Mme Mohammed s’exprimait lors d’une table ronde sur le soutien à l’avenir de l’éducation des filles en Afghanistan, tenue en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Des militantes afghanes et de la communauté internationale ont également participé à la discussion, tenue à la fois en ligne et en personne, et animée par une correspondante de la BBC depuis le siège des Nations Unies à New York.

Lorsqu’on lui a demandé si l’aide internationale à l’Afghanistan pouvait être conditionnée à l’éducation des femmes et des filles, Mme Mohammed a répondu « absolument », déclarant que la question « continue de rester d’actualité » dans les discussions en cours avec les autorités de facto.

« C’est là que nous devons être déterminés : cette reconnaissance vient avec votre capacité à faire partie d’une famille mondiale. Cela a un certain ensemble de valeurs et de droits qui doivent être respectés. Et l’éducation est au premier plan, en particulier pour les filles et les femmes », a-t-elle ajouté.

La numéro deux de l’ONU a exhorté la communauté internationale à tirer parti de l’expertise des femmes afghanes et à les soutenir pour empêcher un recul après deux décennies de progrès dans l’éducation des filles.

Mme Mohammed a également rappelé aux femmes afghanes que l’ONU est toujours sur le terrain, au service de la population. « Vous pouvez être assurées que nous continuerons à amplifier vos voix et à faire une condition préalable que les filles doivent avoir une éducation avant qu’entre en jeu la reconnaissance de tout gouvernement », a-t-elle déclaré.

L’éducation est « tout »

Les Talibans ont pris le pouvoir en août et ont récemment confirmé qu’avec la réouverture des écoles secondaires, seuls les garçons retourneraient en classe. Les enseignantes du pays ne peuvent pas non plus reprendre le travail.

Cette semaine, le porte-parole des autorités de facto a déclaré qu’un « environnement d’apprentissage sûr » devrait être mis en place avant que les filles puissent retourner au lycée, selon les médias.

Pour l’ingénieure Somaya Faruqi, capitaine de l’équipe de robotique des filles afghanes qui a concouru dans le monde entier, l’éducation signifie « tout ».

« Ma génération a grandi avec un rêve : réaliser de grandes choses pour notre pays en poursuivant des études. Le monde aura tout à gagner à se tenir à nos côtés », a déclaré Mme Faruqi, qui a quitté l’Afghanistan à la suite de la prise de pouvoir par les Talibans.

L’éducation est à la fois un droit et un investissement dans l’avenir d’un pays, a déclaré Henrietta Fore, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

Avant la prise de pouvoir par les Talibans, l’UNICEF opérait dans les régions d’Afghanistan sous le contrôle du groupe. Elle a déclaré que l’agence avait appris que de nombreux membres des Talibans pensaient que l’éducation était importante pour leurs garçons et leurs filles.

Même si l’UNICEF a triplé le nombre d’écoles ouvertes en Afghanistan, avec 10 millions d’enfants scolarisés, dont quatre millions de filles, le pays accuse déjà un retard dans l’offre éducative. La Covid-19 a eu un impact supplémentaire sur les progrès.

« Les filles et les garçons dans de nombreuses provinces commencent à retourner à l’école, mais nous ne voyons pas les filles retourner à l’école secondaire », a déclaré Mme Fore. « Donc, c’est un moment vraiment important pour les autorités de facto dans chaque région, dans chaque village rural  de réfléchir : comment scolariser les enfants – tous les enfants, filles et garçons – à l’école ».

Mme Fore et la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies ont toutes deux évoqué la promesse de la technologie numérique et de l’apprentissage à distance comme solution pour élargir les possibilités d’éducation.

« Dans les communautés rurales, il y a le renforcement des compétences et il y a des programmes communautaires, et nous pouvons faire plus avec l’enseignement à distance et l’apprentissage à distance », a déclaré la cheffe de l’UNICEF. « Nous avons besoin que les enseignantes retournent à l’école, et nous avons besoin de plus d’enseignantes ».

Malala Yousafzai a reçu le Prix Nobel de la paix en 2014 (photo d’archives).

Pas de compromis sur les droits des femmes

La lauréate du prix Nobel de la paix et messagère de la paix des Nations Unies, Malala Yousafzai, a survécu à une tentative d’assassinat par les Talibans alors qu’elle était une adolescente qui faisait campagne pour l’éducation des filles dans son Pakistan natal.

Mme Yousafzai craint le retour des atrocités visant les femmes, ainsi que le terrorisme et l’extrémisme, à la fois en Afghanistan et dans la région, et a exhorté la communauté internationale à garantir le respect des droits des femmes.

« Nous ne pouvons pas faire de compromis sur la protection des droits des femmes et sur la protection de la dignité humaine. C’est un engagement que l’ONU a pris, qu’elle est là pour travailler pour la protection de la dignité humaine », a-t-elle déclaré. « Le moment est donc venu de respecter cet engagement et de veiller à ce que leurs droits au sein du gouvernement soient protégés. Et l’un de ces droits importants est le droit à l’éducation ».

Fawzia Koofi, la première femme Vice-présidente du Parlement afghan, a également été la première fille de sa famille à aller à l’école. Elle pense que d’autres pays à majorité musulmane de la région pourraient faire pression sur les Talibans pour l’éducation des filles, car ce qui se passe en Afghanistan diffère du reste du monde islamique.

« Au sein des Talibans, il peut y avoir des individus qui ont une interprétation différente des principes islamiques, ou même leur propre  interprétation », a déclaré Mme Koofi. « Quand ils se battaient, ils avaient probablement une politique différente. Mais quand ils sont au gouvernement, ils doivent écouter le peuple afghan ».

Source of original article: United Nations (news.un.org). Photo credit: UN. The content of this article does not necessarily reflect the views or opinion of Global Diaspora News (www.globaldiasporanews.com).

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