Photo credit: DiasporaEngager (www.DiasporaEngager.com).

Juan Lopez vit dans l’angoisse depuis qu’il lutte contre une exploitation minière installée près de chez lui, dans une zone de montagne et de forêt du nord-est du Honduras, pays considéré comme l’un des plus dangereux au monde pour les défenseurs de l’environnement. Debout sur un rocher de la rivière Guapinol, ilse souvient qu’on l’a averti qu’il lui arriverait la même chose qu’à Berta Caceres, une célèbre défenseure de l’environnement, abattue le 2 mars 2016 parce qu’elle s’opposait à la construction d’un barrage hydroélectrique dans l’ouest du pays. “Quand on se met à défendre le bien commun dans ce pays, on s’attaque à de puissants intérêts(…).Quand on sort de chez soi, on sait qu’il peut se passer n’importe quoi, qu’on peut ne pas revenir”, explique à l’AFP ce militant de 42 ans, coordinateur d’un comité d’écologistes dans le secteur. Pour Juan Lopez, c’est la lutte de David contre Goliath : il accuse le groupe minier Los Pinares, qui selon lui bénéficie de la protection des autorités, d’exploiter une mine à ciel ouvert dans des conditions qui portent atteinte à la réserve forestière de Botaderos, près de Tocoa, à 220 km au nord-est de Tegucigalpa. Sur Facebook, l’entreprise a assuré récemment “travailler pour le développement durable de Tocoa” et qu’elle reconstitue la forêt. Los Pinares n’a pas répondu à la demande de l’AFP de pouvoir visiter la mine. Selon un rapport de l’ONG Global Witness, le Honduras vient en deuxième place dans le monde pour le nombre d’assassinats de militants écologistes (17 en 2020), derrière le Nicaragua et devant la Colombie, le Guatemala et les Philippines. Juan Lopez ne sort jamais de nuit et veille à ne pas aller seul dans un secteur éloigné : “C’est tragique. La peur c’est de perdre la vie”, dit-il, angoissé. Mais le militant est aussi menacé de prison. En 2018, son comité avait monté un campement qui a empêché un moment le travail de la mine. Lors d’une rixe avec les vigiles de l’entreprise, un militant a été blessé par balle. A la suite de cette action, Juan Lopez et 31 autres manifestants ont été mis en accusation et huit d’entre eux sont détenus “sans base légale”, selon un rapport du Groupe des Nations unies sur les détentions arbitraires. Depuis, le militant écologiste ne trouve plus de travail et vivote grâce aux dons du Comité de défense de l’environnement. Avec sa femme et leur fille de cinq ans, il habite une petite maison d’un quartier ouvrier. Ce qui préoccupe le plus Juan Lopez, ce sont les rivières Guapinol et San Pedro, qui alimentent en eau environ 16.000 personnes après avoir traversé des forêts menacées par la déforestation, la pollution et le braconnage. La réserve de Botaderos compte 34 bassins hydrographiques, avec des arbres de grande valeur et des espèces d’animaux menacés d’extinction, ainsi que des gisements archéologiques précolombiens. Les 96.755 hectares du Parc national Botaderos ont reçu le statut d'”aire protégée” en 2012. Mais, l’année suivante, le Parlement a décidé de retirer la protection pour 217 hectares, où la mine s’est justement installée. Reynaldo Dominguez, un membre du Comité qui accompagne Juan Lopez ce jour-là, affirme que les mineurs déblaient la terre avec des tracteurs, coupent des arbres qui ont un demi-siècle et endommagent les rivières. “C’est un meurtre environnemental sur commande”, conclut-il. Tocoa, une ville de plus de 100.000 habitants est implantée près du Parc, à une dizaine de kilomètres des plages de sable blanc de la côte caraïbe. Mais ce paysage idyllique est le théâtre d’affrontements entre paysans et propriétaires terriens, et les trafiquants de drogue fréquentent le secteur en dépit de la présence de l’armée. “On ne sait pas ce que trament les grandes entreprises et les milieux du pouvoir”, explique Juan Lopez. Mais, constate-t-il, cinq ans après le scandale national et international soulevé par l’assassinat de Berta Caceres, on continue de “menacer des militants, des familles et des communautés” parce qu’ils veulent protéger l’environnement.

Source of original article: Libération (www.libe.ma).
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