Maroc, mi-mars.

Ce projet sera déployé à partir de janvier prochain en commençant par la « généralisation de l’assurance maladie obligatoire (AMO) et des allocations familiales », et sera étendu à « la retraite et l’indemnité pour perte d’emploi », a-t-il ajouté. Selon lui, la crise liée à la pandémie « a mis en évidence un certain nombre d’insuffisances », notamment « la faiblesse des réseaux de protection sociale » pour « les franges de la population en situation de grande précarité » dans ce pays de 35 millions d’habitants.

Selon le Haut-Commissariat au plan (HCP), chargé des statistiques officielles, le revenu mensuel moyen a baissé de moitié pendant le confinement. Les plus touchés sont les plus pauvres et les travailleurs du secteur informel alors que seulement le quart des personnes en âge de travailler ont pu bénéficier des aides publiques. Un grand nombre de familles ont été précipitées dans la misère à cause des effets économiques de la crise sanitaire, doublée d’une grande sécheresse.

La mise en place d’un système d’aides sociales pour les plus démunis, sur la base d’un registre social unifié inspiré du modèle indien, est évoquée depuis 2013. Mais le projet a tardé pour des considérations politiques. Un projet de loi est en attente d’examen au Parlement.

Lire aussi Maroc – Fête du trône : cap sur l’inclusion économique

Lire aussi Le Maroc scrute son modèle de développement économique

Source of original article: African Media Agency (www.africanmediaagency.com).
The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.GlobalDiasporaNews.com).

To submit your press release: (https://www.GlobalDiasporaNews.com/pr).

To advertise on Global Diaspora News: (www.GlobalDiasporaNews.com/ads).

Sign up to Global Diaspora News newsletter (https://www.GlobalDiasporaNews.com/newsletter/) to start receiving updates and opportunities directly in your email inbox for free.