Photo credit: DiasporaEngager (www.DiasporaEngager.com).

Bien que le paiement dématérialisé, sous toutes ses formes, s’est bel et bien illustré durant ces dernières années au Maroc, le cash, lui, n’a cessé d’aller crescendo, parfois au grand dam des efforts de renforcement de l’inclusion financière. En effet, les taux de circulation fiduciaire ont marqué l’année dernière des sursauts inédits, ce qui montre encore une fois la propension des Marocains à privilégier le cash. Une tendance qui a été largement prouvée dès le déclenchement de la pandémie de Covid. La peur de contamination au coronavirus via les billets ou les pièces de monnaie ne semblerait pas dissuader, non plus, le recours à ce moyen de paiement “très palpable”. Sauf que dans un monde de plus en plus digitalisé, l’usage massif de la monnaie liquide renvoie à plusieurs questions. Les recherches et travaux sur les bénéfices mais aussi les menaces d’une monnaie numérique, particulièrement la Monnaie digitale de banque centrale (Central Bank Digital Currency) -CBDC- vont bon train. Des pays l’ont d’ailleurs largement testée. Et la bonne nouvelle au Maroc, c’est qu’un Comité institutionnel dédié à la thématique de la CBDC vient de voir le jour, a appris la MAP auprès de Bank AlMaghrib. Créé au niveau de la Banque centrale, ce comité a pour rôle d’identifier et analyser les avantages, mais aussi les risques d’une CBDC pour l’économie marocaine. Ce comité se penchera également sur les mesures à entreprendre au regard de l’évolution de l’usage des crypto-actifs au niveau national et international, fait savoir la même source.

Le cash a le vent en poupe
L’année 2020 a été particulièrement marquée par une forte pression sur la monnaie fiduciaire, dépassant même les ratios des années précédentes. Après s’être inscrites dans une tendance normale entre janvier et février 2020, les sorties nettes de billets de banque marocains (BBM) ont emprunté une cadence exceptionnelle entre les mois de mars et mai. Leur cumul sur cette période avait ainsi atteint 36 milliards de dirhams (MMDH) alors qu’il avait avoisiné 6 MMDH sur les mêmes mois de 2019. Sur le reste de l’année, par contre, la circulation fiduciaire a évolué à un rythme inférieur à sa cadence enregistrée au cours des trois dernières années, mais sans pour autant compenser les sorties nettes massives observées auparavant. Les flux nets ont ainsi évolué autour de 11 MMDH, tandis que leur moyenne entre 2017 et 2019 s’est située aux alentours de 12 MMDH, selon des chiffres de Bank Al-Maghrib. Au total, la circulation fiduciaire s’est établie au terme de 2020 à 301 MMDH, en hausse de 20% en glissement annuel contre une cadence moyenne de 7% lors des trois dernières années.

Hausse de la circulation fiduciaire Voici les explications de la Banque centrale
La circulation fiduciaire a connu une nette accélération en 2020, qui s’explique par l’expansion des flux nets du cash juste après le déclenchement de la crise plutôt que par leur dynamique sur les derniers mois de l’année. Une des hypothèses sous-jacentes à l’accélération de la circulation fiduciaire observée au début de la crise sanitaire, qui n’est pas propre au Maroc, serait le recours massif des ménages au cash pour régler des achats de produits de base, ayant connu une forte demande au début de la pandémie par crainte de rupture des stocks que pourraient connaître les chaînes d’approvisionnement, ou encore la volonté des citoyens de constituer des réserves en billets de banques par précaution, au regard de la nature de la crise et des incertitudes qui planent sur son étendue et sa durée, explique la Banque centrale. La dynamique de la circulation fiduciaire serait aussi le résultat des aides du gouvernement distribuées en cash aux ménages les plus démunis impactés par la crise. En effet, la promotion des moyens de paiement scripturaux est une orientation stratégique de la Banque centrale inscrite depuis son premier plan stratégique initié en 2003. Pour soutenir cette orientation, Bank Al-Maghrib a mis en œuvre l’ensemble des prérequis nécessaires pour la modernisation de ses infrastructures de marché et de ses systèmes de paiement. Aujourd’hui, le Maroc est doté d’un système bancaire résilient, d’infrastructures de marché conformes aux meilleurs standards internationaux et d’un recueil réglementaire pour la protection des consommateurs. La problématique au Maroc n’est pas forcément un manque d’offres ou d’infrastructures, mais peut être liée à une inadaptation des offres par rapport aux cibles défavorisées ou non desservies, mais également à la «culture» du cash. Les travaux que mène la Banque centrale dans le cadre de la Stratégie nationale de l’inclusion financière, avec l’ensemble des acteurs concernés qu’ils soient publics ou privés, visent à mieux cerner les besoins de chacune des catégories cibles et ainsi mettre en place les plans d’actions appropriés pour concrétiser les changements souhaités.

CBDC : Un comité ad-hoc pour scruter les apports
Les résultats publiés le 27 janvier 2021 d’une étude menée par la Banque des règlements internationaux (BRI) auprès de 65 banques centrales dont celle du Maroc, montrent que la plupart suivent avec intérêt les travaux conceptuels autour de la monnaie digitale de Banque centrale. 60% estiment qu’il est peu probable qu’elles émettent dans un avenir probable, c’est-à-dire à court ou moyen terme, cette monnaie. La Banque centrale s’inscrit dans ce cadre, et pour poursuivre l’analyse approfondie de la problématique de ces CBDC, un nouveau comité institutionnel dédié à cette thématique vient d’être créé au niveau de Bank Al-Maghrib pour identifier et analyser les apports, les bénéfices, ainsi que les risques d’une CBDC pour l’économie nationale; examiner en profondeur toutes les conséquences de la CBDC sur la politique monétaire, la structure de l’intermédiation bancaire, la stabilité financière et le cadre juridique. Ce comité se chargera également de coordonner avec les autorités nationales les mesures à entreprendre au regard de l’évolution de l’usage des crypto-actifs au niveau national et international. Néanmoins, la réponse de Bank AlMaghrib est claire : “Dans le contexte actuel, et compte tenu des différentes réformes engagées par Bank Al-Maghrib pour la promotion des moyens de paiement électroniques et la réduction du cash et dont les retombées ne peuvent être évaluées qu’à moyen terme, il serait prématuré d’envisager à court terme l’émission d’une monnaie digitale”. En dépit de la progression sensible des paiements scripturaux, l’économie marocaine reste encore largement dominée par le cash. Ainsi, pour réduire la circulation du cash tout en renforçant l’inclusion financière, le Maroc poursuit ses efforts de développement de modes de paiement innovants qui tiennent compte de l’évolution des attentes de la population, et qui promettent un bel avenir aux Fintech.
 

Source of original article: Libération (www.libe.ma).
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